par Tassilo Hummel
PARIS, 13 avril (Reuters) - Le géant français du luxe LVMH a déclaré lundi subir les répercussions du conflit au Moyen-Orient, les ventes dans le Golfe ayant chuté et de nombreux touristes fortunés de la région ayant suspendu leurs dépenses en Europe.
Les ventes trimestrielles du conglomérat, propriétaire des marques Louis Vuitton et Dior entre autres, ont augmenté de 1% après ajustement des fluctuations monétaires.
Ce chiffre est légèrement inférieur aux prévisions des analystes qui tablaient sur une hausse de 1,5%, selon un consensus de Visible Alpha.
Toutefois, le conflit en Iran a eu un impact négatif d'environ 1% sur les ventes totales du groupe, sans tenir compte des effets indirects tels que la baisse du tourisme dans d'autres pays, a indiqué LVMH.
Reuters a rapporté lundi nL8N40V09H que les ventes dans les centres commerciaux de Dubaï avaient chuté de près de 50% depuis le début du conflit, le 28 février. LVMH a confirmé que la fréquentation des centres commerciaux avait fortement diminué, ajoutant que si la région ne représente que 6% de son volume d'affaires, l'impact sur les marges bénéficiaires serait probablement plus important compte tenu de l'excellente rentabilité de la région.
Le conflit a également pesé sur les ventes en Europe, qui ont reculé de 3%, principalement en raison de la guerre et de la vigueur de l'euro, a indiqué LVMH.
L'action LVMH cotée aux États-Unis perd près de 3% à la suite de la publication du rapport sur les ventes, entraînant également dans son sillage les autres entreprises du secteur.
L'action Kering cotée aux États-Unis, propriétaire de Gucci, recule également de 4%.
LVMH est le premier grand groupe de luxe à publier ses résultats du premier trimestre, avant Kering et Hermès plus tard cette semaine.
MODE ET MAROQUINERIE EN RECUL
La publication de LVMH vient souligner que le secteur, pesant 400 milliards de dollars, risque de connaître une nouvelle année mouvementée - ce qui alimente les inquiétudes des investisseurs quant à l'impact du conflit sur la reprise naissante du secteur.
La plupart des analystes continuent d'affirmer que 2026 sera une année de croissance pour le luxe, y compris pour LVMH, après plus de deux ans de stagnation.
LVMH a indiqué que la plupart des catégories et des régions, y compris la Chine, avaient connu une amélioration, sans tenir compte de l'impact de la guerre.
L'action du conglomérat, dirigé et contrôlé par le milliardaire Bernard Arnault, a chuté de 26% depuis le début de l'année, ce qui en fait l'une des grandes capitalisations les moins performantes d'Europe.
Les ventes de la division Mode & Maroquinerie de LVMH, qui représentait l'année dernière environ 80% des bénéfices, ont reculé de 2% en croissance organique, tandis que les analystes tablaient sur une baisse de 1%.
Il s'agit du septième trimestre consécutif de baisse des ventes de cette division.
Les performances individuelles des marques phares Louis Vuitton et Dior, qui fait actuellement peau neuve sous la houlette du créateur Jonathan Anderson, ont été conformes à celles de la division dans son ensemble, a indiqué la société.
Les ventes aux États-Unis ont toutefois affiché une croissance organique de 3%, a déclaré le groupe, ajoutant que la guerre n'avait jusqu'à présent pas perturbé le climat de consommation outre-Atlantique.
Les dépenses de luxe aux États-Unis ont augmenté de manière constante au cours du premier trimestre, selon les données de cartes de crédit citées par les analystes de Citi, les consommateurs dépensant davantage pour des achats individuels.
(Rédigé par Tassilo Hummel et Dominique Patton, avec la contribution de Noel Randewich ; version française Coralie Lamarque, édité par Sophie Louet)
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