par Ahmad Ghaddar
LONDRES, 25 mai (Reuters) - Les cours du pétrole accusent lundi une forte baisse, tombant à un creux de deux semaines, sur fond d'optimisme renforcé du marché quant à un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran, malgré des points de blocage sur le détroit d'Ormuz.
Vers 11h50 GMT, le Brent reflue de 6,07%, à 97,25 dollars le baril, tandis que le brut léger américain dit West Texas Intermediate américain (WTI) abandonne 6,09%, à 90,72 dollars le baril. Les deux principales références du pétrole ont touché en séance un plus bas depuis le 7 mai, à respectivement 97,11 et 90,32 dollars.
Les cours pétroliers réagissent aux derniers développements survenus au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump ayant déclaré au cours du week-end que Washington et Téhéran avaient "largement négocié" un accord de paix qui permettrait la réouverture du détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le début de la guerre, le 28 février, un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Le président du Parlement et principal négociateur iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, rencontrent à Doha le Premier ministre du Qatar pour évoquer un éventuel accord entre l'Iran et les Etats-Unis, rapporte à Reuters une personne informée de ce déplacement, ajoutant que ces discussions portent principalement sur le détroit d'Ormuz et le stock iranien d'uranium hautement enrichi.
Les Etats-Unis et l'Iran restent toutefois en désaccord sur plusieurs dossiers épineux, Donald Trump ayant déclaré dimanche qu'il avait demandé à ses représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord. Le locataire de la Maison blanche a poursuivi lundi en écrivant sur son réseau social Truth Social que l'accord avec l'Iran sera soit excellent et significatif, soit qu'il n'y aura pas d'accord, tandis que son secrétaire d'Etat, Marco Rubio, a fait savoir qu'il y aurait soit un bon accord, soit Washington traitera avec l'Iran "d'une autre manière".
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré pour sa part lundi que les discussions entre les deux camps avaient abouti sur de nombreux points d'un éventuel protocole d'accord, ce qui ne signifiait pas pour autant que Téhéran était sur le point de signer.
"Nous avons déjà connu cette situation (...). Par conséquent, le marché sera probablement plus prudent et évitera de réagir de manière excessive", met en garde Warren Patterson, responsable de la stratégie matières premières chez ING.
Les analystes s'attendent à ce que le retour à la normale des flux pétroliers dans le détroit prenne des mois, le temps que les installations pétrolières et gazières endommagées soient réparées.
"Nous continuons de penser que les facteurs clés à surveiller pour le marché pétrolier devraient être les flux physiques de pétrole et, jusqu'ici, les flux à travers le détroit restent limités", note Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
Deux méthaniers ont traversé le détroit lundi, en direction du Pakistan et de la Chine, tandis qu'un superpétrolier transportant du brut irakien a quitté le Golfe pour la Chine samedi après avoir été bloqué pendant près de trois mois, selon les données du transport maritime.
Les groupes énergétiques américains ont réagi à la hausse des prix locaux de l'énergie en augmentant le nombre de plateformes pétrolières et gazières pour la cinquième semaine consécutive, une première depuis février 2025.
Le nombre de plateformes, indicateur avancé de la production future, a augmenté de sept pour atteindre 558 au cours de la semaine s'achevant au 22 mai, son plus haut niveau depuis juin 2025.
(Reportage Florence Tan et Sudarshan Varadhan à Singapour; version française Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)
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