par Diana Mandia
25 mai (Reuters) - Les Bourses européennes progressent nettement lundi à mi-séance, portées par l'espoir que l'Iran et les États-Unis parviennent bientôt à un accord pour mettre fin à leur conflit, ce qui fait repasser les cours du pétrole sous la barre des 100 dollars le baril et stimule l'appétit pour le risque.
À Paris, le CAC 40 gagne 1,62% à 8.247,06 points vers 11h28 GMT. A Francfort, le Dax avance de 1,44% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,22%.
L'indice EuroStoxx 50 est en hausse de 1,50%, le FTSEurofirst 300 gagne 0,88% et le Stoxx 600 avance de 0,86%, atteignant, à 630,51 points, son plus haut niveau depuis plus de deux mois.
L'indice paneuropéen se rapproche ainsi du niveau d'avant le début de la guerre entre Israël et les États-Unis contre l'Iran, soit des 636,16 points atteints au cours de la séance du 27 février dernier.
Le président américain Donald Trump a déclaré au cours du week-end que Washington et Téhéran avaient posé les bases d'un protocole d'entente pour mettre fin à leur conflit, tout en soulignant qu'il n'y avait pas d'urgence à sceller un accord avec l'Iran.
"L'accord avec l'Iran sera soit excellent et significatif, soit il n'y aura pas d'accord", a insisté lundi le locataire de la Maison blanche.
Même si Téhéran a également tenté de tempérer les attentes quant à une avancée imminente et que le programme nucléaire iranien reste un obstacle majeur, les investisseurs se montrent soulagés à l'idée d'un accord qui permettrait la reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz, crucial pour le transport du pétrole et du gaz, ce qui s'est traduit par une forte baisse des cours du pétrole ce lundi.
Les cours reculent de plus de 5% vers 11h27, le contrat du Brent de la mer du Nord, référence du marché, s'échangeant à 97,81 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) ressort à 91,29 dollars.
Le moral des investisseurs est également porté par la publication de données maritimes montrant que deux méthaniers ont traversé le détroit d'Ormuz, tandis qu'un superpétrolier transportant du brut irakien à destination de la Chine a quitté le Golfe samedi après y être resté bloqué pendant près de trois mois.
La confiance des investisseurs se redresse ainsi après des semaines d'impasse et d'escalade verbale entre les deux parties, un flou qui maintenait les prix de l'énergie à des niveaux élevés et alimentait les craintes d'inflation, mettant sous pression le marché de la dette souveraine.
Les marchés financiers américains sont fermés après avoir clôturé en hausse vendredi dans l'espoir d'un accord, et la Bourse de Londres est également fermée, tout comme les marchés de Chine continentale, ce qui se traduit par un faible volume de transactions en ce lundi de Pentecôte.
VALEURS EN EUROPE
La plupart des secteurs du Stoxx 600 progressent dans un contexte d'optimisme, emmenés par les banques (+1,71%) et le voyage (+1,82%).
Les compagnies aériennes Lufthansa et Air France-KLM grimpent respectivement de 3,75% et 7,56% avec le recul des prix du pétrole.
Les tensions qui se sont encore intensifiées en Ukraine ce week-end soutiennent les valeurs du secteur de la défense, qui avancent de 1,89%.
Le secteur de l'énergie est pénalisé par la baisse des cours du pétrole et perd 0,49%. À Paris, TotalEnergies affiche la pire performance du CAC 40, abandonnant 1,5%.
Concernant les valeurs individuelles, Abivax avance de 5,3% après la présentation de ses résultats financiers pour le premier trimestre.
Ailleurs en Europe, l'action Delivery Hero grimpe de plus de 11% après la publication la veille d'un article du quotidien Financial Times (FT) indiquant qu'Uber envisage d'améliorer son offre pour l'entreprise allemande de livraisons de repas, après le refus par l'un des principaux actionnaires d'une proposition valorisant le groupe à 11,5 milliards d'euros.
TAUX L'apaisement des tensions entraîne un recul marqué des rendements obligataires en Europe, qui ont connu une hausse fulgurante depuis fin février car les investisseurs ont dû revoir leurs prévisions et s'attendent désormais à une hausse des taux d'intérêt lors de la réunion de la BCE en juin pour freiner l'inflation.
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence de la zone euro, per près de 9 points de base à 2,9463%, tandis que celui de l'obligation à 2 ans abandonne 9,4 points de base à 2,5463%.
Les nouveaux espoirs d'un accord entre les États-Unis et l'Iran atténuent quelque peu les anticipations d'un resserrement monétaire agressif de la part de la banque centrale. Les marchés monétaires tablent sur un taux de dépôt de 2,57% en décembre, contre 2,67% vendredi soir et 2% actuellement et indiquent une probabilité de 70% d'une première hausse le mois prochain, contre 80% auparavant.
Le marché obligataire américain est fermé lundi.
La Réserve fédérale (Fed) devrait attendre encore un peu avant de relever ses taux d'intérêt et, selon toutes les prévisions, elle devrait les maintenir inchangés en juin, lors de la première réunion de Kevin Warsh en tant que président de l'institution.
CHANGES Le dollar perd 0,26% face à un panier de devises de référence alors que l'espoir d'un accord pour rouvrir le détroit d'Ormuz fait chuter les prix du pétrole et apaise les craintes d'inflation.
L'euro perd 0,35% à 1,1643 dollar.
AUNCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 25 MAI:
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
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