par William Schomberg et Andy Bruce
LONDRES, 22 avril (Reuters) - L'inflation des prix à la consommation en Grande-Bretagne a accéléré pour atteindre 3,3% en glissement annuel en mars après 3,0% en février, selon les données officielles publiées mercredi, qui montrent les premiers effets de la guerre en Iran sur l'économie britannique.
Cette lecture, conforme aux prévisions, révèle également que les prix payés par les usines pour leurs intrants ont grimpé bien plus que prévu.
Toutefois, ces hausses, principalement dues à la forte augmentation des prix des carburants, ne devraient pas inciter la Banque d'Angleterre (BoE) à relever ses taux d'intérêt lors de sa réunion du 30 avril, selon les économistes.
La question fondamentale pour la banque centrale est de savoir si la flambée des prix de l'énergie entraînera une inflation généralisée ou si la faiblesse du marché du travail freinera les revendications salariales et les hausses de prix pratiquées par les entreprises.
"Le spectre de la stagflation hantera les membres du Comité de politique monétaire lorsqu'ils se réuniront autour de la table la semaine prochaine", a déclaré Danni Hewson, responsable de l'analyse financière chez le gestionnaire de fonds AJ Bell.
"S'ils ne relèvent pas les taux et que l'inflation s'installe durablement, on leur reprochera de ne pas avoir agi assez tôt ; mais si le Royaume-Uni frôle la récession au second semestre, ils seront critiqués pour ne pas en avoir fait assez afin de stimuler une économie qui peine à se maintenir à flot", a-t-il souligné.
ACCÉLÉRATION DES PRIX DES SERVICES
Le prix des carburants a bondi de 8,7% sur le mois de mars, soit la plus forte progression depuis juin 2022, peu après l'invasion l'Ukraine par la Russie, a indiqué l'Office National des Statistiques (ONS).
Les données montrent également que les prix des services – que la BoE considère comme un indicateur des pressions inflationnistes à long terme – ont augmenté de manière inattendue, passant de 4,3% en février à 4,5% le mois dernier.
Cette hausse s'explique en grande partie par l'augmentation des tarifs aériens, liée au calendrier des vacances de Pâques.
L'inflation dite de base, quant à elle, ressort à 3,1% sur une base annuelle et à 0,4% en glissement mensuel, après respectivement +3,2% et +0,6% en février.
Avant le début de la guerre en Iran le 28 février dernier, la Banque d'Angleterre (BoE) avait déclaré que le taux d'inflation du Royaume-Uni – le plus élevé parmi les économies du G7 pendant une grande partie des quatre dernières années – devrait se rapprocher de son objectif de 2% vers le mois d'avril.
La banque centrale a ensuite fortement revu à la hausse ses prévisions d'inflation en raison de la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit, estimant que celle-ci pourrait atteindre 3,5% à la mi-2026.
Le gouverneur Andrew Bailey a déclaré la semaine dernière que la BoE ne devait pas se précipiter pour agir sur les taux, compte tenu des incertitudes quant à l'impact de l'inflation globale sur les salaires et la fixation des prix par les entreprises.
(Version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin et Blandine Hénault)
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