par Michael S. Derby
23 mars (Reuters) - Il est prématuré de tirer des conclusions concernant l'impact de la flambée des prix du pétrole sur l'économie américaine, a affirmé lundi le gouverneur de la Réserve fédérale (Fed) Stephen Miran, ajoutant qu'un ralentissement du marché du travail justifiait de nouvelles baisses des taux.
"Nous devrions attendre de disposer de toutes les informations avant de modifier réellement nos perspectives", a-t-il déclaré lors d'une interview accordée à Bloomberg.
Evoquant la forte hausse des prix de l'énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, Stephen Miran estime "qu'il est encore trop tôt pour se faire une idée précise de ce à quoi cela ressemblera dans douze mois", période examinée par les responsables de politique monétaire.
"Traditionnellement, on ferait abstraction d'un choc pétrolier comme celui-ci, ce qui signifie que les perspectives politiques antérieures restent inchangées et qu'elles consisteraient en des baisses graduelles des taux d'intérêt."
La Fed a maintenu la semaine dernière la fourchette de ses taux d'intérêt entre 3,5% et 3,75%, les responsables anticipant collectivement une seule baisse des taux cette année.
Mais le conflit au Moyen-Orient a provoqué une hausse des prix de l'énergie menaçant de faire grimper l'inflation, qui dépasse déjà l'objectif de 2% de la banque centrale américaine.
Lors de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), Stephen Miran a été le seul membre à voter en faveur d'une baisse des taux. Cet ancien conseiller de la Maison blanche est partisan d'une politique marquée de baisses des taux défendue par le président Donald Trump.
"Je pense que le marché du travail a encore besoin d'un soutien supplémentaire de la part de la politique monétaire, et c’est pourquoi j'ai exprimé mon désaccord lors de la dernière réunion", a-t-il dit lundi.
"Les risques d'inflation sont devenus un peu plus préoccupants, mais les risques liés au chômage le sont également, car le choc négatif sur l'offre que représente le prix du pétrole est aussi un choc négatif sur la demande", a-t-il fait valoir.
(Rédigé par Michael S. Derby ; version française Blandine Hénault, édité par Benoit Van Overstraeten)
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