par Diana Mandia
23 janvier (Reuters) - Wall Street est attendue en légère baisse vendredi et les Bourses européennes évoluent sur une note prudente à mi-séance, alors qu'elles s'apprêtent à mettre fin à leur plus longue série de gains hebdomadaires depuis mai, avec la recrudescence des tensions commerciales autour du Groenland plus tôt cette semaine. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,19% pour le Dow Jones, de 0,05% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,04% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 perd 0,28% à 8.125,96 points vers 11h37 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,14% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,09%.
L'indice EuroStoxx 50 cède 0,14%, le FTSEurofirst 300 0,05% et le Stoxx 600 0,06%.
Après un rebond des actions jeudi, les Bourses européennes font preuve de prudence pour clôturer une semaine marquée par la menace du président américain Donald Trump d'imposer des droits de douane supplémentaires à huit pays européens hostiles à ses projets de prendre le contrôle du Groenland, actuellement territoire autonome danois.
Bien que le locataire de la Maison blanche soit revenu mercredi sur sa menace, dans une de ses habituelles volte-faces, invoquant un accord-cadre sur l'île avec l'Otan dont les détails sont encore vagues, les investisseurs restent méfiants quant à l'utilisation de la politique commerciale comme instrument de pression par Washington.
"Nous avons constaté une augmentation générale de l'incertitude cette année. Même si la question du Groenland semble résolue pour l'instant, les investisseurs restent prudents, car ils craignent qu'elle ne refasse surface", a déclaré Michael Field, stratège pour les actions européennes chez Morningstar.
"Depuis un an Trump manipule à tout propos l'arme tarifaire", écrit Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF, dans une note publiée vendredi, ajoutant que les décisions douanières de Washington sont surtout "un lourd prélèvement sur les Américains".
Les dirigeants européens ont dit à l'issue d'un sommet extraordinaire à Bruxelles qu'ils souhaitaient relancer l'accord commercial négocié entre l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis, prévenant qu'ils se tenaient prêts à agir en cas de nouvelles menaces de la part de Donald Trump.
Outre les turbulences provoquées par la politique commerciale américaine, les investisseurs examinent les indices PMI de la zone euro publiés peu après l'ouverture de la Bourse et qui montrent que l'activité économique du bloc a augmenté plus lentement que prévu en janvier.
En France, l'activité du secteur privé s'est pour sa part contractée de manière inattendue en janvier, la forte baisse de la demande de services l'emportant sur la hausse de la production dans le secteur manufacturier.
La politique française est également au rendez-vous en cette fin de semaine, avec deux motions de censure contre le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu rejetées vendredi à l'Assemblée nationale après le recours à l'article 49.3 de la Constitution sur la partie "recettes" du projet de loi de finances (PLF) pour 2026.
Au Royaume-Uni, une hausse surprise des ventes au détail en décembre (+0,4%) renforce les signes de reprise économique.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
L'action Intel recule de 12% en avant-Bourse après que le fabricant américain de semi-conducteurs a déclaré jeudi prévoir pour le trimestre actuel un chiffre d'affaires et un bénéfice inférieurs aux attentes du marché.
VALEURS EN EUROPE
A Paris, M6 perd 2,35% après que Kepler Cheuvreux a abaissé sa recommandation sur la valeur à "alléger". Ericsson, qui a fait état vendredi d'une hausse organique de 4% de ses ventes au quatrième trimestre et annoncé un plan de rachat d'actions, grimpe de 9,4%.
BASF recule de 2%, les chiffres préliminaires ont montré que le bénéfice du géant allemand de la chimie a reculé en 2025 en raison de marges plus faibles et d'effets de change négatifs.
TAUX
Sur le marché obligataire, le rendement du Bund allemand à dix ans avance d'environ 2 points de base à 2,9016%, tout comme celui du deux ans, qui évolue à 2,1376%.
Les perspectives de croissance, d'inflation et de taux d'intérêt dans la zone euro restent globalement stables pour 2026, les économistes ayant largement maintenu leurs prévisions malgré un début d'année tumultueux, montre une enquête réalisée par Reuters auprès d'économistes.
La Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir son taux de dépôt inchangé pour la cinquième réunion consécutive le 5 février prochain, selon les 83 économistes interrogés.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans recule de 1 point de base à 4,2411%. Le deux ans recule légèrement à 3,6088%.
CHANGES
Le yen, sous pression après que la BoJ a maintenu ses taux inchangés plus tôt dans la journée, s'est ensuite raffermi face au dollar (+0,08%), alimentant à nouveau les spéculations d'intervention.
Le billet vert, qui s'apprête à enregistrer sa plus forte baisse hebdomadaire depuis juin en raison des tensions géopolitiques, est stable vendredi face à un panier de devises de référence.
L'euro recule quant à lui de 0,15% à 1,1736 dollar. La livre sterling gagne 0,20% face au dollar après la publication des données sur les ventes au détail.
PÉTROLE
Les prix du pétrole rebondissent vendredi après que le président américain Donald Trump a renouvelé ses menaces contre l'Iran, suscitant des inquiétudes quant à une intervention militaire qui pourrait perturber l'approvisionnement en brut.
Le Brent prend 1,67% à 65,12 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,72% à 60,38 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 23 JANVIER :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 15h00 Indice de l'Université du janvier 54,0 54,0*
Michigan (définitif)
* première estimation
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)
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