TOKYO, 6 avril (Reuters) - La Banque du Japon (BoJ) a déclaré lundi que la flambée des prix du pétrole et les perturbations de l'approvisionnement provoquées par le conflit au Moyen-Orient pourraient nuire à l'économie, ce qui risque de compliquer son projet de hausse des taux d'intérêt.
Cette évaluation, présentée dans un rapport s'appuyant sur les conclusions des antennes régionales de l'institution monétaire, contraste également avec le ton "hawkish" du conseil des gouverneurs à l'issue de la réunion de mars, qui a mis surtout l'accent sur les risques inflationnistes liés à la guerre.
Selon le rapport trimestriel de la BoJ, dans plusieurs régions, les entreprises subissent déjà la pression liée à la hausse des coûts des intrants et aux perturbations de l'approvisionnement en matières premières, conséquence de la guerre qui fait rage depuis plus de cinq semaines au Moyen-Orient et qui perturbe le transport et la production d'hydrocarbures.
"Alors que l'incertitude s'accentue, certaines entreprises craignent que la hausse des prix, principalement de l'énergie, ne nuise aux bénéfices des entreprises et à la consommation", souligne le rapport, publié lundi.
Dans la préfecture occidentale d'Osaka, par exemple, un fabricant de produits chimiques a réduit sa production en raison de l'incertitude quant à l'arrivée des matières premières, tandis qu'une entreprise de transport a déclaré que ses coûts pourraient augmenter en raison du réacheminement des exportations qui transitaient initialement par Dubaï.
"L'impact semble limité pour l'instant. Mais si le conflit s'intensifie ou se prolonge, les répercussions sur l'activité économique pourraient s'étendre", a déclaré Kazuhiro Masaki, directeur de l'antenne de la BoJ à Osaka.
"Il ne s'agit pas seulement de l'impact sur les prix, mais aussi de la disponibilité des marchandises", a-t-il souligné.
Ce rapport, basé sur des enquêtes menées par les succursales régionales jusqu'à fin mars, figurera parmi les facteurs que la banque centrale japonaise examinera pour décider d'une éventuelle hausse des taux lors de sa prochaine réunion de politique monétaire les 27 et 28 avril.
L'impact économique de la guerre pourrait compliquer le projet de hausse des taux de la BoJ, même si les pressions inflationnistes - exacerbées par la hausse des cours du pétrole et la faiblesse du yen — ont conduit les marchés à estimer à environ 70% la probabilité d'une hausse des coûts d'emprunt en avril.
(Reportage Leika Kihara; version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)
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