par Diana Mandia et Coralie Lamarque
3 mars (Reuters) - Wall Street est attendue dans le rouge et les Bourses européennes sont également en nette baisse mardi à mi-séance, le CAC 40 reculant d'environ 3%, les craintes concernant les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l'inflation et la croissance plombant le moral des investisseurs.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse 1,69% pour le Dow Jones, de 1,6% pour le Standard & Poor's-500 et de 2,04% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 2,89% à 8.151,81 points vers 12h07 GMT après avoir chuté de plus de 3% plus tôt dans la journée.
À Francfort, le Dax recule de 3,57% et à Londres, le FTSE 100 cède 2,59%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 3,33%, le FTSEurofirst 300 recule 2,95% et le Stoxx 600 abandonne 2,97%.
Le conflit au Moyen-Orient pèse sur les marchés d'actions européens pour la deuxième séance consécutive, sur fond de retour en force des craintes inflationnistes, alors que le pétrole repart à la hausse d'environ 8% et que les opérations militaires se poursuivent dans une région clé pour l'approvisionnement et le transport maritime de brut.
Les bombardements sur Téhéran et d'autres grandes villes iraniennes, ainsi que le déploiement par Israël de renforts dans le sud du Liban, ont encore intensifié l'angoisse des investisseurs, déjà vive après qu'un responsable des Gardiens de la révolution iranienne a déclaré lundi que le détroit d'Ormuz était fermé au trafic maritime et que le pays tirerait sur tout navire qui tenterait de le traverser.
Le Brent grimpe de 8,53% à 84,37 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 8,31% à 77,15 dollars.
Les prix des autres sources d'énergie s'envolent également. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne en matière de prix du gaz naturel, prend près de 40% mardi pour atteindre 60,2 euros par mégawattheure (MWh).
Le risque que ces hausses se répercutent sur les prix généraux effraie les investisseurs, car le retour de l'inflation pourrait conduire les banques centrales à ajuster leurs prévisions en matière de politique monétaire.
Philip Lane, chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE) a dit dans une interview publiée mardi dans le quotidien Financial Times (FT), qu'une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait entraîner une forte hausse de l'inflation dans la zone euro et freiner la croissance économique, surtout à court terme.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
Aux valeurs, les banques souffrent avec les craintes économiques déclenchées par le conflit au Moyen-Orient, signant l'une des pires performances du Stoxx 600 avec un recul de 4,54%.
La défense amplifie encore ses pertes de début de séance et perd 2,68%, malgré un bref bond des valeurs du secteur à l'ouverture des marchés.
Le secteur aérien reste pénalisé par les perturbations des liaisons dans la région du Moyen-Orient et par la hausse des prix du carburant.
TAUX
Les rendements obligataires restent en hausse mardi, la flambée des prix du pétrole due au conflit au Moyen-Orient renforçant les craintes d'une inflation plus élevée, susceptible à son tour de perturber les prévisions de politique monétaire des banques centrales.
Le rendement du Bund allemand à dix ans grimpe de 8 points de base à 2,7878%, tandis que celui de l'obligation à deux ans s'envole de 9,2 points de base à 2,1774%.
Leurs gains se sont encore amplifiés après la publication des données préliminaires sur l'inflation du bloc en février, qui a accéléré de façon inattendue en glissement annuel.
Le mouvement est similaire aux Etats-Unis.
Le rendement des Treasuries à dix ans prend 5,2 points de base à 4,1036%, et son homologue à deux ans gagne 8 points de base à 3,5677%.
CHANGES Le dollar bénéficie de la demande pour les valeurs refuges et s'apprécie de 0,86% face à un panier de devises de référence.
L'euro perd 0,78% à 1,1596 dollar.
La forte remontée du dollar après les frappes américaines contre l'Iran rassure les investisseurs quant au fait que la devise reste une valeur refuge de référence, surtout après avoir été malmené à la suite des droits de douane américains l'année dernière.
À l’inverse, l'euro et le yen prolongent leur baisse, les deux devises se trouvant pénalisées par la dépendance de leurs économies aux importations énergétiques en provenance du Moyen-Orient et par l'incertitude quant à la manière dont les banques centrales pourraient réagir face à la reprise des pressions sur les prix.
"L'Europe et le Japon se distinguent des autres grandes économies par leur besoin important en termes d'importation énergétique", a déclaré Rodrigo Catril, stratège monétaire à la National Australia Bank, dans un podcast.
Le ministre japonais des Finances, Satsuki Katayama, a par ailleurs laissé entendre que l'intervention sur le marché des devises restait une option pour défendre le yen.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 3 MARS
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá et Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
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