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AIRBUS GROUP

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Airbus group : L'objectif annuel de livraisons d'avions d'Airbus va-t-il être atteint?

samedi 3 décembre 2022 à 07h00
L'objectif de livraisons d'Airbus est tendu

(BFM Bourse) - Alors que la fin de l’année se profile, l’avionneur va devoir amplifier ses efforts pour tenir sa cible de 700 appareils malmenée par les tensions du groupe sur sa chaîne d’approvisionnement. Un léger raté ne serait toutefois pas rédhibitoire en Bourse.

"Rien ne sert de courir il faut partir à point". Airbus a souvent fait sienne la morale de la fable du Lièvre et de la tortue de Jean de la Fontaine.

Chaque année, le groupe d’aéronautique et de défense donne au marché un objectif de livraisons d’avions pour l’exercice en cours. Une cible importante puisque l’essentiel du paiement d’un avion survient lorsque le client reçoit en bonne et due forme son appareil. Et que la génération de cash de l'industriel reste le paramètre le plus surveillé par le marché.

D’autant que le groupe a récemment confirmé qu’il envisageait un retour aux actionnaires exceptionnel lorsque sa position nette de trésorerie dépassera les 10 milliards d’euros. A fin septembre, elle s'élevait à 8 milliards d'euros.

Souvent, le groupe d’aéronautique et de défense doit mettre les bouchées doubles en fin d’année pour respecter ses engagements. Cela a notamment été le cas en 2018, 2019 et l’an passé.

Une fin d’année en trombe

Le millésime 2022 n’échappe guère à la règle. Le groupe mène actuellement un exercice délicat de montée en cadence progressive de sa production, alors que sa "supply chain" est sortie d’une période d’hibernation durant la crise sanitaire et se retrouve désormais confrontée à des tensions dues notamment au conflit en Ukraine. Le groupe a, par exemple, accusé des difficultés au niveau de ses approvisionnements en moteurs.

"Nous avons des problèmes un peu partout", estimait fin octobre le président exécutif, Guillaume Faury, qui jugeait néanmoins que la situation avait "cessé de se dégrader". Pour 2022, Airbus compte livrer 700 avions, un objectif qui avait été légèrement abaissé fin juillet, puisque la société tablait auparavant sur environ 720 appareils.

Lors de son dernier point d’activité à fin octobre, le groupe avait livré près de 500 appareils depuis le début de l’année, contre 363 pour son grand rival Boeing. Le calcul est donc simple: l'industriel doit parvenir à un rythme moyen de plus de 100 avions sur les deux derniers mois de 2022 pour rentrer dans les clous.

Or le mois de novembre risque de se situer sous cette moyenne. Selon les données de la société Cirium et du site aibfamiliy.flights, citées lundi par Jefferies, le groupe n’aurait livré sur la période allant du 1er au 27 novembre que 43 avions. Jefferies souligne néanmoins que ces statistiques sous-estiment toujours le nombre réel de livraisons. "Il n'est pas rare de voir Airbus livrer 5 à 6 appareils par jour dans [les] derniers jours" du mois, rappelle par ailleurs Deutsche Bank.

Un record de près de 140 avions en décembre 2019

Airbus sait se surpasser en décembre, ayant atteint un record de 138 livraisons sur le dernier mois de l’année, en 2019. Une année où les tensions sur la "supply chain" n’étaient toutefois pas aussi aigües qu’en 2022. "On a du mal à les voir atteindre les 700 livraisons", a déclaré à Reuters une source haut placée dans la chaîne d’approvisionnement, en début de semaine.

"La situation sur les composants les plus difficiles à obtenir pour finaliser la construction des avions s’est améliorée. Mais désormais Airbus doit redoubler d’efforts pour achever la fabrication des avions sur lesquels il manquait certaines pièces et qui sont en attentes de livraison. Ils étendent notamment les créneaux de travail sur le week-end pour y parvenir", expose Romain Pierredon, analyste au sein du bureau d’études indépendant AlphaValue.

