par Claude Chendjou
PARIS, 31 mars (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues sur de faibles variations mardi, l'intensification de la guerre en Iran, entrée dans son deuxième mois, ne permettant pas de tabler sur une poursuite franche du rebond alors que les investisseurs continuent de redouter un choc énergétique et un risque de récession économique.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien devrait grappiller 0,02% à l'ouverture. Le Dax à Francfort pourrait avancer de 0,70%, tandis que le FTSE 100 à Londres devrait ouvrir en repli de 0,16. L'indice EuroStoxx 50 est attendu en progression de 0,55% et le Stoxx 600 en hausse de 0,26%.
Au 32e jour de guerre au Moyen-Orient à laquelle les Houthis, alliés de l'Iran, ont désormais pris part, aucune issue ne se dessine, bien que Donald Trump se dise disposé à stopper la campagne militaire américaine même en l'absence d'une réouverture du détroit d'Ormuz, selon le Wall Street Journal.
Cette inflexion suffit néanmoins pour le moment à apporter un peu d'accalmie sur les marchés, avec un nouveau recul des rendements obligataires américains, une légère baisse de la volatilité sur le VIX et une dépréciation du dollar.
Mais signe de la fragilité de l'ensemble du tableau, l'or se raffermit mardi, au-dessus de 4.550 dollars l'once, tandis que les cours du pétrole repartent à la hausse, le baril de Brent ayant gagné 60% rien que sur le mois de mars.
Sur l'ensemble du mois, l'indice CAC 40 a perdu à ce stade 9,42%, le Stoxx 600 paneuropéen 8,38%, tandis que le secteur des ressources de base en Europe a abandonné plus de 11%, la hausse des coûts du carburant, du fret et des assurances alourdissant les coûts des sociétés minières et amplifiant les inquiétudes concernant la demande.
"Le plus grand défi pour nous, en tant qu'investisseurs, aujourd'hui, c'est l'éventail extrêmement large des issues possibles (à la guerre)", souligne Eren Osman, gestionnaire de patrimoine chez Arbuthnot Latham. Selon lui, une réouverture du détroit d'Ormuz sera essentielle pour calmer durablement les investisseurs.
En attendant, outre le contexte géopolitique, les investisseurs doivent analyser pour la séance du jour pléthore d'indicateurs macroéconomiques comme l'inflation en zone euro, la confiance du consommateur américain et l'indicateur Jolts sur les offres d'emploi aux Etats-Unis.
Dans les indicateurs déjà publiés, en Allemagne, les ventes au détail ont affiché une baisse surprise en février, tandis qu'en Grande-Bretagne, l'économie a à peine progressé fin 2025 avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 0,1% sur la période octobre-décembre.
A WALL STREET
La Bourse de New York a terminé lundi en ordre dispersé, l'optimisme des marchés porté par les commentaires de Donald Trump sur les négociations en cours avec l'Iran étant douché par les nouveaux avertissements du président américain à Téhéran.
L'indice Dow Jones a gagné 0,11%, ou 49,50 points, à 45.216,14 points. Le Standard & Poor's 500, plus large, a perdu -25,13 points, soit 0,39% à 6.343,72 points. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de -153,72 points, soit 0,73% à 20.794,641 points.
EN ASIE
A la Bourse de Tokyo, à l'approche de la clôture, l'indice Nikkei a reflué de 1,58% à 51.063,72 points, avec notamment la chute des valeurs technologiques. Le Topix, plus large, a cédé 1,26% à 3.497,86 points.
L'indice phare japonais a enregistré une perte de 13,2% sur l'ensemble du mois de mars, la baisse mensuelle la plus importante depuis octobre 2008, le conflit au Moyen-Orient pesant sur le moral des investisseurs.
L'indice MSCI regroupant les valeurs d'Asie et du Pacifique (hors Japon) perd 1,43%, s'achemine vers un repli de plus de 13% sur l'ensemble du mois, le plus important depuis mars 2020.
