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Alcatel-lucent : Nokia veut racheter Alcatel pour créer un champion européen

Le rachat d'Alcatel-Lucent par Nokia créera un champion européenLe rachat d'Alcatel-Lucent par Nokia créera un champion européen

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud et Jussi Rosendahl

PARIS/HELSINKI (Reuters) - Nokia a dévoilé mercredi une offre de rachat, toute en titres, de son concurrent franco-américain Alcatel-Lucent valorisant ce dernier à 15,6 milliards d'euros avec l'ambition de donner naissance à un champion européen capable de marcher sur les talons du numéro un mondial, Ericsson.

Fort d'un effectif de 114.000 personnes avec un chiffre d'affaires de 26 milliards d'euros, le nouvel ensemble mise sur ses complémentarités en termes de géographies et de produits ainsi que sur sa force de frappe en matière de R&D, dotée d'un budget parmi les plus élevés du secteur.

Si peu d'obstacles sont à prévoir sur les plans réglementaire comme politique après le soutien affiché du gouvernement français, certains analystes s'interrogent sur les chances de succès de l'opération après plusieurs ratés dans le secteur, à commencer par les rapprochements ayant donné naissance à Alcatel-Lucent et Nokia.

"L'accord a l'air parfait sur le papier mais il faudra attendre plusieurs années avant de savoir s'ils sont capables de tenir leurs promesses", souligne Susan Anthony, analyste à Mirabaud Securities.

Pour éviter les mésaventures rencontrées par d'autres opérations d'envergure présentées comme des fusions entre égaux (Publicis-Omnicom ou plus récemment Lafarge-Holcim), les termes de l'offre ne laissent aucun doute quant au fait que le groupe franco-américain passe sous pavillon finlandais.

Alcatel ne comptera que trois membres dans le futur conseil d'administration sur un total de neuf ou dix et le président et le directeur général seront issus de Nokia.

"Il ne s'agit pas d'une JV, c'est tout à fait clair. Nous avons appris de nos erreurs", a souligné le PDG de Nokia, Rajeev Suri, lors d'une conférence avec des analystes.

NOKIA S'ENGAGE VIS-À-VIS DE LA FRANCE

Basé en Finlande, le nouvel ensemble conservera cependant une forte présence en France, a assuré le PDG qui a pris une série d'engagements auprès des pouvoirs publics français, informés des intentions des deux groupes depuis plusieurs mois.

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, avait apporté mardi son soutien clair à l'opération en assurant qu'il n'y aurait pas de destruction d'emplois en France, où Alcatel emploie environ 6.000 personnes.

Nokia s'est engagé mercredi à maintenir les effectifs français au niveau qu'ils auront atteint une fois achevé le plan de restructuration engagé par Alcatel depuis près de deux ans.

"L'engagement qui a été pris, c'est de ne pas supprimer d'emplois supplémentaires en volume - il peut bien entendu y avoir des évolutions en nature d'emplois (...) - et d'embaucher au moins 500 nouveaux chercheurs", a déclaré le directeur général Michel Combes sur France Info.

Sont également prévus la création d'un centre d'excellence en recherche et développement dans le domaine de la 5G, l'ouverture d'un laboratoire dans le domaine de la cybersécurité ou encore la création d'un fonds de 100 millions d'euros destiné aux start-up.

Dans un communiqué publié mercredi soir, le ministère de l'Economie a cependant précisé que les engagements sur le maintien de l'emploi en France avaient été pris pour "deux ans suivant la finalisation de l'opération" et que ceux concernant les embauches en recherche-développement pour un minimum de quatre ans.

"Il nous faut des champions européens (...) Tous les champions européens ne peuvent pas être français", a fait valoir Michel Combes lors d'une conférence de presse, en soulignant que les équipementiers devaient s'armer pour se préparer au tournant à venir de la technologie "5G".

"Dans le cadre de cette évolution, la taille est essentielle et les ressources financières sont cruciales", a-t-il dit, expliquant avoir plaidé pour que Nokia rachète la totalité de son groupe, et non sa seule activité mobile comme l'envisageait le finlandais, ce qui aurait laissé un Alcatel vulnérable, trop petit et trop spécialisé.

Le nouvel ensemble permettra à Nokia, spécialisé dans les équipements mobiles, d'avoir accès aux produits de pointe d'Alcatel dans le fixe et à ses gros clients opérateurs aux Etats-Unis et en Chine. L'entité trônera ainsi à la deuxième place du podium dans le mobile avec une part de marché de 35%, derrière le suédois Ericsson (40%) et devant le chinois Huawei (20%), selon Bernstein Research.

LES CÂBLES SOUS-MARINS EXCLUS DE L'OPÉRATION

Nokia se donne pour ambition de dégager 900 millions d'euros de synergies de coûts d'exploitation en 2019 en année pleine ainsi que 200 millions de réduction des dépenses d'intérêts financiers à horizon 2017.

Le groupe propose aux actionnaires d'Alcatel-Lucent 0,55 action dans la nouvelle entité combinée pour une action Alcatel existante, ce qui devrait aboutir à une répartition future du capital de 33,5% pour les actionnaires d'Alcatel et de 66,5% pour ceux de Nokia si l'offre est acceptée dans sa totalité.

L'action Alcatel a clôturé en baisse de 15,51% à 3,786 euros à la Bourse de Paris, effaçant quasiment le bond de 16% enregistré la veille. Nokia, qui avait déjà cédé du terrain mardi, a fini en repli de 1,47% à Helsinki.

Selon plusieurs traders, certains actionnaires d'Alcatel sont déçus par l'absence d'une partie en numéraire dans la transaction tandis que ceux de Nokia seraient soulagés que le finlandais n'ait pas "surpayé" Alcatel.

Les conseils d'administration des deux sociétés ont approuvé l'opération, qui devrait être finalisée au premier semestre 2016.

Considérée comme sensible et stratégique, l'activité câbles sous-marins d'Alcatel-Lucent ne sera pas concernée par l'opération et va connaître un destin propre via une introduction en Bourse, une scission ou une vente.

(Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Matthias Blamont)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


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