par Diana Mandia
14 avril (Reuters) - Wall Street est attendue sur une note prudente à l'ouverture et les Bourses européennes progressent mardi à mi-séance, portées par l'espoir d'un retour de l'Iran et de Washington à la table des négociations, ce qui fait reculer les prix du pétrole et apaise les tensions sur les actifs risqués.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en petite baisse pour le Dow Jones (-0,06%) et en hausse de 0,11% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,35% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 gagne 0,50% à 8.277,25 points vers 11h05 GMT et à, Francfort, le Dax avance de 0,91%. À Londres, le FTSE 100 cède en revanche 0,10%, pénalisé par le recul des prix du pétrole.
L'indice EuroStoxx 50 gagne 0,82%, le FTSEurofirst 300 avance de 0,50% et le Stoxx 600 prend 0,55%.
Des équipes de négociateurs des États-Unis et de l'Iran pourraient revenir à Islamabad cette semaine pour reprendre les discussions visant à mettre fin à la guerre, ont confié mardi plusieurs sources à Reuters, ce qui contribue à redonner confiance aux marchés après l'échec des négociations du week-end et le blocus américain des ports iraniens annoncé ensuite à titre de mesure de représailles.
Les cours du pétrole, sans aucun doute l'indicateur le plus suivi dans cette crise touchant une région clé pour le transport et la production du brut qu'est le Moyen-Orient, reculent légèrement mardi pour repasser sous la barre symbolique des 100 dollars le baril.
La libre circulation dans le détroit d'Ormuz reste néanmoins une question cruciale pour les opérateurs, car les restrictions imposées depuis lundi par l'armée américaine s'ajoutent à la fermeture de facto de la voie maritime par Téhéran depuis le début de la guerre, fin février, et pourraient aggraver l'instabilité récente des marchés de l'énergie.
"Même si le processus de négociation connaîtra des soubresauts, le simple fait que les deux parties se soient assises à la table des négociations et cherchent à parvenir à un accord est clairement un signe positif et permet de limiter la volatilité géopolitique", a déclaré Craig Cameron, gestionnaire de portefeuille et analyste chez Templeton Global Investments.
La saison des résultats trimestriels démarre par ailleurs cette semaine, tant aux États-Unis qu'en Europe, et, cette fois plus que jamais, les investisseurs analyseront avec une grande attention tout commentaire leur permettant de comprendre l'impact de la guerre sur l'activité économique.
"Ils (les résultats) seront importants… mais les communiqués accompagnant ces résultats, et les projections des entreprises pour les mois à venir, seront déterminants pour voir comment les entreprises naviguent dans cette période instable, et si les multiples de valorisation sont justifiés, même si ces derniers se sont un peu détendus ces derniers mois", souligne Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés chez IG France.
PÉTROLE
Les cours du pétrole reculent mardi, les espoirs d'un retour des discussions entre les Etats-Unis et l'Iran visant à mettre fin à la guerre l'emportant sur les craintes liées aux perturbations de l'approvisionnement.
Le Brent cède 0,41% à 98,95 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 1,96% à 97,14 dollars.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a par ailleurs nettement abaissé mardi ses prévisions de croissance de l'offre et de la demande de pétrole, sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient.
Les attaques contre les infrastructures énergétiques et la fermeture effective du détroit d'Ormuz ont entraîné la plus importante perturbation de l'approvisionnement en pétrole de l'histoire, avec une perte de 10,1 millions de bpj en mars, a ajouté l'AIE.
Une enquête menée par la BofA auprès de gestionnaires de fonds, publiée mardi, révèle que de nombreux investisseurs s'attendent à ce que le Brent se négocie entre 80 et 90 dollars le baril d'ici la fin de l'année, ce qui représente une baisse par rapport à son niveau actuel.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N40X0LG]
Des grands noms du secteur financier, tels que Citi, JP Morgan, Wells Fargo, BofA ou Blackrock, feront l'objet d'une attention particulière mardi à l'ouverture de la séance à la Bourse de New York, après la publication de leurs résultats trimestriels respectifs.
VALEURS EN EUROPE
L'action LVMH recule de 2,3% au lendemain de la publication de ventes au premier trimestre inférieures aux attentes pour le géant français du luxe, qui a déclaré subir les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
Le secteur du luxe sur le Stoxx 600 avance toutefois de 0,67%, en attendant les résultats de Kering après la clôture de la Bourse, un premier test crucial pour le directeur général Luca de Meo.
Ailleurs en Europe, Givaudan avance de 3%, le fabricant suisse de parfums et d'arômes ayant dépassé les attentes au premier trimestre.
Imperial Brands plonge de 7%, le fabricant des cigarettes Davidoff ayant déclaré que le conflit au Moyen-Orient pourrait perturber ses résultats au second semestre.
Au niveau sectoriel, les valeurs liées au voyage regagnent du terrain (+1,05%) après les pertes subies en raison de la hausse des prix du pétrole.
La fédération Airlines for Europe (A4E), qui représente 70% du trafic aérien européen, a par ailleurs demandé mardi à l'Union européenne (UE) des mesures d'urgence pour faire face aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient, telles les fermetures massives d'espaces aériens et la crise de l'approvisionnement en kérosène.
TAUX
Les rendements obligataires baissent ce mardi des deux côtés de l'Atlantique, grâce à un regain d'optimisme concernant les négociations visant à mettre durablement fin à la guerre et à freiner ainsi l'inflation.
Le rendement des Treasuries à dix ans cède 0,8 points de base à 4,2893%. Le deux ans perd 1,5 points de base à 3,7658%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans recule de trois points de base à 3,0588%, tandis que celui de l'obligation à deux ans perd 5,1 points de base à 2,5884%.
L'inflation reste toutefois au centre de l'attention des investisseurs, avec la publication, à 12h30 GMT, de l'indice des prix à la production aux Etats-Unis pour le mois de mars, avant les chiffres définitifs en France et en zone euro mercredi et jeudi respectivement.
En Espagne, le taux d'inflation en glissement annuel, harmonisé selon les normes européennes, a atteint 3,4% en mars, contre 2,5% en février, selon les chiffres définitifs publiés mardi par l'Institut national de la statistique (INE).
CHANGES
L'apaisement des tensions pèse sur le dollar, qui a connu une forte appréciation au début de la guerre mais qui se rapproche désormais des niveaux d'avant le conflit. Le billet vert perd ainsi 0,29% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,34% à 1,1797 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 14 AVRIL:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Prix à la production mars
- sur un mois 1,1% 0,7%
- sur un an 4,6% 3,4%
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)
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