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Biophytis : "Nous étudions tous les moyens d'accélérer notre développement"

Stanislas Veillet, PDG et fondateur de BiophytisStanislas Veillet, PDG et fondateur de Biophytis

(Tradingsat.com) - Si la crise grecque a compliqué l’introduction en bourse de Biophytis sur le marché Alternext à 6 euros le 13 juillet 2015, les investisseurs ont ensuite réservé un très bel accueil à la société de biotechnologie, dont le cours de bourse a doublé par rapport à l’origine. Stanislas Veillet, PDG et fondateur nous expose les enjeux autour des maladies liées au défi du vieillissement, en particulier celles affectant les fonctions musculaire et visuelle.

Tradingsat.com : Vous avez l’ambition de soigner l’obésité sarcopénique et la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge). Quelles sont ces maladies ?

Stanislas Veillet : La sarcopénie est une dystrophie ou dégénérescence musculaire liée à l’âge liée à un déséquilibre hormonal qui concerne en particulier les patients obèses. Elle se traduit par une perte de masse et surtout de qualité musculaire, de capacité contractile. Le muscle devient incapable d’oxyder les lipides et les glucides. Il existe plusieurs formes de sarcopénies, dont l’obésité sarcopénique, qui est celle sur laquelle nous travaillons. Une étude réalisée dans les années 90 estimait à environ 20 millions de personnes concernées par cette forme de sarcopénie uniquement aux USA. La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) correspond à une dégradation de la macula, c'est à dire la zone centrale de la rétine, entraînant une perte progressive de la vision centrale. La pathologie touche actuellement 30 millions de personnes dans le monde et sa prévalence augmente rapidement.

Tradingsat.com : Qu’est-ce qui vous fait croire que vous pouvez réussir ? De quelle expertise disposez-vous ?

Stanislas Veillet : Nous menons depuis près de dix ans des travaux de recherche et développement sur les mécanismes physio-pathologiques de ces maladies, ce qui nous a permis d’identifier les mécanismes d’actions et des molécules qui permettent de bloquer ou ralentir les processus dégénératifs à l’œuvre. Nous avons suivi une approche pour rechercher et identifier des catégories particulières de familles de molécules naturelles. Certaines peuvent ralentir les processus dégénératifs du muscle liés à l’âge et sont capables de stimuler l’anabolisme musculaire. D’autres se sont révélées capables de bloquer le processus de mort cellulaire associé à la photo toxicité d’un produit de dégradation du pigment visuel appelé A2E, qui finalement va entraîner une mort cellulaire et la dégénérescence de la rétine. A partir de ces études, nous avons développé le produit BIO101 pour la sarcopénie, et le produit BIO201 pour la DMLA, qui visent directement à ralentir ou à bloquer les processus dégénératifs.

Tradingsat.com : Vos deux produits entrent en phase IIb, qu’ont-ils prouvé jusqu’à présent ?

Stanislas Veillet : La phase I sur la DMLA a démontré, après administration chronique de 12 semaines, la biodisponibilité ainsi que l’absence de toxicité du produit Bio201. Nous avions procédé auparavant sur plusieurs modèles animaux, à des injections dans l’œil, à des injections intrapéritonéales, et des administrations orales. Dans tous les cas, que ce soit avec des administrations aigues ou chroniques, le produit a montré une très bonne efficacité. C’est ce qui nous rend assez confiant, puisque l’on a retrouvé chez l’animal le mécanisme d’action voulu, avec une diminution de la photo-toxicité associée à la molécule A2E, à l’origine du processus dégénératif. C’est elle qui va « tuer » les cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien, entraînant une perte de vision. Or, chez l’animal, nous avons observé que le produit permettait d’éviter l’accumulation d’A2E dans la rétine après administration orale au bout de quelques semaines, et ralentissait voire bloquait le processus dégénératif. Les souris ou les rats traités ont conservé la vue contrairement aux autres.

Tradingsat.com : Qu’apportez-vous de plus que le Lucentis, le traitement de la DMLA de Novartis ?

