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AIRBUS GROUP

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Airbus group : Vers un trou d'air pour la défense française ?

Aujourd'hui à 11:30
BFM Bourse

(Zonebourse.com) - Evolution des budgets militaires, conflit en Ukraine, OTAN ou fiscalité des entreprises... Le scrutin présidentiel pourrait devenir un facteur de volatilité pour les valeurs tricolores de la défense comme Airbus, Safran, Thales et Dassault Aviation. Les analystes de Bernstein étudient les différents scénarios.

"Au mieux neutre mais probablement négatif". Le constat des analystes de Bernstein est clair : ils redoutent que la présidentielle française n'impacte les valeurs nationales de l'aéronautique et de la défense. Si le premier tour n'aura lieu que le 18 avril, le bureau d'études s'attend à ce que le sujet commence à peser sur les marchés dès le début de l'année, à mesure que la campagne montera en puissance.

Toutefois, toutes les sociétés ne devraient pas être impactées de la même manière. L'exposition d'Airbus à l'Hexagone n'est que de 8% mais monte à 19% pour Safran, 25% pour Dassault Aviation et même 28% pour Thales, cette dernière valeur étant donc "particulièrement sensible à une éventuelle inflexion de la politique de défense française", juge Bernstein.

Trois candidats, trois trajectoires

Dans son étude, Bernstein s'intéresse à trois scénarios : une victoire de Marine Le Pen, de Jean-Luc Mélenchon ou d'Edouard Philippe. Si aucun de ces candidats n'a encore publié de programme officiel, les analystes s'appuient sur leurs prises de position passées concernant la défense, l'Ukraine, l'OTAN et la fiscalité.

Marine Le Pen arrive en tête du sondage repris dans l'étude, avec 33% des intentions de vote. Bernstein juge son éventuelle élection "neutre à négative" pour le secteur. Le Rassemblement national a soutenu la hausse du budget militaire, sous réserve qu'elle renforce la souveraineté française. Marine Le Pen souhaite toutefois arrêter le soutien financier à l'Ukraine, sans exclure la poursuite des livraisons d'équipements et de la formation des militaires ukrainiens. Elle défend aussi une sortie du commandement intégré de l'OTAN.

Jean-Luc Mélenchon, crédité de 15,5%, représente le scénario le plus défavorable aux yeux de Bernstein. La France insoumise a voté contre la récente augmentation du budget militaire, tout en invoquant un "manque de stratégie et d'ambition", et a proposé de nationaliser l'industrie de défense. Son dirigeant souhaite également une sortie complète de l'OTAN et rejette l'adhésion à d'autres alliances militaires.

Enfin, Edouard Philippe, à 14%, incarne la plus grande continuité avec Emmanuel Macron. Favorable à l'OTAN et au soutien à l'Ukraine, il vise un budget de défense équivalent à 3% du produit intérieur brut, sans fixer de calendrier. Pour Bernstein, son élection serait globalement "neutre" pour le secteur.

La surtaxe dans l'équation

La fiscalité constitue l'autre point de vigilance. La surtaxe française sur les grandes entreprises, instaurée en 2025, a été prolongée en 2026 et 2027. Safran devrait en supporter une charge de 500 MEUR en 2026, contre 377 MEUR en 2025. Pour Airbus, Bernstein retient 200 MEUR sur chacune des 2 années. Chez Thales, le montant passerait de 75 MEUR à 100 MEUR. Dassault Aviation avait pour sa part déjà comptabilisé 74 MEUR au premier semestre 2026, après 96 MEUR sur l'ensemble de 2025.

Sur ce terrain aussi, les candidats divergent. Edouard Philippe veut supprimer la surtaxe et le Rassemblement national s'est opposé au dispositif gouvernemental. Jean-Luc Mélenchon défend une fiscalité plus interventionniste : La France insoumise a notamment proposé une taxe exceptionnelle de 50% sur les bénéfices de crise des très grandes entreprises réalisant plus de 750 MEUR de chiffre d'affaires.

Pour Bernstein, Airbus et Safran sont surtout exposés au risque fiscal en raison des bénéfices réalisés en France, même si leur activité reste très internationale. Dassault Aviation dépend davantage du marché français, mais bénéficie de la stabilité du programme Rafale. Thales serait en revanche le titre le plus vulnérable à un moindre soutien aux dépenses militaires.

Le sujet est d'autant plus important que le budget français de la défense hors pensions doit passer de 50 MdsEUR en 2025 à 57 MdsEUR en 2026, puis 63 MdsEUR en 2027 et 76 MdsEUR en 2030, selon les données reprises par Bernstein.

Un précédent boursier peu encourageant

L'histoire incite enfin le bureau d'études à la prudence. Depuis 2007, les valeurs françaises suivies par Bernstein ont systématiquement sous-performé leurs homologues européennes au cours des 4 mois précédant la présidentielle. "Nous ne pensons pas que cette fois sera différente", préviennent les analystes.

Bernstein envisage donc une pression sur les titres avant le premier tour, lorsque l'incertitude politique et les scores des candidats situés aux extrêmes devraient occuper le devant de la scène, puis un possible rebond à l'approche du second tour en cas de victoire d'un candidat centriste ou modéré.

Cela n'empêche pas le bureau d'études de rester à "Surperformance" sur Airbus, Safran et Thales, avec des objectifs respectifs de 240 EUR, 420 EUR et 250 EUR. Dassault Aviation reste à "Performance de marché", avec une cible de 340 EUR.

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