par Diana Mandia
23 janvier (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en petite baisse vendredi, le Stoxx 600 mettant fin à une série de cinq semaines de gains dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques accrues.
À Paris, le CAC 40 a perdu 0,07% à 8.143,05 points. À Francfort, le Dax a grappillé 0,01% et à Londres, le FTSE 100 a reculé de 0,07%.
L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,27%, le FTSEurofirst 300 0,09% et le Stoxx 600 0,21%.
Le Stoxx 600 a enregistré une baisse hebdomadaire de 1,10% et le CAC 40 de 1,40%.
Le retour des tensions commerciales a marqué une semaine difficile pour les actions et, bien que Donald Trump soit revenu sur sa décision d'imposer des droits de douane supplémentaires à plusieurs pays européens hostiles à ses projets de contrôle du Groenland, les investisseurs restent prudents et se ruent vers des valeurs refuges telles que l'or, qui frôle vendredi les 5.000 dollars l'once, une première.
"Trump est vraiment imprévisible, nous le savons. Nous pouvons encore subir certaines menaces d'une manière ou d'une autre... Il est certain que les Européens restent très prudents dans ce contexte", a déclaré Marie de Leyssac, gestionnaire de portefeuille chez Edmond de Rothschild Asset Management.
Le ton entre Washington et Bruxelles s'est toutefois apaisé, la Maison blanche invoquant en contrepartie un accord-cadre avec l'Otan sur l'île arctique riche en minerais stratégiques, et la Commission européenne annonçant vendredi son intention de suspendre pendant six mois supplémentaires le paquet de représailles douanières qu'elle avait de nouveau menacé d'imposer aux États-Unis en raison du litige sur le Groenland.
Le dossier ukrainien est également à surveiller, car les négociateurs de Kyiv et de Moscou vont discuter d'éventuelles concessions territoriales lors de pourparlers qui ont débuté vendredi à Abou Dhabi, mais aucun compromis ne semble en vue sur ce point crucial pour mettre fin au conflit.
Côté macroéconomique, les investisseurs ont analysé ce vendredi les indices PMI de la zone euro, qui montrent que l'activité économique du bloc a augmenté plus lentement que prévu ce mois-ci, tandis que les pressions sur les prix se sont accrues.
La politique française a certes apporté un certain soulagement au marché obligataire français, avec deux motions de censure contre le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu rejetées vendredi à l'Assemblée nationale après son recours à l'article 49.3 de la Constitution sur la partie "recettes" du projet de loi de finances (PLF) pour 2026.
L'écart de rendement entre les OAT françaises et les Bunds allemands à 10 ans a reculé à 58 points de base après le vote, son plus bas niveau depuis juin 2024.
VALEURS
A Paris, M6 a perdu 1,51% après que Kepler Cheuvreux a abaissé sa recommandation sur la valeur à "alléger".
Ericsson, qui a fait état vendredi d'une hausse organique de 4% de ses ventes au quatrième trimestre et annoncé un plan de rachat d'actions, a grimpé de plus de 10%.
Au niveau sectoriel, les valeurs minières se sont distinguées avec un gain de 1,3%, stimulées par la hausse des prix des métaux tels que l'or et l'argent, tandis que le secteur de l'énergie (+1,3%) a bénéficié de la hausse du pétrole sur fond de tensions entre les Etats-Unis et l'Iran.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,48%, le Standard & Poor's 500 grappille 0,17% et le Nasdaq Composite avance de 0,58%.
Le fabricant de puces Intel plonge de 16% après avoir publié jeudi soir des prévisions de chiffre d'affaires et de bénéfice trimestriels inférieurs aux estimations.
LES INDICATEURS DU JOUR
Outre les PMI de la zone euro, les investisseurs ont appris vendredi que les ventes au détail avaient augmenté de manière inattendue au Royaume-Uni en décembre sur un mois, une hausse qui renforce les signes de reprise économique.
Aux Etats-Unis, le moral des ménages s'est amélioré plus que prévu en janvier, montrent vendredi les résultats définitifs de l'enquête mensuelle de l'Université du Michigan.
CHANGES
Le yen, qui était sous pression après que la BoJ a maintenu ses taux inchangés plus tôt dans la journée, s'est ensuite raffermi face au dollar (+0,22%), alimentant à nouveau les spéculations d'intervention.
Le billet vert, qui s'apprête à enregistrer sa plus forte baisse hebdomadaire depuis juin en raison des tensions géopolitiques, perd 0,34% face à un panier de devises de référence.
L'euro grappille à son tour 0,13% à 1,1769 dollar.
La livre sterling gagne pour sa part 0,67% face au dollar après la publication des données sur les ventes au détail.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 2 points de base à 2,9035% vendredi, tandis que celui de l'obligation à deux ans a progressé de 1,4 point de base à 2,1300%.
Les rendements des obligations allemandes à 30 ans ont quant à eux enregistré leur plus forte hausse hebdomadaire en près de deux mois, alors que les économistes s'attendent à ce que la zone euro augmente ses dépenses budgétaires et que les tensions géopolitiques incitent également à une augmentation des budgets de défense dans l'ensemble du bloc.
"Les indices PMI suggèrent que les pressions inflationnistes ont légèrement augmenté", note pour sa part Andrew Kenningham, chef économiste pour l'Europe chez Capital Economics, ajoutant que ces données renforcent l'idée que les taux d'intérêt devraient rester inchangés pour l'instant.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans a reculé de 2,3 points de base à 3,4908%, alors que, comme prévu, le gouvernement français a survécu à deux motions de censure ce vendredi.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans recule légèrement à 4,2470%, tout comme celui de l'obligation à deux ans, qui évolue à 3,6067%.
PÉTROLE
Les prix du pétrole rebondissent vendredi après que le président américain Donald Trump a renouvelé ses menaces contre l'Iran, suscitant des inquiétudes quant à une intervention militaire qui pourrait perturber l'approvisionnement en brut.
Le Brent grimpe de 2,59% à 65,72 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 2,63% à 60,92 dollars.
MÉTAUX
Le prix de l'argent a dépassé pour la première fois les 100 dollars l'once, tandis que l'or a atteint un nouveau record et frôle les 5.000 dollars, les investisseurs se ruant vers les valeurs refuges dans un contexte de troubles géopolitiques.
A SUIVRE LE 26 JANVIER :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)
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