Stanislas Veillet : Lucentis traite la DMLA humide, qui est la forme la plus grave de la pathologie mais qui représente seulement 20% des patients. Elle se caractérise par l’accumulation de vaisseaux sanguins dans les couches les plus profondes de l’œil. Le traitement de Novartis bloque la néo vascularisation, la formation de néo vaisseaux, qui peut s’expliquer comme une réaction des cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien au stress, à l’hypoxie, qui précède l’apoptose - la mort des cellules. Le produit est très efficace, mais n’est pas biodisponible et doit donc être injecté dans l’œil, chaque mois. Surtout, il n’empêche pas le processus dégénératif (à l’origine de la création des néo vaisseaux) de se poursuivre. En revanche, pour traiter la DMLA sèche, il n’y a à ce jour aucun traitement.

Tradingsat.com : Quel est le calendrier clinique des prochains mois ?

Stanislas Veillet : Nous venons de signer un partenariat avec le laboratoire américain Patheon, qui va produire les lots cliniques de l’étude de phase 2b de BIO101 dans l’obésité sarcopénique. L’entrée en développement clinique va intervenir prochainement, dès l’obtention des autorisations des instances réglementaires, de même que pour BIO201 dans la DMLA. Pour ce qui est de la seconde génération de candidats, BIO103 sera prêt pour entrer en phase préclinique réglementaire au second semestre 2015, et BIO203 est en voie d’optimisation et de développement galénique afin d’entrer en phase préclinique réglementaire début 2016.

Tradingsat.com : En quoi la seconde génération de produits diffère-t-elle de la première ?

Stanislas Veillet : Le produit de première génération est un candidat médicament dont le principe actif pharmaceutique est une molécule naturelle. Les candidats de seconde génération sont des molécules de synthèse, développées en se basant sur la compréhension précise des mécanismes d’action des produits de première génération. La synthèse de composés originaux permet d’améliorer certaines propriétés pharmacologiques (en particulier la biodisponibilité des composés) et de breveter les formules chimiques des candidats au développement. Notre but est de proposer en 2017-2018 deux « packages technologiques » très complets, avec les mécanismes d’actions explorés et décrits et les candidats médicaments de première et deuxième génération.

Tradingsat.com : Votre objectif affiché est de signer des accords de licence. A quelle échéance ?

Stanislas Veillet : Dès 2017 pour BIO101 dans le traitement de la sarcopénie étant donné que l’étude clinique de phase IIb sera terminée début 2017. Le but est de confier le développement du produit en phase 3 à un laboratoire de taille mondiale, en vue d’obtenir une autorisation de mise sur le marché en 2019. Pour BIO201, l’accord de licence est visé pour 2018, après l’étude de phase IIb qui dure cette fois deux ans, avec une autorisation de mise sur le marché prévue en 2021.

Tradingsat.com : Votre visibilité financière est-elle suffisante jusqu’en 2017 ?

Stanislas Veillet : Nous avons les moyens de développer notre stratégie. L’introduction en bourse réalisée en juillet dans des conditions de marché difficiles a permis de lever 10 millions d’euros. Puis l’augmentation de capital par placement privé du mois d’août a ajouté 6 millions d’euros complémentaires. Ces 16 millions d’euros correspondent à l’enveloppe globale que nous souhaitions lever. Ils nous permettent de financer les deux phases cliniques IIb sur BIO101 et BIO201. D’autant que, dans notre calendrier, l’étude clinique sur la DMLA ne sera pas encore achevée que nous devrions déjà signer un accord de licence pour le premier « package » technologique dans la sarcopénie.

Par ailleurs, nous étudions tous les moyens d’accélérer notre développement. Par exemple, nous avions annoncé lors de l’IPO que Biophytis entendait s’installer aux Etats-Unis courant 2016 et nous souhaitons maintenant accélérer cette implantation : nous avons un leadership sur les pathologies du vieillissement et nous entendons le conserver par tous les moyens. Cela passe par une implantation sur place afin de nous rapprocher de la FDA, des plus grands leaders d’opinion et des meilleurs centres académiques.

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