par Claude Chendjou
PARIS, 2 avril (Reuters) - Les Bourses européennes, hormis Londres riche en valeurs pétrolières, ont terminé dans le rouge jeudi une séance dominée par un regain d'aversion au risque, alors que la perspective d'un règlement rapide du conflit en cours au Moyen-Orient s'est éloignée au regard des dernières déclarations du président américain Donald Trump.
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,24% à 7.962,39 points. Le Footsie britannique a avancé de 0,69% porté par les valeurs d'hydrocarbures dans un contexte de flambée des cours du pétrole. Le Dax allemand a reflué de 0,56%.
L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,70%, le FTSEurofirst 300 0,19% et le Stoxx 600 0,18%.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,52%, le Standard & Poor's 500 de 0,37% et le Nasdaq de 0,43%. Le secteur des semi-conducteurs sur le S&P 500 décroche de 0,70 et celui du transport aérien de 2,89%, tandis qu'à l'opposé le compartiment de l'énergie prend 0,20%.
En Europe, sur l'ensemble de la semaine, le CAC 40 a cependant gagné 3,38% et le Stoxx 600 3,71%, les deux indices ayant profité de l'optimisme en début de semaine lié à la déclaration de Donald Trump d'un conflit qui pourrait durer encore deux ou trois semaines.
La plupart des marchés financiers dans le monde seront fermés dès vendredi à l'occasion du Vendredi Saint et du long week-end qui suivra, les places européennes ne devant rouvrir que mardi.
La séance du jour en Bourse a évolué en dents de scie, au gré des déclarations des différents belligérants, alors que le conflit est entré dans son deuxième mois.
Les principaux indices ont effacé à l'approche de la clôture une partie de leurs pertes à mesure que les investisseurs évaluaient la portée des dernières indications selon lesquelles le transport d'énergie par le détroit d'Ormuz pourrait être rétabli.
Au moment de la clôture des Bourses en Europe, un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé que l'Iran élaborait un protocole avec Oman pour surveiller le trafic dans le détroit d'Ormuz, selon l'agence iranienne Irna. La Grande-Bretagne a également déclaré qu'une quarantaine de pays discutaient d'une action commune pour rouvrir le détroit afin d'empêcher l'Iran de prendre "l'économie mondiale en otage".
La tendance de fond montre cependant que les espoirs d'une fin rapide de la guerre au Moyen-Orient se sont dissipés jeudi après une allocution de Donald Trump prévenant que les Etats-Unis continueraient de frapper l'Iran, ce qui a poussé à nouveau le prix du baril de pétrole bien au-delà de 100 dollars.
Les forces armées iraniennes ont réagi en avertissant les États-Unis et Israël que des attaques "plus vastes et plus dévastatrices" les attendaient.
Parallèlement, Israël a dit avoir identifié des missiles tirés d'Iran vers son territoire, tandis que Ryad a annoncé l'interception de quatre drones et qu'à Abou Dhabi, les systèmes de défense antiaérienne ont intercepté un missile près d'une zone économique.
"Les propos de Trump n'ont pas rassuré les marchés (…), les marchés commencent à réaliser que la guerre va probablement s'intensifier encore avant une désescalade", résume Carol Kong, stratège chez Commonwealth Bank of Australia.
Dans ce contexte, les indices de la volatilité sur les actions en Europe et aux Etats-Unis sont repartis à la hausse, frôlant en séance un pic d'un mois, tandis que le dollar, actif refuge, se raffermissait et que les rendements obligataires se tendaient à nouveau.
VALEURS EN EUROPE
Stellantis a avancé de 4,08% après l'agence Bloomberg a rapporté que le constructeur automobile franco-italo-américain discutait des options pour construire des véhicules électriques au Canada avec son partenaire chinois Zhejiang Leapmotor Technology. Les chiffres des immatriculations du mois de mars ont par ailleurs montré un redressement des ventes de Stellantis aux Etats-Unis et le groupe a surperformé le marché italien.
Airbus a abandonné 1,64%, Goldman Sachs ayant retiré le constructeur aéronautique de sa liste de conviction européenne.
Le groupe énergétique finlandais Fortum a bondi de 6,14%, Citi ayant relevé sa recommandation de "vendre" à "neutre", évoquant la possibilité de surprises positives au niveau des résultats, stimulées par la hausse des prix de l'électricité.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les inscriptions au chômage ont diminué aux Etats-Unis la semaine dernière, à 202.000 contre 211.000 (révisé) la semaine précédente, selon le département du Travail.
Le déficit du budget de l'Etat français s'est établi à 32,115 milliards d'euros fin février, selon les données publiées par le ministère de l'Action et des Comptes publics.
CHANGES
Le dollar progresse de 0,30% face à un panier de devises internationales, après avoir dépassé en séance la barre des 100 points, ce qui pourrait lui permettre de signer sa meilleure performance quotidienne depuis le 18 mars.
L'euro recule de 0,33%, à 1,1550 dollar et la livre sterling s'échange à 1,3240 dollar, en baisse de 0,47%.
TAUX
Les rendements obligataires en Europe et aux Etats-Unis ont été volatils jeudi au gré des différentes déclarations sur la situation au Moyen-Orient.
A la clôture des Bourses en Europe, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans se repliait de 1,4 point de base, à 4,30%, après avoir fluctué en séance entre 4,28% et 4,38%.
Celui du Bund allemand de même échéance a fini pratiquement stable, à 2,99%, tandis que le deux ans a avancé de 1,6 point de base, à 2,62%.
Les marchés anticipent désormais trois hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) cette année, tandis que le gouverneur de la Banque de France (BdF), François Villeroy de Galhau, a déclaré jeudi qu'"à l'évidence, le prochain changement de taux directeurs de l'institution de Francfort a désormais de fortes chances d'être à la hausse", tout en jugeant le calendrier d'une telle hausse prématuré.
Le gouverneur de la Banque d'Italie, Fabio Panetta, a pour sa part mis en garde jeudi contre les risques de liquidité dans le crédit privé.
PÉTROLE
Le marché pétrolier monte jeudi avec l'incertitude au Moyen-Orient qui ravive les craintes d'une rupture dans l'approvisionnement en brut.
Le Brent bondit de 6,33% à 107,59 dollars le baril, après avoir pris plus de 8% en séance, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grimpe de 11,22% à 111,4 dollars.
A SUIVRE MARDI:
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)
Copyright © 2026 Thomson Reuters