par Makiko Yamazaki et Chang-Ran Kim
TOKYO, 16 février (Reuters) - L'économie du Japon a rebondi au quatrième trimestre mais moins qu'attendu, enregistrant une croissance modeste, ce qui représente un défi pour le gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi, dans un contexte de hausse du coût de la vie qui nuit à la confiance des ménages et à la demande intérieure.
Auréolée d'une victoire éclatante lors des élections législatives anticipées qu'elle a convoquées, Sanae Takaichi a dit vouloir déployer des investissements supplémentaires dans des secteurs publics clé afin de soutenir la consommation et dynamiser l'économie japonaise.
Les données officielles publiées lundi mettent en exergue le défi auquel font face les décideurs politiques, alors que la Banque du Japon (BoJ) a réitéré son intention de continuer à relever les taux pour normaliser sa politique monétaire, tournant la page d'une politique ultra-accommodante, sur fond d'inflation persistante et de faiblesse du yen.
Sur la période octobre-décembre, le produit intérieur brut (PIB) japonais a progressé de 0,2% sur un an, montrent les données gouvernementales. Le consensus ressortait à +1,6% après une hausse de 2,6% en lecture définitive au troisième trimestre.
En rythme trimestriel, l'économie japonaise a augmenté de 0,1%, contre un consensus de +0,4.
"Cela montre que le rebond de l'économie n'est pas très solide", a commenté Kazutaka Maeda, économiste au Meiji Yasuda Research Institute. "La consommation, les dépenses en capital et les exportations - des secteurs que nous espérions des catalyseurs pour l'économie - n'ont pas été aussi élevées qu'attendu", a-t-il ajouté.
Les analystes ont dit anticiper que l'économie japonaise continuera de croître à un rythme graduel cette année, une trajectoire sur laquelle les données publiées lundi font planer une ombre.
Une enquête publiée ce mois-ci par le Centre japonais pour la recherche économique montre que 38 analystes s'attendent à ce que l'économie nippone progresse en moyenne de 1,04% au premier trimestre puis de 1,12% au deuxième trimestre.
Il est peu probable que la croissance sur la période octobre-décembre pèse dans les décisions de la BoJ, ont dit des analystes, mais la victoire électorale sans précédent de Sanae Takaichi il y a huit jours maintient les marchés en haleine alors que la dirigeante nationaliste se dit favorable à une politique monétaire accommodante.
D'après les données officielles, la consommation privée, qui représente plus de la moitié de la production économique, a augmenté de 0,1% au quatrième trimestre, une hausse conforme au consensus. Elle avait progressé de 0,4% sur la période juillet-septembre, ce qui suggère que le coût élevé des produits alimentaires continue de peser sur les dépenses des ménages.
Pour leur part, les dépenses en capital ont progressé de 0,2% au quatrième trimestre. Le consensus ressortait à +0,8%.
Cela illustre la faiblesse du rebond de l'économie japonaise, dont des industries clé peinent à s'adapter à la politique protectionniste du président américain Donald Trump, bien que Washington et Tokyo ont formalisé en septembre dernier un accord commercial fixant des droits de douane américains de 15% sur la plupart des produits japonais.
"L'impact des droits de douane semble avoir atteint un pic sur la période juillet-septembre, mais au regard des dernières données, il demeure la possibilité que des firmes continuent d'adopter une position prudente à l'avenir", a dit Kazutaka Maeda.
(Makiko Yamazaki et Chang-Ran Kim; version française Jean Terzian)
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