par Claude Chendjou
PARIS, 8 avril (Reuters) - Les principales Bourses européennes ont enregistré mercredi d'importants gains, les investisseurs se montrant euphoriques après l'annonce d'un cessez-le-feu provisoire au Moyen-Orient, tandis que les cours du pétrole sont repassés sous le seuil psychologique des 100 dollars le baril.
À Paris, le CAC 40 a fini sur un gain de 4,49% à 8.263,87 points. Le Footsie britannique a avancé de 2,51% et le Dax allemand de 4,74%.
L'indice EuroStoxx 50 a gagné 4,60%, le FTSEurofirst 300 3,68%, tout comme le Stoxx 600, qui a enregistré en séance sa plus forte hausse depuis mars 2022.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones avance de 2,65%, le Standard & Poor's 500 de 2,38% et le Nasdaq de 2,84%. L'indice Russell 2000 des petites et moyennes valeurs bondit de 2,97% après avoir touché en séance un sommet de plus d'un mois, tandis que les trois autres grands indices de Wall Street sont également proches d'un pic d'un mois.
Le président américain Donald Trump a dit avoir accepté de suspendre la "puissance destructrice" qu'il entendait déployer contre l'Iran, annonçant un cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran à condition que le détroit d'Ormuz soit rouvert immédiatement et en toute sécurité.
Un haut responsable iranien a déclaré à Reuters que le détroit pourrait être ouvert jeudi ou vendredi en amont des pourparlers de paix au Pakistan entre l'Iran et les Etats-Unis si un cadre de cessez-le-feu était trouvé.
Cela a suffi à satisfaire les investisseurs qui se sont rués sur pratiquement tous les actifs financiers risqués, faisant reculer fortement les "indices de la peur" à Wall Street et sur l'Eurostoxx 50, tombés nettement sous la barre des 25 points. Parallèlement, le dollar, valeur refuge, a été délaissé, tandis que bitcoin est remonté largement au-dessus de 70.000 dollars.
Après plus de cinq semaines de guerre et des déclarations contradictoires sur l'évolution de la situation au Moyen-Orient, l'heure était mercredi à l'euphorie sur les places financières partout dans le monde, de l'Asie, aux Etats-Unis, en passant par les pays du Golfe ou encore l'Europe, malgré la fragilité de l'actuel cessez-le-feu.
Certains analystes se demandent toutefois si la tendance observée ce mercredi pourrait durer, Téhéran menaçant déjà Israël de frappes en raison des attaques de l'Etat hébreu au Liban.
"Compte tenu de la complexité des problèmes, il est peu probable qu'un cessez-le-feu de deux semaines suffise à convaincre les investisseurs qu'ils peuvent se remettre à l'eau en toute sécurité", souligne David Morrison, analyste marchés chez Trade Nation.
VALEURS EN EUROPE
Les secteurs en Europe exposés au pétrole, aux craintes d'une résurgence de l'inflation et à une possible dégradation de l'économie ont profité des annonces en provenance du Moyen-Orient: le compartiment du transport et des loisirs en Europe a avancé de 6,98%, celui de l'industrie de 6,83% et celui de la banque de 6,21%. A l'opposé, le secteur de l'énergie a cédé 1,97%.
Dans l'actualité des entreprises, Rémy Cointreau a grimpé de 5,51% à la faveur du lancement d'un programme de transformation visant à réduire sa dépendance aux cycles macroéconomiques.
Eramet a pris 2,09%, le groupe minier assurant conserver le soutien de ses principaux actionnaires alors que la famille Duval a fait appel à des banquiers en vue de la cession de sa participation de 37%, selon le Financial Times. Le secteur des ressources de base a par ailleurs fini sur un gain de X%.
Emeis, ex-Orpea, a gagné 6,96%, après avoir dit anticiper une croissance de son Ebitdar supérieure à 10% à périmètre constant pour cette année.
Spie a bondi de 7,32%, profitant du relèvement de la recommandation de Morgan Stanley à "surpondérer".
Reckitt Benckiser a progressé de 3,56% après une information de la Lettre selon laquelle Danone (-0,37%) est intéressé par la division lait infantile du fabricant britannique de biens de consommation.
Shell a chuté de 4,68%, le groupe ayant abaissé sa prévision de production de gaz pour le premier trimestre en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les prix à la production en zone euro ont reculé sur un mois en février, de 0,7%, conformément aux prévisions, montrent les données d'Eurostat.
Les ventes au détail dans la zone euro ont diminué sur un mois en février, de 0,2% après une stabilité en janvier, selon les données d'Eurostat.
CHANGES
Le dollar perd 1,06% face à un panier de devises internationales, touchant un creux d'un mois, en réaction à l'accord de cessez-le-feu au Moyen-Orient.
L'euro grimpe de 0,83%, à 1,1690 dollar, à un pic depuis début mars, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3437 dollar, en hausse de 1,11%.
Le bitcoin se négocie à 71.285 dollars, après avoir touché en séance un sommet d'environ trois semaines, à 72.812,55 dollars.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, a cédé en clôture 14 points de base, à 2,94%, et le deux ans a fini en repli à 2,49%.
Le même mouvement a été constaté sur le Gilt britannique à dix ans, qui a perdu plus de 20 points de base, à 4,70%, tandis que le taux des Treasuries américains à dix ans abandonnait 7,2 points de base, à 4,26%.
Les opérateurs ont revu à la baisse leurs prévisions concernant les hausses futures des taux directeurs des banques centrales avec le reflux des cours du pétrole qui apaise les craintes d'une résurgence de l'inflation.
PÉTROLE
Le marché pétrolier a lourdement chuté avec l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines dans les frappes américaines contre l'Iran sous réserve de la réouverture du détroit d'Ormuz.
A la clôture des Bourses en Europe, le Brent plongeait de 13,05% à 95,09 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) déclinait de 15,6% à 94,34 dollars.
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(Rédigé par Claude Chendjou)
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