(BFM Bourse) - L'action du spécialiste lyonnais du diagnostic in vitro flanche de 4%, tandis que l'activité de bioMérieux confirme le risque d'une baisse de 3 à 7% de son chiffre d'affaires cette année dans l'hypothèse d'une réduction de la demande liée au Covid.
Une banalisation potentielle qui dessert bioMérieux, du moins à court terme. De plus en plus de scientifiques évoquent la transformation du Covid-19 en une maladie endémique. C'est-à-dire que, sous l'effet d'une augmentation du niveau d'immunité dans la population (Omicron dopant l'immunité naturelle en plus de la vaccination), le virus parviendrait à un niveau de circulation permanente mais beaucoup plus stable au sein de la population, avec des bouffées épidémiques relativement prévisibles notamment en fonction de la saison, au contraire de la phase pandémique vécue jusqu'à présent qui était caractérisée par une circulation du virus par succession de vagues massives impossibles à modéliser.
Cette banalisation rendrait désuètes les campagnes de dépistages à grande échelle qui ont généré des ventes colossales pour les fabricants de tests ces deux dernières années... Dans ce contexte, bioMérieux a déjà indiqué en mars qu'il devrait connaître une baisse organique comprise entre -3% et -7% de son chiffre d'affaires cette année, tandis que son résultat opérationnel risque de souffrir encore plus fortement (alors que les dépenses destinées à soutenir sa croissance future vont elles augmenter). La publication lundi soir du chiffre d'affaires pour les trois premiers mois de l'exercice sonne comme une confirmation, puisqu'il décroît de 4,5% sur la période. Les investisseurs prennent quelques distances avec l'action, qui cède 4,01% à 94,78 euros vers 10h30.
Des objectifs confirmés pour 2022
Au premier trimestre, le chiffre d’affaires de bioMérieux a atteint 837 millions d’euros, en recul de 0,9% en données brutes, soit un déclin organique (hors effets de change et de périmètre) de -4,5%. Les applications industrielles ont été soutenues par les segments agroalimentaire et pharmaceutique, permettant une progression organique de cette division, mais celle-ci représente moins d'un cinquième des ventes. La principale branche, concernant les applications cliniques (84% des ventes totales) accuse un recul organique de 6,3% sur un an, dont une chute de 15,9% pour les Immunoessais (activité affectée clairement par le ralentissement de la demande pour les réactifs Covid, mais aussi par la poursuite de la tendance baissière aux Etats-Unis sur le test de procalcitonine qui sert à détecter les infections bactériennes). En revanche en biologique moléculaire, les ventes de panels Biofire ont été stables, en ligne avec les attentes pour le trimestre.
"Malgré une conjoncture économique toujours très volatile, notre performance commerciale au premier trimestre 2022 est conforme à nos attentes. La croissance est particulièrement robuste en microbiologie et pour les applications industrielles, et l’activité est au niveau attendu en biologie moléculaire et pour les immunoessais", résume le PDG Alexandre Mérieux, ce qui amène le groupe à confirmer ses objectifs 2022.
Recevez toutes les infos sur BIOMERIEUX en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email