(BFM Bourse) - Malgré les incertitudes politiques et économiques de long terme, le principal facteur de baisse des marchés en ce moment reste la glissade continue des prix du pétrole. Les cours reviennent à leur niveau d’avant l’accord OPEP d’Alger fin septembre.
Tendance et catalyseurs
Le CAC40 est attendu en repli, -12 à 4.399 points. On sent clairement une volonté des marchés d’aller chercher plus bas, sur les supports capitaux des 4.400 et 4.380. Les volumes d’échanges se sont un peu étoffés hier à 3,1 milliards d’euros.
Du côté de Wall Street la situation continue à se dégrader : 8 séances de baisse consécutives, du jamais vu depuis la crise financière de 2008, un S&P500 qui a perdu hier 0,44%, enkilosé par Facebook qui a perdu 5,7%, et un indice de volatilité VIX au-dessus du niveau des 20, à 22,08, niveau de stress des marchés qui commence à devenir sensible.
Mais au-delà des incertitudes économiques et politiques du moment, avec en premier lieu l’élection présidentielle américaine qui approche, le principal facteur de baisse des marchés reste le pétrole. Avec un baril de Brent sous les 47 dollars (46,50) et un WTI américain sous les 45 (44,80), niveaux des cours avant l’accord d’Alger fin septembre, le marché reste convaincu que les pays producteurs, OPEP et non-OPEP, ont perdu la main et échoué dans leur tentative de maitrise des prix.
Les enquêtes Reuters et Bloomberg publiées cette semaine démontraient bien que la production, loin de se stabiliser, avait continué à augmenter sur le mois d’octobre du côté du Cartel. Si on ajoute des niveaux de stocks américains supérieurs aux attentes, on obtient une nouvelle phase de défiance des marchés et une glissade des prix du pétrole assez violente, qui pourrait ramener les cours à nouveau en direction des 40 dollars, que Goldman Sachs vise à nouveau, si l’OPEP ne donne aucun signe favorable à une remontée.
La journée va donc rester difficile et sous la pression des cours du brut, en attendant les chiffres de l’emploi américains cette après-midi, et au milieu de nouveaux et nombreux arbitrages autour des résultats d’entreprises.
Valeurs
LafargeHolcim
Le groupe a annoncé des résultats un peu en-dessous des attentes du marché, avec un chiffre d’affaires de 7,3 milliards de francs suisses, mais un EBITDA conforme à 1,6 milliard. Le groupe prévoit pour l’année une hausse d’au moins 5% de son résultat brut, et à une croissance de 1 à 3% de ses marchés.
AXA
L’assureur a annoncé une légère progression de ses revenus sur 9 mois à +0,4% pour 75,7 milliards d’euros, avec une hausse de 3,4% des activités d’assurance dommage, et une baisse de 6% sur la gestion d’actifs, durement touchée par l’univers de taux bas et négatifs.
EDF
Le groupe, pour la 2ème fois en quelques semaines, abaisse ses prévisions de production nucléaire et de résultat opérationnel pour l’année, en raison du report du redémarrage de plusieurs de ses centrales.
L’Oréal
Le groupe a annoncé une accélération de sa croissance sur le 3ème trimestre, avec un chiffre d’affaires en hausse de 3,6% à 6,16 milliards d’euros. Ce sont notamment les activités américaines qui ont compensé un contexte un peu atone sur les autres marchés du groupe, notamment la France. Malgré tout, le chiffre d’affaires reste légèrement inférieur aux attentes des analystes de marché.
Luxe
Le secteur va sans doute réagir aux résultats du suisse Richemont, qui a publié un chiffre d’affaires en baisse de 13% à 5 milliards d’euros, et une baisse de 43% de son résultat opérationnel, à cause de lourdes charges exceptionnelles. Le groupe parle d’un environnement toujours difficile au niveau mondial pour le marché du luxe, d’une base de comparaison défavorable pour les marchés européen et japonais, mais souligne une poursuite de la reprise sur le marché chinois.
Ubisoft
L’éditeur de jeux a fait part de perspectives contrastées pour son exercice annuel en cours, en relevant ses prévisions de résultat opérationnel, de 230 millions d’euros à une fourchette de 230-250 millions. Parallèlement, le chiffre d’affaires lui est revu à la baisse d’1,7 milliards à une fourchette d’1,61 à 1,67 milliard d’euros.
JCDecaux
Le chiffre d’affaires du 3ème trimestre du groupe est en hausse de 3,8% à 792,7 millions d’euros. Malgré tout JCDecaux se veut prudent pour le reste de l’année, prévoyant des revenus en baisse de 2% sur le 4ème trimestre, et une croissance organique un peu en-dessous des 3% pour l’ensemble de l’année, ce qui aura un impact sur la rentabilité aux termes de l’exercice.