(Zonebourse.com) - A l'image d'un énorme bulldozer, Nvidia dont la progression funiculaire tout au long de la séance pour une clôture sur ses records absolus trahit une ^poussée algorithmique de grande ampleur, a littéralement soulevé les 3 principaux indices, lesquels affichaient collectivement le pire ratio "advance/decline" de l'année : 80% de titres en repli au sein du Dow Jones, 2 valeurs sur 3 pour le "S&P", 60% de baisse au sein du Nasdaq Composite. Ce schéma est édifiant : hors Nvidia ( 8,75%) et ses 440 Mds USD de capitalisation (c'est exactement le PIB de Hong Kong en 2026, estimation FMI), point de salut.
Et ce qui est encore plus singulier, c'est qu'en dépit du repli de plus de deux tiers des actions américaines, le "VIX" dégringole de -4,6%, vers 14,50 et retrouve ainsi ses planchers annuels et surtout ses niveaux de fin 2025, quand les marchés anticipaient 3 baisses de taux en 2026 et que 150 navires traversaient chaque jour le détroit d'Ormuz, contre une dizaine en moyenne au mois d'août.
Le "VIX" est écrasé, de façon plus ou moins délibérée, chacun jugera (vu le nombre de plus en plus faible de titres qui tirent Wall Street vers les sommets), créant un contexte d'absence de risque apparent qui stimule les programmes d'achat automatisés (adverses au risque, et qui "payent" les yeux fermés tout reflux du niveau de stress).
Tout a été dit ou presque sur Nvidia depuis mercredi soir, et plus la hausse du titre s'affirmait, plus les éléments positifs étaient mis en avant.
Ces éléments sont nombreux, mais c'est l'annonce d'une croissance de 70% des ventes en 2027 qui a servi de catalyseur (les attentes du marché se situant autour de 50%).
Le marché a transformé une simple projection de l'équipe de direction de Nvidia en scénario solide comme de l'acier : quasiment une chose acquise.
Que se serait-il passé si Nvidia s'était contenté d'annoncer 55%, ce qui aurait déjà surpassé les attentes les plus folles et ce qu'à peine 1% des entreprises US peuvent espérer dans un scénario de croissance idéal ?
Après Nvidia, c'était au tour de Marvell de publier : l'entreprise a présenté des perspectives supérieures aux attentes pour son troisième trimestre, porté par la demande pour ses puces personnalisées et ses équipements de réseau destinés aux centres de données d'intelligence artificielle. Malgré ces prévisions solides, l'action reculait de plus de 1,5% en après bourse (après -1,5% dans la journée).
Autodesk dévisse de -7% en après bourse malgré un C.A de 2,05Mds USD contre 2,01 attendu et un bénéfice ajusté en hausse de 26%, à 3,30 USD, dépassant largement es 3,12 USD attendus: les prévisions sont jugées trop prudentes alors que le titre se paye 18 fois ses ventes.
Côté chiffres, et contrairement à mercredi, les "stats" n'ont eu aucun impact mesurable, ni sur les actions, ni sur les taux d'intérêt qui sont littéralement restés figés aux niveaux de la veille.
Le Département du Travail des Etats-Unis dévoile une baisse surprise de -4.000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage -à 203 000- lors de la semaine du 24 août alors que le consensus anticipait une stabilité, autour de 208 000.
La moyenne mobile sur quatre semaines, censée mieux refléter les tendances à l'oeuvre sur le marché de l'emploi, est ressortie quant à elle à 205 500, en baisse de 1 250 par rapport à la semaine précédente.
Enfin, le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités s'est élevé à 1 778 000 lors de la semaine au 17 août (dernière semaine pour laquelle ces chiffres sont disponibles), un chiffre en repli de 18 000, toujours par rapport au niveau révisé de la semaine précédente.
Tout semble pointer vers un marché du travail plus résilient que prévu, ce qui écarte une objection majeure contre une future hausse de taux.
Le chiffre le plus marquant ce jeudi est sans conteste celui du déficit de la balance commerciale des biens aux États-Unis : il s'est creusé de 17,5% en 1 mois pour atteindre 118,81 milliards de dollars en juillet, au lieu de -100,5 Mds USD attendus.
Le Census Bureau précise que les exportations ont reculé de 2,9 % en juillet, tandis que les importations ont fortement progressé, de 3,7 %.
Les Etats-Unis font donc face à un double déficit record, fédéral mais aussi commercial : Kevin Warsh l'évoquera peut-être ce vendredi après-midi, depuis la tribune du sommet des banquiers centraux de Jackson Hole.
Il devrait préciser les priorités de la FED pour cet automne : les probabilités d'une hausse de taux en septembre sont pratiquement à 50/50 et c'est presque du 100% pour décembre, au Japon, on approche des 80% en septembre.
Sur le front géopolitique, c'est l'impasse au Moyen-Orient, seule une dizaine de navires ont franchi Ormuz mercredi, soit 6% du trafic normal au cours des 12 mois précédant le conflit américano-iranien.
La porte-parole de la Maison Blanche confirme : "Aucune négociation n'est en cours actuellement, et cette situation perdurera jusqu'à ce que le président estime qu'ils sont prêts à .revenir à la table des négociations de manière.
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