par Claude Chendjou
PARIS, 9 avril (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse modérée jeudi, la trêve entre les Etats-Unis et l'Iran restant fragilisée par les raids israéliens au Liban, tandis que le président Donald Trump a choisi de maintenir la pression sur Téhéran, ce qui a alimenté un léger regain d'aversion au risque.
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,22% à 8.245,8 points. Le Footsie britannique a reculé de 0,05% et le Dax allemand a reflué de 1,14%.
L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,29%, le FTSEurofirst 300 0,15% et le Stoxx 600 0,15% également.
Les grands compartiments de ce dernier indice ont été partagés à parts presque égales entre hausse et baisse, les replis plus significatifs étant le secteur du voyage (-2,28%), les banques (-0,71%), l'industrie (-0,65%), les nouvelles technologies (-1,58%) et le luxe (-1,60%). A l'opposé, le secteur de l'énergie, qui avait reflué la veille de 1,97%, a rebondi de 1,82%.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones grappille 0,11%, le Standard & Poor's 500 0,23% et le Nasdaq 0,28%, dans une séance hésitante où les indices américains ont ouvert dans le rouge.
Outre-Atlantique, les investisseurs analysent également une série de données économiques, dont l'inflation qui a accéléré comme prévu en février, tandis que la croissance économique a ralenti plus que prévu au quatrième trimestre.
En Europe, région très dépendante des fluctuations du pétrole, le secteur de l'énergie a fini en hausse (+1,82%) avec la remontée des cours du brut, de nouveau proches des 100 dollars le baril.
Le retour de la prime de risque géopolitique intervient alors que le président américain Donald Trump a averti que l'armée resterait déployée au Moyen-Orient et prête à frapper davantage, au lendemain de l'annonce d'un fragile cessez-le-feu dans la région. Parallèlement, Téhéran a évoqué de possibles représailles aux vastes bombardements meurtriers menés par Israël au Liban, tandis que dans le détroit d'Ormuz rien n'est venu étayer la perspective d'une reprise normale de la circulation.
"C'est très difficile pour les investisseurs car ils font face à un conflit où les protagonistes ne savent même pas ce qu'ils veulent", résume Peter Kinsella, directeur des investissements chez UBP.
Les indices de la volatilité à Wall Street et sur l'Eurostoxx 50 ont néanmoins continué à refluer, tout comme le dollar, actif refuge, signes que le marché veut croire à une paix durable dans la région.
PÉTROLE
Le pétrole a rebondi jeudi de près de 5%, frôlant de nouveau le seuil psychologique des 100 dollars le baril, les doutes concernant le cessez-le-feu de deux semaines au Moyen-Orient faisant craindre que les flux d'énergie transitant par le détroit d'Ormuz restent restreints.
A la clôture des Bourses en Europe, le Brent ne gagne plus que 0,77% à 95,43 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 3,93% à 98,33 dollars.
CHANGES
Le dollar recule encore, de 0,39% face à un panier de devises internationales, après avoir perdu près de 1% la veille.
L'euro prend 0,38%, à 1,1707 dollar, après un gain de 0,6% mercredi, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3442 dollar (+0,37%), après une hausse de 0,77% la veille.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans a fini en hausse de 6,6 points de base, à 3,01%, et le deux ans a pris 5,1 pb, à 2,54%, annulant une partie de la forte baisse de mercredi alors que les opérateurs se demandant si le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran va tenir.
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans est pour sa part pratiquement stable, à 4,28%, après un repli de 5,4 points la veille.
VALEURS EN EUROPE
OVHcloud a chuté de 5,79% après des échanges volatils à la suite de la publication de ses résultats du premier semestre et l'annonce du lancement d'une unité dédiée au secteur de la défense.
Vallourec a bondi de 5,46%, le groupe métallurgique français ayant signé un accord d'approvisionnement de 800 millions de dollars avec la société géothermique américaine Fervo Energy.
Mercedes-Benz a abandonné 2,10% après avoir fait état d'une nouvelle baisse des ventes de sa principale activité au premier trimestre.
LES INDICATEURS DU JOUR
L'économie américaine a enregistré au quatrième trimestre une croissance moins forte qu'initialement prévu, avec un produit intérieur brut (PIB) en hausse de seulement 0,5%, montrent les données définitives du département du Commerce.
Les prix à la consommation aux États-Unis ont évolué en ligne avec les attentes sur un an en février, avec un indice PCE à 2,8%, montrent les données du département du Commerce.
Les inscriptions au chômage ont augmenté aux Etats-Unis la semaine dernière, à 219.000 contre 203.000 la semaine précédente, selon le département du Travail.
Les exportations allemandes ont augmenté de 3,6% en février par rapport au mois précédent, un chiffre meilleur que prévu, selon les données de l'Office fédéral de la statistique.
La production industrielle allemande a baissé de 0,3% en février par rapport au mois précédent, selon l'Office fédéral de la statistique.
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(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)
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