19 mars (Reuters) - Emmanuel Macron a de nouveau appelé jeudi soir à la désescalade au Moyen-Orient, alors que la guerre en Iran a provoqué une flambée des prix de l'énergie.
"La position de la France est strictement défensive. Elle vise à protéger nos ressortissants et nos intérêts, à soutenir nos alliés régionaux et à préserver la liberté de navigation et la souveraineté maritime et tout faire pour aider à la désescalade", a-t-il rappelé lors d'une conférence de presse organisée à l'issue du premier jour du sommet européen qui s'est ouvert jeudi à Bruxelles.
Le président français déclaré que la France était prête à prendre la responsabilité d'un système d'escorte des navires dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal 20% du pétrole mondial, une fois que la situation serait plus calme.
"En revanche, nous ne participerons à aucune ouverture de force du détroit dans le contexte des opérations de guerre et des bombardements en cours", a dit le chef de l'Etat.
Emmanuel Macron a également appelé à la cessation immédiate des hostilités au Liban, rappelant le soutien de la France au peuple libanais et à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du pays.
LE SOUTIEN À L'UKRAINE CONTINUE
Emmanuel Macron a souligné que, bien que la situation au Moyen-Orient soit au coeur des discussions, elle ne détournait pas l'attention du soutien à l'Ukraine.
"Nous continuons de travailler à des garanties de sécurité robustes avec la coalition des volontaires et de fournir un soutien financier et militaire qui correspond aux besoins de l'Ukraine", a dit le chef de l'Etat.
Il a insisté sur nécessité de voir le prêt de 90 milliards d'euros destiné à permettre à l'Ukraine de poursuivre sa lutte contre l'invasion russe être "mis en oeuvre sans délai".
Les dirigeants des Vingt-Sept avaient approuvé le principe de ce prêt en décembre, mais Viktor Orban, qui cultive de bonnes relations avec Moscou, en a bloqué l'adoption formelle le mois dernier en prenant pour prétexte la fermeture de l'oléoduc Droujba qui alimente son pays en pétrole russe via l'Ukraine, Kyiv disant qu'il a été endommagé par un bombardement russe.
Cette volte-face de Budapest, qui met en question la crédibilité du Conseil européen tout en fragilisant l'Ukraine, a suscité la colère de la plupart des autres dirigeants des Vingt-Sept.
"Si les préoccupations de sécurité énergétique dans l'UE doivent être prises en compte, elles ne remettent pas en cause notre soutien et ne doivent pas être instrumentalisées", a estimé Emmanuel Macron.
LES PRIX DE L'ÉNERGIE EN QUESTION
Le Conseil européen a échangé sur les mesures à prendre concernant les prix de l'énergie alors que les prix du gaz et du pétrole se sont envolés jeudi sous l'effet d'une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient.
Des frappes aériennes iraniennes ont visé des installations énergétiques des pays du Golfe en représailles à une attaque perpétrée la veille contre une importante installation gazière iranienne.
Emmanuel Macron s'est voulu rassurant sur la question de l'approvisionnement, déclarant que le bloc pouvait compter sur ses stocks de précaution et ses réserves stratégiques.
"S'agissant du prix de l'énergie, les réponses doivent se concentrer sur des mesures d'urgence pour atténuer l'impact économique", a indiqué le président français.
Il a toutefois rappelé que l'objectif restait la réduction des dépendances aux énergies fossiles.
(Rédigé par Camille Raynaud)
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