En Chine, le SSE Composite de Shanghai fléchit de 0,43% et le CSI 300 reflue de 0,47%, les indices prolongeant leurs pertes de la veille et étant en passe d'enregistrer leur pire mois depuis début 2024.
Côté indicateurs, le rebond de l'activité manufacturière en mars en Chine, avec un PMI officiel à 50,4 après 49,0 en février, n'a pas suffi à rassurer les investisseurs, qui restent prudents face au conflit au Moyen-Orient.
LES VALEURS A SUIVRE EN EUROPE:
CHANGES
Le dollar recule de 0,05% face à un panier de devises de référence, mais s'apprête à enregistrer son plus important gain mensuel depuis juillet, avec une hausse de 2,9% à ce stade, le billet vert étant un actif dit refuge.
L'euro grignote 0,02%, à 1,1467 dollar, avant les chiffres mensuels de l'inflation en zone euro qui pourraient donner de premières indications de l'impact du conflit au Moyen-Orient sur la dynamique des prix.
Le bloc monétaire est fortement dépendant des importations d'énergie, ce qui l'expose particulièrement à la flambée actuelle des prix des hydrocarbures. Les tarifs du gaz ont bondi de plus de 70% au cours des dernières semaines.
Les ministres de l'Energie des pays de l'Union européenne tiennent par ailleurs ce mardi une réunion pour coordonner leur réponse face aux perturbations des marchés pétroliers et gaziers.
La livre sterling s'échange à 1,3204 dollar (+0,13%).
Le yen se maintient aux alentours de 160 pour un dollar alors que les responsables japonais intensifient leurs efforts de communication pour défendre la monnaie.
Des données publiées mardi montrent par ailleurs que l'inflation sous-jacente annuelle à Tokyo a ralenti, tombant en mars à son plus bas niveau en près de deux ans. L'indice est resté en dessous de l'objectif de Banque du Japon (BoJ) pour le deuxième mois consécutif, l'effet des subventions sur les carburants ayant compensé la hausse des coûts des matières premières due à la faiblesse du yen.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans se replie d'environ deux points de base, à 4,3225%, et le deux ans cède 1,9 pb, à 3,8094%.
Le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a déclaré lundi que la banque centrale américaine était bien placée pour garder une position attentiste afin d'évaluer l'impact de la guerre en Iran sur l'économie et l'inflation.
Ces deux maturités ont toutefois gagné à ce stade sur l'ensemble du mois respectivement 37 points de base, la hausse mensuelle la plus importante depuis décembre 2024, et plus de 40 points de base, le gain mensuel le plus élevé depuis octobre 2024.
Le rendement du Bund allemand à dix ans est pratiquement stable mardi, à 3,0307%, après une baisse de six points de base la veille.
PÉTROLE
Le marché pétrolier rebondit légèrement mardi au lendemain d'une séance volatile alors que les investisseurs évaluent les dernières déclarations du président américain Donald Trump.
Le Brent progresse de 0,37% à 113,20 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) est stable à 102,79 dollars.
Le Brent se dirige vers sa plus forte hausse mensuelle historique, le WTI vers son plus haut niveau depuis 2020.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 31 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
FR 06h45 Dépenses de consommation février -0,3% 0,5%
FR 06h45 Inflation harmonisée (flash) mars
- sur un mois 1,0% 0,7%
- sur un an 1,9% 1,1%
FR 06h45 Prix à la production février
- sur un mois - 0,5%
- sur un an - -2,3%
DE 07h55 Chômage mars 6,3% 6,3%
EZ 09h00 Inflation en zone euro mars
(flash)
- sur un an 2,6% 1,9%
USA 14h00 Enquête Jolts février 6,918 mlns 6,946
mlns
USA 14h00 Confiance du consommateur mars 88,0 91,2
* première estimation
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)
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