SINGAPOUR, 8 avril (Reuters) - Les cours du pétrole et du gaz reculent fortement mercredi, reflétant le soulagement des investisseurs face au cessez-le-feu de deux semaines conclu dans la nuit entre les États-Unis et l'Iran.
Les prix du pétrole évoluent ainsi sous la barre des 100 dollars le baril, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, chutant de 13,91% à 94,07 dollars le baril à 10h05 GMT et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) abandonnant 16,49% à 94,38 dollars.
Le Brent a touché plus tôt en séance son plus bas niveau depuis près d'un mois, à 91,70 dollars, après avoir évolué la veille autour des 110 dollars.
Les prix du gaz chutent également avec les espoirs d'une détente durable, le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence pour l'Europe, perdant plus de 15% à 45,25 euros par mégawattheure (MWh).
Le président américain Donald Trump a annoncé une trêve avec la République islamique moins de deux heures avant l'expiration de l'ultimatum (mercredi 00h00 GMT) fixé à Téhéran pour parvenir à un accord et rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé de facto par l'Iran et par lequel transitent 20% du pétrole mondial, sous peine d'anéantir la "civilisation" iranienne.
La guerre lancée par les États-Unis et Israël fin février a bouleversé les marchés de l'énergie, qui connaissent depuis lors une forte volatilité ayant propulsé les prix du Brent à un pic de 119,50 dollars le baril le 9 mars dernier, leur plus haut niveau depuis mi-2022.
Une proposition en dix points transmise par Téhéran va être discutée lors de négociations devant s'ouvrir vendredi au Pakistan, a indiqué la presse officielle iranienne.
PRIME DE RISQUE PERSISTANTE
En attendant de voir comment ces pourparlers vont évoluer et dans quelle mesure la navigation dans le détroit d'Ormuz sera rétablie, les investisseurs s'interrogent sur les conséquences à plus long terme de l'utilisation du détroit comme moyen de pression par Téhéran.
"Même avec un accord de paix, l'Iran pourrait se sentir encouragé à menacer le détroit d'Ormuz plus fréquemment à l'avenir, et le marché intégrera dans ses prix un risque accru", a déclaré Saul Kavonic, analyste chez MST Marquee.
Ray Sharma-Ong, analyste chez Aberdeen Investments, estime qu'un retour des prix aux niveaux d'avant-crise - autour des 72 dollars le baril pour le Brent - paraît peu probable.
"Les perturbations physiques et logistiques ne disparaîtront pas du jour au lendemain. À cela s'ajoutent des coûts de transport plus élevés, des primes d'assurance liées au risque de guerre, des retards, des congestions, des réacheminements inefficaces, des stratégies de stockage préventif et une prime de risque géopolitique persistante, autant de facteurs qui devraient maintenir les prix du pétrole à un niveau durablement supérieur à celui d'avant conflit", dit-il.
Les armateurs Hapag-Lloyd et Maersk se sont tous deux montrés prudents mercredi quant à une reprise rapide du trafic maritime dans le détroit.
La chute des prix de l'énergie entraîne dans son sillage les actions des producteurs européens de pétrole et de gaz, tels que TotalEnergies (-4,9%) et Shell (-5,39%), tandis que leurs homologues américains sont indiqués sur de fortes baisses dans les échanges avant l'ouverture de la Bourse de New York.
(Helen Clark à Perth et Jeslyn Lerh à Singapour ; version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
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