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Bouygues : Bouygues douche l'espoir de consolidation du marché des telecoms

Bouygues douche l'espoir de consolidation du marché des telecomsBouygues douche l'espoir de consolidation du marché des telecoms

par Gilles Guillaume et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le secteur des télécoms a dégringolé mercredi à la Bourse de Paris, le rejet sans appel par Bouygues de l'offre de rachat de Bouygues Telecom par Altice éloignant à court terme toute perspective de consolidation du marché en France.

Plusieurs sources proches de l'opération disent qu'aucune nouvelle offensive de la maison mère de Numericable-SFR sur la filiale de Bouygues Telecom n'est à attendre pour l'instant, entérinant le scénario du statu quo entre les quatre opérateurs présents sur le marché français.

"L'idée est maintenant d'en rester là", explique une source proche du dossier, en référence aux ambitions d'Altice vis-à-vis de Bouygues Telecom. "Aucune consolidation dans les télécoms en France n'est à attendre, au moins dans les deux ou trois ans qui viennent", souligne une autre source.

Outre les réticences de Bouygues, l'offre d'Altice - estimée à quelque 10 milliards d'euros par certaines sources - s'est heurtée aux objections du gouvernement qui redoutait qu'un rachat de Bouygues Telecom ne compromette la vente à venir des fréquences 700 MHz pour le déploiement de la 4G, dont il espère tirer 2,2 milliards d'euros.

Selon certains analystes, le gouvernement pourrait se montrer à l'avenir moins regardant en matière de consolidation une fois la vente des fréquences achevée.

Vers 14h40, Bouygues chutait de 8,43%, Numericable-SFR dégringolait de 8,99%, Altice de 5,96%, Iliad de 7,12% et Orange de 3,55% dans des volumes d'échange élevés. L'indice CAC 40 perdait au même moment 0,78% tandis que l'indice Stoxx du secteur télécoms européen reculait de 1%.

LA QUESTION DU "BREAK-UP FEE"

Mercredi matin sur RTL, le PDG du groupe de BTP, de médias et de télécommunications, Martin Bouygues, a estimé que Bouygues Telecom avait désormais tous les atouts pour se battre sur un marché à quatre opérateurs.

"L'hypothèse d'une consolidation du marché français a maintenant complètement disparu à nos yeux", commente Raymond James dans une note. "Avec à l'horizon la possibilité d'une nouvelle accentuation de la concurrence."

Le marché français des télécommunications s'est profondément transformé depuis 2012, date de l'arrivée d'un quatrième opérateur, Free, détenu par Iliad, qui a entraîné notamment une guerre des prix acharnée et acculé Bouygues Telecom à une profonde restructuration.

Après le rejet par Bouygues de l'offre sur sa filiale de téléphonie mobile, Jefferies n'envisage pas non plus une nouvelle opération de consolidation à court terme, mais sans pour autant l'exclure à plus longue échéance.

"Nous avons déjà argué qu'il était improbable de voir un rapprochement Bouygues Tel-Numericable obtenir le feu vert du régulateur avant les enchères des fréquences de 700 MHz en novembre", souligne le courtier dans une note. "Ceci dit, les obstacles pourraient se dissiper une fois les enchères bouclées, à la fin du 4e trimestre 2015, et Bouygues Telecom pourrait alors être réévalué sur une base connue."

Selon les analystes de Citi, Patrick Drahi, le patron d'Altice, pourrait revenir à la charge sur Bouygues Telecom en offrant un "break-up fee", c'est-à-dire une indemnité due à la cible en cas d'échec d'une opération, pour compenser les risques liés aux questions de concurrence.

"On peut se demander si l'offre d'Altice n'a pas été rejetée du fait de l'absence de 'breakup fee'", s’interroge un banquier d'affaires parisien, selon qui une indemnité de un à deux milliards d'euros serait envisageable dans ce type de transaction.

Dans son communiqué mardi soir, le groupe de BTP soulignait que l'offre d'Altice présentait un "risque d'exécution important qu'il ne (revenait) pas à Bouygues d’assumer, en particulier en matière de droit de la concurrence."

(Avec la contribution d'Alexandre Boksenbaum-Granier et de Leila Abboud, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


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