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Jamais autant d'entreprises n'ont été menacées d'une dégradation de leur note de crédit

samedi 30 mai 2020 à 07h00
Jamais autant d'entreprises notées n'ont été menacées de dégradation par S&P

(BFM Bourse) - Le nombre d'entreprises exposées à une dégradation potentielle de leur note de crédit s'est envolé en avril à un niveau encore jamais atteint - pas même en 2009 dans le sillage de la crise financière. Et la tendance risque de ne pas aller en s'arrangeant, redoute l'agence Standard & Poor's.

D'un côté, le mois d'avril (ainsi que mai) a vu le niveau des principaux indices boursiers progresser sensiblement. De l'autre, la dynamique des notes de crédit, mesurant la santé financière des grandes entreprises, s'est dégradée à cette période à un niveau jamais vu jusqu'ici, d'après une étude de Standard & Poor's, illustrant la brutalité et l'ampleur de la crise économique. Un paradoxe manifeste, même si ce ne sont pas à proprement parler les sociétés les moins bien notées qui ont tiré la hausse des marchés.

Selon un rapport de S&P Global Ratings, le nombre de dégradations potentielles s'est envolé à 1.287 fin avril. Par ce terme, l'agence américain désigne les les émetteurs notés de AAA à B- (soit un large éventail allant des firmes très bien notées à celles à dimension spéculative, dont on affuble la dette de l'épithète "junk") pour lesquels la perspective de crédit devient négative (le risque d'abaissement de la note est alors plutôt à moyen-long terme puisqu'il s'agit d'une projection sur six mois à deux ans) et surtout celles dont la note est placée sous surveillance -ou "CreditWatch"- avec biais négatif (avec un risque d'abaissement statistiquement plus important, habituellement autour de 50%, car une mise sous surveillance s'enclenche pour 90 jours face à un événement inattendu).

Déjà plus qu'en 2009

Ce décompte constitue un nouveau record, dépassant le pic de 1.028 dégradations potentielles atteint en avril 2009 en pleine crise financière. Il représente en outre une accélération inédite puisque le chiffre était de 860 en mars et encore seulement 649 en février (soit un doublement en deux mois).

Plus du quart des entreprises notées par S&P sont ainsi maintenant potentiellement exposés à une dégradation de leur note à plus ou moins long terme, dans la mesure où l'agence de notation évalue 4.600 émetteurs "corporate".

L'écart entre le nombre de ces potentielles dégradations et des potentiels relèvements est au plus haut, puisqu'il n'y a plus que 124 entreprises dont la perspective est passée positive (un record à la baisse).

Une dégradation liée à 90% à la crise du Covid-19

L'agence de notation précise que 90% des notations récemment placées à risque de dégradation l'ont été du fait des conséquences économiques et financières de la pandémie de la Covid-19.

"Globalement, nous anticipons une forte érosion de la qualité du crédit des émetteurs dans les mois à venir, particulièrement dans la mesure où ceux situés dans le bas de l'échelle de notes se retrouveront exposés à de mauvais résultats, à des difficultés persistantes pour gérer leurs coûts, et à une volatilité sur les marchés limitant les possibilités de se financer", indique S&P Global Ratings.

Par secteurs, les plus fréquemment confrontés à un risque récent de dégradation potentielles ont été les entreprises financières, les producteurs de biens de consommation, les services collectifs, les médias et les divertissements, le secteur pétrole et gaz ainsi que l'automobile.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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