Il suffit parfois qu’un infime composant manque pour qu’un avion quasiment achevé ne soit pas livré à son client.

"Difficile mais réalisable"

Airbus peut-il dès lors tenir sa cible? "Difficile mais faisable", résume Deutsche Bank dans une note publiée mardi, la banque allemande tablant sur 74 appareils livrés en novembre puis 129 en décembre.

Jefferies considère que le groupe pourrait avoir livré seulement 65 appareils en novembre. Il faudrait donc que le groupe égale son record de 2019 en décembre pour remplir son objectif annuel. "Livrer 700 appareils [sur 2022, NDLR] semble donc de plus en plus difficile pour Airbus", écrit le bureau d'études.

"L’objectif de 700 avions reste difficile à atteindre. Airbus va devoir carburer pour le tenir. Je ne suis pas confiant sur cette cible car le groupe risque de manquer de temps d’ici à la fin de l’année pour le réaliser. Même si les tensions sur la 'supply chain' se sont améliorées, elles demeurent importantes", tranche Romain Pierredon.

D'après des sources citées par Reuters vendredi, le groupe n'aurait livré que 563 avions entre janvier et novembre. Contacté par BFM Bourse, le groupe européen a rappelé qu’il ne commentait pas les spéculations sur ses objectifs.

L’avionneur devrait publier vers le milieu de la semaine à venir les livraisons de novembre, après la clôture du marché, selon ses habitudes. Cette publication sera évidemment âprement suivie par les investisseurs.

Quid de 2023?

Reste que ne pas réaliser l’objectif pour quelques avions ne suffirait pas à remettre en cause la trajectoire prometteuse de l’avionneur, une valeur très majoritairement recommandée à l’achat par les bureaux d’études. "S'il leur manque 10 avions, personne ne réagira, mais s'il en manque 20, cela montrera que les choses ne se passent pas comme elles le devraient.", considère Sash Tusa, analyste d’Agency Partners sondé par Reuters.

"Certes, ne pas tenir l’objectif annuel de livraisons pourrait peser de façon très temporaire sur le titre, car cela revient à repousser une partie de la génération de cash-flow", juge Romain Pierredon.

"Néanmoins, avec la probable normalisation des problèmes sur la chaîne d’approvisionnement, un effet de rattrapage pourrait s’observer l’an prochain ce qui fait qu’au final l’impact serait neutre. Il pourrait par ailleurs y avoir une excellente dynamique en 2023 sur les livraisons", nuance-t-il.

"Les investisseurs qui se positionnent sur Airbus ne spéculent pas mais se positionne à long terme sur l’action. Sur cette logique, un petit écart sur l’objectif 2022 de livraisons ne changerait pas grand-chose", insiste Romain Pierredon.

Ce d’autant que si l’offre reste le principal sujet pour Airbus, du côté de la demande, les perspectives sont rayonnantes. Surtout que le groupe bénéficie de la versatilité de sa gamme phare, la famille A320 neo, par rapport au 737 Max de son grand rival Boeing.

"La demande reste exceptionnelle pour Airbus. Leur carnet de commandes leur assure 10 ans des ventes et les tendances de long terme vont dans leur direction avec une croissance du trafic aérien à long terme de 3% à 4% par an et un besoin fort pour les compagnies aériennes de renouveler leurs flottes vers des avions moins émetteurs en carbone. Ainsi à peu près la moitié de la demande d’avions proviendra de la croissance du trafic et environ l’autre moitié de remplacements", détaille Romain Pierredon.

De quoi inciter les investisseurs à se projeter au-delà de 2022, notamment vers l’année prochaine. Airbus livrera comme d’accoutumée ses prévisions lors de la publication de ses résultats annuels, en février. Deutsche Bank serait "surpris" que le groupe donne un chiffre inférieur à "800-820" livraisons d’avions.

Julien Marion - ©2023 BFM Bourse
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