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Le marché du diamant s'est écroulé avec la crise du coronavirus

dimanche 19 juillet 2020 à 07h00

(BFM Bourse) - La fermeture des lieux de ventes physiques, qui restent le principal canal d'achat des bijoux, et le rôle essentiel des artisans indiens pour la taille des pierres brutes expliquent une chute de l'ordre de 50% du marché des diamants en 2020.

La pandémie du Covid-19 a eu des effets bénéfiques pour certains marchés, et dramatiques pour d’autres. Celui des diamants appartient sans discuter à la seconde catégorie, juge Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse de marchés chez eToro.

L'écrasante majorité des ventes s'effectuant dans les bijouteries et les boutiques de luxe, la fermeture de l’ensemble de ces commerces pendant le confinement a entraîné une chute spectaculaire des ventes de pierres précieuses. Au point que cette année le marché mondial du diamant pourrait difficilement atteindre 8 milliards de dollars, contre 12 milliards en 2019, selon Moody's. En 2021, les ventes ne se reprendraient que partiellement, retrouvant (peut-être) le niveau de 10 milliards de dollars à cet horizon.

Une offre surabondante

Par ailleurs, la chaîne d'approvisionnement mondiale est totalement bouleversée car l’Inde, où plus de 80% des pierres brutes sont taillées et polies, s'est délestée massivement de son stock de diamants, faute de débouchés pour les pierre taillées. Par conséquent, l’offre mondiale connaît une surabondance, détaille l'analyste.

De ce fait, les leaders mondiaux de l'extraction et de la production de diamants ont vu les prix reculer et leurs marges se compresser. Le numéro 1 mondial, le russe Alrosa (qui produit le quart de diamants dans le monde, et dont le premier actionnaire est le gouvernement russe lui-même) a dû baisser drastiquement sa production pour essayer de défendre ses tarifs. Cependant ses ventes se sont effondrées de 59% au premier trimestre 2020.

Numéro 2 mondial (bien qu'il soit nettement plus connu étant donné une présence centenaire), le sud-africain De Beers, racheté par Anglo American en 2011, connaît également de sérieuses difficultés. Pour endiguer le plongeon de ses ventes, De Beers a lancé une gamme de diamants synthétiques, Lightbox. Ce marché, en croissance de 20%, permet d'accéder à des pierres (désormais indistinguables des diamants géologiques sans matériel d'analyse) à des prix beaucoup plus abordables.

Des valeurs minières qui s'en sortent mieux

En Bourse, les extracteurs de diamants de taille intermédiaire sont sous pression, remarque Antoine Fraysse-Soulier. Coté à Londres, le britannique Petra Diamonds, déjà fort à la peine au cours des trois précédents exercices, accentue sa chute, perdant près de 80% depuis le début de l’année.

En revanche les minières comme Anglo American ou Rio Tinto s’en tirent relativement mieux, étant donné la diversification de leurs activités. Le premier limite son recul à 13,2% depuis le 1er janvier, le second est presque stable (-2,3%).

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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