par Diana Mandia
10 avril (Reuters) - Wall Street est attendue sans direction et les Bourses européennes progressent prudemment vendredi à mi-séance, les investisseurs attendant les pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran prévus dans les prochaines heures, dans un contexte de cessez-le-feu plutôt fragile au Moyen-Orient.
Les futures sur indices new-yorkais se montrent pour l'instant indécis, les chiffres des prix à la consommation américaine pour le mois de mars devant être publiés avant l'ouverture. Le Dow Jones est vu en baisse de 0,02% tandis que le Standard & Poor's-500 devrait grappiller 0,05% et le Nasdaq 0,13%.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,80% à 8.311,93 points vers 11h16 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,76% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,31%.
L'indice EuroStoxx 50 prend 0,91%, le FTSEurofirst 300 gagne 0,76% et le Stoxx 600 progresse de 0,76%.
Le CAC 40 et le Stoxx devraient tous deux afficher des gains hebdomadaires d'environ 3%, grâce notamment à l'annonce, dans la nuit de mardi à mercredi, d'un cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran.
Cette trêve, qui a entraîné un fort rebond des actions mercredi, a toutefois rapidement montré ses failles, les deux parties divergeant sur des points essentiels, notamment quant à savoir si l'accord s'applique au Liban, pays qu'Israël a lourdement bombardé cette semaine.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est toutefois dit jeudi disposé à ouvrir des négociations directes avec Beyrouth, tandis que Washington et Téhéran doivent entamer dans les prochaines heures des discussions de paix à Islamabad, ce qui maintient les investisseurs dans l'expectative.
Un autre argument de poids en faveur de la prudence concerne la navigation dans le détroit d'Ormuz, essentielle pour contenir la flambée des prix de l'énergie, mais qui reste marginale bien qu'elle soit présentée comme une condition indispensable à l'accord de cessez-le-feu.
S'ils sont tombés mercredi sous la barre des 100 dollars le baril, les cours du Brent se maintiennent bien au-dessus des 70 dollars qu'ils affichaient avant le début de la guerre, fin février, les craintes concernant l'approvisionnement restant vives.
Les prix de l'énergie sont surveillés jour et nuit par les investisseurs et les banques centrales, car ils risquent de se répercuter sur le reste de l'économie et de raviver l'inflation, bouleversant ainsi les prévisions en matière de politique monétaire.
En Allemagne, première économie de la zone euro, l'inflation a connu une forte accélération en mars (+2,8%), en raison précisément de la flambée des prix de l'énergie, montrent chiffres définitifs publiés vendredi.
Les prix seront également à l'ordre du jour aux États-Unis, où l'indice des prix à la consommation sera publié plus tard dans la journée, à 12h30 GMT. Les économistes interrogés par Reuters prévoient que les prix enregistreront en mars leur plus forte hausse depuis près de quatre ans, ce qui, si cela se confirmait, réduirait encore davantage les espoirs d'une baisse des taux d'intérêt cette année de la part de la Réserve fédérale (Fed).
PÉTROLE
Le Brent recule légèrement (-0,03%) à 95,89 dollars le baril vers 11h22 GMT et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,05% à 97,82 dollars, dans des échanges volatils, l'approvisionnement en provenance d'Arabie saoudite et le transit par le détroit d'Ormuz étant toujours une source de préoccupation.
Les cours du brut s'apprêtent toutefois à enregistrer leur plus forte baisse hebdomadaire depuis juin dernier, l'accord de cessez-le-feu ayant entraîné mercredi un fort recul des prix.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
Sodexo décroche de 11% après avoir fait état d'un plongeon de son résultat opérationnel semestriel et avoir révisé à la baisse ses perspectives annuelles, le groupe citant des "enjeux d'exécution" et la revue de ses contrats et actifs.
Le groupe italien de luxe Brunello Cucinelli, qui a fait état jeudi d'une hausse de 14% de son chiffre d'affaires à taux de change constants au titre du premier trimestre, gagne plus de 6%.
L'action du détaillant britannique d'électronique AO World grimpe de près de 7%, la société prévoyant que son bénéfice avant impôts ajusté pour l'exercice se situera dans la fourchette haute de ses prévisions.
TAUX
Les rendements obligataires sont stables aux États-Unis après une semaine marquée par de fortes fluctuations liées à l'actualité au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs attendent les chiffres de l'inflation plus tard dans la journée.
Le rendement des Treasuries à dix ans ressort à 4,2913%, tandis que celui de l'obligation à deux ans s'établit à 3,7827%.
Les rendements des obligations d'État allemandes, référence de la zone euro, affichent une légère hausse vendredi à mi-séance et s'apprêtent à enregistrer une hausse hebdomadaire.
Le rendement du Bund allemand à dix ans gagne 2,5 points de base à 3,0349%. Le deux ans prend 1,2 point de base à 2,5577%.
Malgré la forte baisse des rendements observée mercredi, la trêve fragile entre les États-Unis et l'Iran incite les investisseurs à la prudence face à l'inflation et à la politique monétaire.
CHANGES Le dollar recule 0,08% face à un panier de devises de référence et s'apprête à enregistrer sa plus forte baisse hebdomadaire depuis janvier, en raison de l'optimisme suscité par le cessez-le-feu au Moyen-Orient.
L'euro gagne 0,15% à 1,1717 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 10 AVRIL:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Prix à la consommation mars +0,9% +0,3%
- sur un an +3,3% +2,4%
USA 14h00 Commandes à l'industrie février -0,2% +0,1%
USA 14h00 Indice de l'Université du avril 52,0 53,3
Michigan (préliminaire)
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
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