Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Pourquoi la divergence entre le ratio cuivre/or et les rendements réels incite à la prudence

dimanche 21 février 2021 à 12h00

(BFM Bourse) - Le ratio cuivre/or progresse actuellement du fait d'une appréciation du cuivre associée à une modération des cours de l'or, alors que les rendements réels des obligations diminuent. Si l'on s'en réfère au précédent épisode d'une telle divergence, en 2013, cela constitue un signal de prudence à l'égard de certains actifs à risque, note DWS.

Dans l'ensemble, l'année 2021 se déroule plutôt bien pour l'instant sur les marchés financiers, avec une avance proche de 4% pour le CAC 40 et l'EuroStoxx 50 (et un peu plus près de 5% pour le S&P 500 américain). Le sentiment reste positif et de nombreux indices sont à des niveaux records. Le prix du pétrole a augmenté encore plus fortement, de plus de 20% (sans évoquer la progression depuis la période de dislocation d'avril 2020 où certaines références d'or noir se négociaient à des prix négatifs !)

Une certaine prudence ne s'impose pas moins, estime le chef économiste de DWS, Johannes Müller. Parmi les indicateurs qui reflètent la façon dont les marchés perçoivent les perspectives économiques à un moment donné, le responsable de la recherche de la société allemande de gestion d'actifs pointe le ratio entre le prix du cuivre et le prix de l'or.

Le cuivre est un métal industriel important pour lequel la demande est étroitement liée à l'activité économique. Pour l'or, les usages industriels sont au contraire très marginaux, et son principal attrait est donc celui d'une valeur refuge, très populaire auprès de certains investisseurs surtout en période d'incertitudes.

Or, sur de longues périodes, il existe également une bonne corrélation entre le ratio cuivre/or et les rendements réels, indique DWS dans une note hebdomadaire (le "graphique de la semaine", reproduit ci-dessous avec permission de la société).

En principe, les rendements réels (nets de l'inflation) tendent à refléter les attentes de croissance réelle du marché obligataire. Il est donc d'autant plus intéressant d'observer actuellement une divergence inhabituelle. Alors que les matières premières, comme de nombreuses autres classes d'actifs, indiquent une reprise continue, les rendements réels des deux côtés de l'Atlantique restent à des niveaux historiquement bas. On pourrait penser que cela est principalement dû aux mesures prises par les banques centrales: un écart comparable avait déjà été observé au cours de la dernière décennie, pendant la phase de 2012 à 2013, lorsque la Réserve fédérale américaine (Fed) a également soutenu l'économie par des achats d'obligations, rappelle Johannes Müller.

En 2013, cette phase de divergence entre les marchés des matières premières et les rendements des obligations d'État a pris fin brutalement lorsque la Fed a annoncé qu'elle commencerait à diminuer progressivement son programme d'achat d'obligations. En fait, la suppression du programme d'achat n'a pas eu lieu avant 2014, mais la simple annonce a suffi à ébranler les marchés - un épisode appelé "taper tantrum".

Dans cette optique, il est probablement utile de suivre de près l'évolution du marché obligataire, surtout dans la phase actuelle, caractérisée par l'optimisme économique. Si les obligations souveraines redeviennent une alternative attrayante pour les investisseurs après une hausse des rendements, les choses pourraient devenir assez inconfortables pour divers actifs plus risqués, avertit DWS.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+321.00 % vs +17.29 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat