21 mai (Reuters) - La quasi-totalité des grandes raffineries de pétrole du centre de la Russie ont été contraintes d'interrompre ou de réduire leur production de carburant à la suite des attaques de drones ukrainiens de ces derniers jours, selon des sources et des données officielles.
Avec 83 millions de tonnes par an - soit environ 238.000 tonnes par jour - la capacité combinée de ces raffineries représente environ un quart de la capacité totale de raffinage de la Russie, selon des données et des sources s'exprimant sous couvert d'anonymat.
La part cumulée de ces raffineries dans la production de carburant du pays est supérieure à 30% pour l'essence et d'environ 25% pour le diesel.
Le gouvernement russe a instauré depuis le mois d'avril une interdiction d'exporter de l'essence, mesure en place jusqu'à la fin du mois de juillet.
Le ministère russe de l'Énergie n'a pas répondu à une demande de commentaires.
L'Ukraine a intensifié ses attaques de drones contre les infrastructures énergétiques russes, doublant le nombre de raffineries de pétrole visées depuis le début de l'année, selon divers messages publiés sur les réseaux sociaux par des responsables russes.
Ces frappes, qui ont également touché des oléoducs et des installations de stockage, ont réduit la production pétrolière de la Russie – la troisième plus importante au monde après celle des États-Unis et de l'Arabie saoudite.
Cette situation pèse sur le budget fédéral de Moscou, dans lequel les taxes sur le pétrole et le gaz représentent environ un quart des recettes.
Parmi les raffineries de pétrole visées figurent celle de Kirishi, dans l'ouest de la Russie, la raffinerie de Moscou, ainsi que des usines situées à Nijni Novgorod, sur la Volga, à Riazan et à Iaroslavl.
L'une des plus grandes raffineries de Russie, Kirishi, d'une capacité de 20 millions de tonnes par an, est complètement à l'arrêt depuis le 5 mai, selon ces sources.
Une autre raffinerie majeure, Nizhegorodnefteorgsintez (NORSI), d'une capacité annuelle de 17 millions de tonnes, a été attaquée le 20 mai. On ignore encore si NORSI a pu maintenir une partie de ses activités.
(Reportage Reuters, version française Benoit Van Overstraeten, édité par Blandine Hénault)
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