LONDRES, 24 mars (Reuters) - Le secteur privé britannique a connu en mars sa plus faible croissance depuis six mois, le conflit au Moyen-Orient ayant entraîné la plus forte hausse mensuelle des coûts des intrants dans le secteur manufacturier depuis 1992.
L'indice S&P Global préliminaire des directeurs d'achat (PMI) est la première grande enquête à refléter l'impact de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran sur les entreprises britanniques, et pourrait aggraver les craintes que ce conflit ne débouche sur une période de faible croissance accompagnée d'une inflation élevée.
L'indice composite, qui regroupe les secteurs manufacturier et des services, a reculé pour s'établir à 51,0 en mars, après avoir atteint en février son plus haut niveau depuis août 2024, à 53,7.
"La guerre au Moyen-Orient a frappé l'économie britannique en mars, freinant la croissance tout en faisant grimper l'inflation en flèche", a déclaré Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global Market Intelligence.
Le résultat global de l'enquête s'est révélé inférieur à toutes les prévisions d'un sondage Reuters auprès d'économistes, bien qu'il reste supérieur au seuil de 50 qui sépare la croissance de la contraction.
Il est toutefois supérieur à celui enregistré à certains moments précédant la présentation du budget de la ministre des Finances Rachel Reeves en novembre dernier, lorsque de nombreuses entreprises craignaient d'être frappées par une hausse des impôts.
L'indice S&P Global des prix des intrants pour les fabricants a bondi à 70,2 en mars, contre 56,0 en février, soit la plus forte hausse sur un mois depuis que la livre sterling a quitté le mécanisme de change européen en 1992.
La hausse des prix du carburant, des transports et des matières premières à forte intensité énergétique a été la principale cause de cette augmentation, a souligné S&P.
Les entreprises ont augmenté leurs prix au rythme le plus rapide depuis avril 2025, ce qui met en évidence le dilemme auquel est confrontée la Banque d'Angleterre (BoE) quant à la nécessité de relever les taux d'intérêt pour maîtriser les risques d'inflation alors que l'économie ralentit.
L'enquête révèle également que les prévisions des entreprises britanniques concernant leur production future sont les plus faibles depuis juin 2025.
L'emploi a reculé pour le 18e mois consécutif, la plus longue série ininterrompue de baisses depuis 2010.
"Les entreprises ont directement imputé la perte d'activité aux événements au Moyen-Orient, que ce soit en raison d'une aversion accrue au risque chez les clients, de pressions inflationnistes croissantes, de la hausse des taux d'intérêt ou de perturbations dans les transports et la chaîne d'approvisionnement", a déclaré Chris Williamson.
(David Milliken; version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)
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