Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

ALSTOM

ALO - FR0010220475 SRD PEA PEA-PME
31.180 € +0.23 % Temps réel Euronext Paris

Alstom : Le nouveau plan stratégique d'Alstom reçoit un accueil glacial en Bourse

jeudi 8 juillet 2021 à 09h54
Alstom dévisse après la présentation de son plan stratégique

(BFM Bourse) - Le titre du géant ferroviaire chute à un creux depuis novembre dernier après la présentation de son plan stratégique à horizon 2025, les investisseurs sanctionnant la perspective d'un cash-flow "significativement négatif" sur l'exercice en cours. Alstom se veut néanmoins confiant pour ses perspectives à moyen terme, et les analystes partagent cet avis.

Le court-termisme des investisseurs parisiens fait mal au titre du spécialiste français des transports, qui accumule les pertes depuis la présentation d'"Alstom in Motion 2025", son plan stratégique pour les quatre prochains exercices. Après avoir plongé de 8,4%, sa plus mauvaise performance journalière depuis celle du 18 mars 2020, au lendemain de l'annonce, mardi, il a ainsi accusé un recul de 5,4% supplémentaires mercredi. Peu après l'ouverture des échanges ce jeudi, le titre Alstom évolue encore en léger repli (-0,2%) et s'échange ainsi à un creux de huit mois, à 37,85 euros, cédant 18,7% depuis le 1er janvier - soit la 2e moins bonne performance parmi les valeurs de l'indice phare sur la période derrière Atos.

Les investisseurs expriment ainsi leur déception vis-à-vis du plan stratégique approuvé le 4 juillet par le conseil d'administration du groupe. Si celui-ci détaille les objectifs financiers à moyen terme, ce sont les perspectives à court-terme qui sont sanctionnées par le marché, notamment celle d'un flux de trésorerie libre qui "devrait être significativement négatif en 2021-2022 (les exercices décalés d'Alstom étant clos fin mars). Dans le détail, la génération de trésorerie devrait être négative de 1,6 à 1,9 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'exercice décalé, avant de redevenir positif sur la deuxième partie de l'année, grâce à "l’accélération des livraisons ainsi que de la stabilisation des opérations".

La fourchette de flux de trésorerie négatif fournie par Alstom pour le premier semestre est ressortie "supérieure aux attentes" des analystes de Jefferies, et a constitué "le point central du Capital Markets Day" pour ceux d'UBS.

La facture s'alourdit pour l'absorption de Bombardier

Comme l'expliquent les analystes chez Invest Securities, "tous les chiffres à long terme étaient déjà connus, en particulier les synergies de 400 millions par an et le taux de conversion de 80% du résultat net en cash-flow libre, etc.". Les chiffres fournis par Alstom apparaissent donc "moins convaincants que précédemment", puisque la facture s'alourdit pour Bombardier (ou "BT" pour "Bombardier Transport"), qui "avait déjà coûté 750 millions à fin mars 2021" rappelle-t-il. "Le total de la perte de flux de trésorerie disponible est donc à ce stade comprise entre 2,35 et 2,65 milliards d'euros, alors que le prix payé pour acquérir Bombardier était de 5,5 milliards d'euros. La digestion de Bombardier coûte donc près de 50% du prix d’acquisition! Cherchez l’erreur..." ajoutent-ils, perplexes.

Ce coût conséquent correspond, selon Alstom, à un "effet de phasage, une montée en cadence industrielle et des efforts de stabilisation des projets". Concrètement, le groupe doit "corriger en urgence deux soucis majeurs: des contrats mal négociés (par BT) et pas rentables d’une part et d’autre part, l'exécution de certains contrats délaissée pour cause de sous-investissement et qu’il faut également rattraper" détaillent les experts d'Invest. "C’est ce qu’on appelle du nettoyage de portefeuille, et cela intervient souvent lors d'une acquisition… Sauf que là, le "backlog" est de 32 milliards d'euros donc un dérapage de 5%, c’est tout de suite 1,6 milliard d'euros" préviennent-ils.

Perspectives favorables à long terme

Tout n'est pas noir pour autant pour le groupe français devenu n°2 mondial du ferroviaire à la faveur de l'acquisition de Bombardier derrière le chinois CRC mais assez loin devant Siemens Mobility, qui apparaît comme "le mieux placé pour tirer parti de la forte dynamique du secteur" selon les analystes de Jefferies. Ces derniers louent sa "portée commerciale inégalée, grâce à une présence dans plus de 70 pays et plus de 1.000 clients" et souligne que le carnet de commandes a atteint 74,5 milliards d'euros. "Le groupe dispose également de solutions de pointe en matière d'efficacité énergétique afin de tirer parti de l'évolution vers des solutions de mobilité plus durables comme l'hydrogène" poursuit l'équipe d'analystes. SNCF Voyageurs a de fait commandé à Alstom les 12 premiers trains bi-mode électrique-hydrogène issus d'une nouvelle gamme développée par Alstom en mars dernier.

Ils soulignent également que dans le rail, "la signalisation est le segment à plus forte croissance" et qu'à cet égard, "le rapprochement avec BT apporte des capacités clés et une empreinte complémentaire (notamment en Allemagne, le plus grand marché pour la prochaine décennie)". Autre relais de croissance identifié par Jefferies, les services, "segment qui génère la marge la plus élevée" et devrait bénéficier de nouvelles opportunités "avec la libéralisation du marché et l'exploitation des trains BT". S'il ajuste légèrement à la baisse son objectif à 12 mois sur le prix du titre Alstom, de 55 à 52 euros, le bureau d'études réitère donc son conseil à l'achat.

"La dernière sortie de fonds importante"

Du côté d'UBS, on estime aussi qu'en "passant outre les obstacles à court-terme, Alstom constitue un investissement attractif". "Fort de sa position de leader sur les marchés développés qui devraient bénéficier d'importants investissements, le groupe a confirmé sa prévision d'une croissance annuelle moyenne de 5% de ses revenus d'ici à 2025" notent les analystes. Ceux-ci avoisineraient alors les 20 milliards d'euros lors de l'exercice qui sera clos fin mars 2025.

"Bien que le marché et nous-mêmes soyons naturellement déçus par l'annonce en matière de flux de trésorerie, et bien que cela puisse prendre du temps pour reconstruire la société, nous pensons qu'avec une exécution cohérente (de l'intégration de BT), ceci devrait être la dernière sortie de fonds importante" avancent-ils. Tout comme les analystes de Jefferies, ceux d'UBS maintiennent donc leur recommandation à l'achat sur le titre, tout en abaissant sa cible de 55 à 52 euros.

Parmi les autres bureaux d'études, Credit Suisse et JP Morgan renouvellent respectivement leur conseil à surperformance et surpondérer, ajustant légèrement à la baisse leur objectif, de 51 à 47 euros pour le premier et de 49 à 48 euros pour le second.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur ALSTOM en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application TradingSat Bourse


Par email

Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+313.20 % vs +36.10 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat