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Comment Twitter est devenu un lieu d'échanges pour boursicoteurs débutants

dimanche 13 septembre 2020 à 07h00
Les boursicoteurs en herbe se tournent vers Twitter

(BFM Bourse) - Alors que le confinement a incité plus de 150.000 nouveaux investisseurs français à se tourner vers la Bourse, ces derniers utilisent notamment Twitter pour récolter de précieux conseils auprès de professionnels aguerris. Car contrairement à ce que l'on peut imaginer, entraide et cooptation sont au rendez-vous sur le réseau où règnent généralement plutôt conflits et polémiques.

"J'ai créé mon compte sur Twitter parce que j'investissais en Bourse": des petits porteurs se servent du réseau social pour s'informer, échanger et tenter de réussir leurs placements financiers. Comme lui, des milliers de boursicoteurs en herbe (150.000 nouveaux investisseurs ont débarqué entre février et avril selon l'AMF) ont récemment afflué sur les plateformes de trading, notamment à la faveur du confinement, et s'appuient sur les nombreux professionnels du secteur présents sur le réseau à l'oiseau bleu pour s'initier au fonctionnement du marché ou peaufiner leur stratégie d'investissement.

Graphiques en tout genre, mots-clés comme "résistance" à la hausse, "support" à la baisse ou "points d'entrée" sur une action: David Heuze, un fonctionnaire au ministère de l'Intérieur de 47 ans, y consacre "plusieurs heures" les jours où il n'est pas occupé par son emploi à temps plein. Le déclic a été l'introduction en Bourse de la Française des jeux et les faibles rendements de son assurance-vie.

Après avoir choisi son courtier en ligne, il a suivi l'analyste conseillé par ce dernier sur Twitter en créant un compte en mars. Puis, il a élargi ses contacts, avec à la fois des traders habitués mais aussi des "débutants" comme lui, pour échanger sur les stratégies de placement. "Je trouve qu'il y a un bon partage, c'est bienveillant. On a croisé des "haters" mais on n'en voit plus beaucoup. Je ne m'attendais pas à ça sur Twitter, en raison de sa réputation" raconte-t-il à l'AFP.

Audience doublée

Dans cet écosystème, Nicolas Chéron est l'un des principaux animateurs. Le stratégiste marché, qui travaillait jusqu'à cet été pour un courtier en ligne, compte une audience de 35.000 abonnés sur son compte Twitter, créé il y a 10 ans. Ce chiffre a "doublé" depuis mars, rapporte-t-il.

Sa bannière sur le réseau social est claire: "keep calm and follow the trend", soit "restez calmes et faites du suivi de tendance". Une stratégie à court ou moyen terme selon laquelle il faut acheter une action lorsque son prix monte, et inversement. La première publication visible quand un internaute arrive sur son compte: un cours en ligne de trois heures pour bien débuter en bourse.

"J'ai vu énormément de débutants se lancer la fleur au fusil, donc j'ai créé une émission spéciale" pour faire passer un message, explique-t-il: "aller sur des courtiers français ou européens, qui ont des locaux physiques accessibles, et sur des sites régulés par l'Autorité des marchés financiers (AMF)."

Méfiance et cooptation

Parmi les nombreuses personnes qui publient sur Twitter, toutes ne sont pas animées des meilleures intentions, notamment "celles qui montent en épingle les sociétés dont elles possèdent des actions pour inciter les novices à acheter", se méfie Thibaud Gévaudan. Travaillant dans l'Education nationale, il a fait son entrée sur les marchés un peu après la chute des cours en mars, et son "naturel méfiant" l'a préservé de "tomber dans ces pièges", estime-t-il. "Je ne fais confiance à personne", assure également David Heuze.

Aucun non-professionnel n'a récemment été sanctionné par les autorités boursières pour des recommandations sur les réseaux sociaux. Toute personne doit déclarer ses potentiels conflits d'intérêt dans ses publications. Et l'AMF met régulièrement en garde le public sur les avis d'investissements diffusés sur les forums ou des réseaux sociaux. "Je ne donne pas de conseils, mais des informations sur des titres. Et jamais sur ceux que je détiens", clarifie Nicolas Chéron.

Il déplore aussi le buzz sur les réseaux sociaux autour de formations qui promettent la richesse immédiate et "ternissent l'image de l'investissement". Pour lui, "c'est envoyer les gens à l'abattoir alors que c'est en investissant sur le moyen ou le long terme que l'on gagne en Bourse".

La communauté sur Twitter est plus "saine" que celle sur d'autres réseaux sociaux comme Facebook, qui a aussi des groupes consacrés à l'investissement en Bourse, ou YouTube, estime pour sa part Jonathan Smadja, trader à son compte et animateur du site Tradosaure, suivi par près de 17.000 personnes sur Twitter. Il y propose quotidiennement des vidéos accessibles gratuitement, mais aussi des livres électroniques de formation payants.

Pour lui, "les escrocs sont dénoncés, montrés du doigt". Pour être visible sur le site de l'oiseau bleu, "on a besoin des vieux qui cautionnent les jeunes", explique-t-il. Grâce à cette sorte de "cooptation tacite", un "nettoyage" a ainsi été fait. Lui encourage de considérer en priorité les comptes suivis par l'Association française des analystes techniques.

(Avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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