(BFM Bourse) - La banque britannique estime que la récente hausse du titre est exagérée et s'attend à ce que le groupe pâtisse d'un regain de concurrence de la part des compagnies du Golfe sur les liaisons vers l'Asie et l'Afrique.
Comme le dit l'expression anglaise, "the jury is out" ("la question reste grande ouverte") quant au potentiel boursier d'Air France-KLM.
La semaine dernière, Morgan Stanley avait relevé son opinion à "surpondérer", équivalent d'"acheter" dans sa terminologie, sur la valeur, la jugeant bon marché au vu des perspectives de résultats financiers du groupe de transport franco-néerlandais.
Ce vendredi, Barclays adopte une position diamétralement opposée. La banque britannique a abaissé son opinion à "sous-pondération", équivalent de "vendre" dans sa nomenclature, contre "pondération en ligne" auparavant tout en ajustant à la hausse son objectif de cours à 10 euros, contre 9,3 euros auparavant.
Cet abaissement de conseil pèse sur le titre Air France-KLM, qui abandonne 2,2% en fin de matinée ce vendredi 5 juin.
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Solides recettes unitaires en Asie
Barclays remarque que l'action a repris 11% sur trois mois, la deuxième plus forte performance parmi les groupes aériens européens cotés (derrière la finlandaise Finnair, +39%) et bien plus que le CAC 40 (+2,5%).
Air France-KLM a bénéficié d'un reflux sur les cours du pétrole. Après avoir bondi au début du conflit au Moyen-Orient, les prix de l'or noir sont redescendus. Le baril de Brent s'échange actuellement autour de 94,5 dollars alors qu'il a atteint jusqu'à 119,5 dollars au cours de cette guerre.
Cette accalmie laisse entrevoir une facture carburant moins salée que les investisseurs pouvaient précédemment le redouter. Rappelons que la hausse des cours du pétrole a entraîné un bond des prix du kérosène, un produit raffiné de l'or noir.
Sur la semaine achevée le 29 mai, le "jet fuel", le carburant utilisé par les compagnies aériennes, avait grimpé de 57,3% sur un an, selon les données de l'Association internationale du transport aérien (IATA). Or, le carburant représente entre 25 et 30% des coûts opérationnels d'une compagnie aérienne.
L'optimisme sur l'action "s'explique par la récente baisse des prix du carburant et par la solidité des recettes unitaires sur les liaisons asiatiques et certaines liaisons africaines", explique Barclays. "Nous estimons toutefois que cet optimisme est exagéré", prévient la banque britannique.
En raison de l'éclatement du conflit au Moyen-Orient, nombre de compagnies du Golfe ont dû réduire leurs capacités, c'est-à-dire le nombre de vols, vers des destinations comme l'Asie ou l'Afrique. Selon les données collectées par Barclays, Emirates n'opérait au 26 mai qu'à 85% de ses capacités habituelles, Etihad à 75% et Qatar Airways à 50%.
Un effet d'aubaine voué à disparaître
La demande provenant de ces liaisons s'est ainsi reportée vers d'autres groupes aériens, notamment les européens Lufthansa et Air France-KLM.
Barclays note ainsi que lors de la présentation de ses comptes du premier trimestre, le groupe franco-néerlandais avait fait état d'une hausse de 30% de sa recette unitaire (les revenus rapportés aux nombres de vols offerts) sur les mois de mars et avril.
Mais la banque britannique pense que cet effet d'aubaine ne durera pas. "Nous nous attendons à ce que les compagnies aériennes du Golfe commercialisent très prochainement de manière agressive leurs capacités reconstituées", prévient la banque.
"Nous prévoyons une baisse des recettes unitaires exceptionnelles dont bénéficient actuellement les compagnies aériennes européennes et asiatiques survolant le Golfe, ainsi qu'un renversement de tendance pour les recettes unitaires asiatiques, qui passeront d'un niveau supérieur à la moyenne à un niveau inférieur à la normale", développe encore l'établissement.
Barclays anticipe également un tassement de la dynamique de croissance des revenus du cargo d'Air France-KLM, qui ont eux aussi été portés par la baisse des capacités des compagnies du Golfe.
Au regard de ces éléments, Barclays estime qu'un "excès d'optimisme" s'observe sur l'action.
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