(BFM Bourse) - À rebours d'un marché parisien en nette baisse, Boiron décolle de plus de 10%, le bond des ventes de son segment "spécialités" ayant plus que compensé le recul de celles des produits homéopathiques.
D'aucuns craignaient le pire pour Boiron à l'issue de son premier trimestre qui avait révélé les écueils tant structurels (déremboursement de l'homéopathie) que conjoncturels (baisse des ventes de spécialités dans le contexte de la crise sanitaire) auxquels le groupe était confronté. Force est toutefois de constater que le laboratoire a rapidement redressé la barre, renouant avec la croissance dès le 2e trimestre 2021 grâce au lancement de nouveaux produits et à une réduction drastique de ses coûts (12 de ses 27 établissements de préparation-distribution ont fermé au premier semestre) notamment.
Le nouveau point d'activité trimestriel publié jeudi soir "confirme la tendance initiée aux deuxième (+1,8%) et troisième trimestre (+1,0%), avec une progression de 2,9% des revenus" du groupe sur les trois derniers mois de l'année à 147,5 millions d'euros, se félicite Boiron dans son communiqué.
Si les ventes de médicaments homéopathiques à nom commun (NHC) "ont continué de diminuer à la suite du déremboursement intervenu en France le 1er janvier 2021" (-20,4% à 55,1 millions), la hausse des ventes de spécialités (+23,8% à 91,55 millions) a plus que compensé ce recul, "grâce aux ventes de tests Covid (en France et en Belgique), de nouveaux produits, et la hausse des ventes aux Etats-Unis et au Brésil)" précise Boiron.
Investissement dans la cosmétique individualisée
Sur l’année, le chiffre d'affaires ressort ainsi à 455,2 millions d'euros (-11,4% en données publiées), dont 258 millions en OTC (pour "over the counter", correspondant aux médicaments en libre accès dans les officines), en recul de 8,7% par rapport à 2020, et 195 millions en NHC. Une baisse que Boiron estime "contenue", grâce aux ventes de nouveaux produits qui s'élèvent à environ 50 millions d'euros.
"Boiron indique en outre avoir pris, pour 1,75 million d'euros, une participation de 70% dans ABBI, une start-up spécialisée dans la cosmétique individualisée (scan de la peau et caractérisation à aide de l’IA, et préparation dermo-cosmétique sur mesure, à partir de formules et d’actifs d’origine naturels)" relève l'analyste d'Oddo BHF, qui reste constructif sur le dossier. "Au final, il ressort que si les ventes de NHC ont continué à baisser et offrent peu de visibilité, il nous semble que les effets de base du NHC devraient contenir la baisse, en 2022, la dynamique OTC offre des perspectives et la base de comparaison aux Etats-Unis (-17% en 2021) et en Russie sera favorable en 2022" énumère l'expert.
Le groupe s'attend désormais pour sa part à délivrer un résultat opérationnel annuel en hausse par rapport à 2020 (38 millions d'euros), qui avait pour rappel été affecté par les coûts liés à sa réorganisation.
"Compte tenu d’un moindre effet de déremboursement, des bons niveaux de marge (estimés) en 2021, des économies attendues du plan de réorganisation (baisse des dépenses d'exploitation de 20-25 millions en 2022 après 20 millions en 2021)", l'analyste relève ses estimations, et porte sa cible de 44 à 47 euros sur le titre qui intègre la "top pick list" du courtier. La recommandation passe de "neutre" à "surperformance".
En réaction à ce point d'activité et à cette note favorable, le titre bondit de 10,6% à 40,2 euros vers 10h30 ce vendredi, au plus haut depuis mi-novembre dernier, performance d'autant plus notable qu'elle est réalisée au sein d'un marché parisien qui rétropédale nettement (-1,2% pour le CAC) face à la poursuite du recul des indices new-yorkais.
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