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Marché : Kevin Warsh prend officiellement la présidence de la Réserve fédérale

Aujourd'hui à 18:29
Marché : États-Unis: Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a prêté serment

WASHINGTON, 22 mai (Reuters) - Kevin Warsh a prêté serment vendredi en tant que président de la Réserve fédérale américaine (Fed), succédant ainsi à Jerome Powell à l'issue d'une transition marquée par de vives pressions de la Maison blanche.

Lors de la cérémonie, Kevin Warsh a déclaré qu'il dirigerait une Fed axée sur les réformes, tout en ne se disant pas naïf ⁠face aux défis.

"Je tiendrai compte des erreurs et des réussites du passé", a déclaré Kevin Warsh, ‌tout en remerciant le président Donald Trump.

Le Sénat américain avait confirmé le 13 mai la nomination de Kevin Warsh, le candidat proposé par Donald Trump, à la présidence de la banque centrale des États-Unis pour un mandat de quatre ans.

Âgé de 56 ans, ​Kevin Warsh, qui a été membre du conseil des gouverneurs de la Fed entre 2006 et 2011, présidera ​sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin, ​au cours de laquelle les décideurs politiques décideront des taux d'intérêt et soumettront également de nouvelles projections économiques.

Lors de son audition au Sénat, le 21 avril, le candidat désigné par la ​Maison blanche avait appelé à un "changement de cap" au sein de la ​banque centrale, qui inclurait un nouveau "cadre" de maîtrise de l'inflation et une éventuelle refonte de la manière dont l'institution ⁠communique au ⁠sujet de la politique monétaire.

Kevin Warsh avait ainsi présenté des ⁠objectifs de réforme ambitieux pour une banque centrale qui, selon lui, a commencé à dévier de sa trajectoire lorsqu'il a démissionné de son poste de gouverneur ⁠en 2011, en signe d'opposition aux achats d'obligations de la Fed.

L'OMBRE DE DONALD TRUMP

Ses premiers mois à la présidence pourraient toutefois être marqués par un dilemme plus pressant, à savoir faut-il relever les taux d'intérêt pour empêcher l'inflation de dépasser l'objectif de 2% fixé par la Fed, ou bien risquer dès le départ sa crédibilité en tant que défenseur de la lutte contre l'inflation ?

Les commentaires et l'approche de Kevin Warsh concernant les différends en cours autour de la Fed, notamment la décision imminente de la Cour suprême sur la tentative jusqu'ici infructueuse de Donald Trump de limoger la gouverneure Lisa Cook, seront également scrutés de près et comparés à la défense inébranlable de l'indépendance de la Fed par Jerome Powell.

Kevin Warsh devra également s'accommoder de Donald Trump qui a perçu les hausses de taux comme une attaque politique contre son programme économique et a critiqué sans ménagement le président sortant de la Fed, Jerome Powell, pour ne pas avoir davantage abaissé les coûts ​d'emprunt.

Donald Trump s'est brouillé avec Jerome Powell ‌quelques mois seulement après l'avoir nommé président – au détriment de Kevin Warsh – en 2018. Il lui reproche d'avoir tardé à baisser les taux d'intérêt alors même que les ‌droits de douane et le coût de l'énergie maintenaient l'inflation au-dessus de l'objectif de la Fed cette année.

L'une des premières ⁠décisions importantes que Kevin Warsh devra prendre sera celle de soumettre ou non une estimation ("plot") des taux d'intérêt à la fin de l'année, et de révéler ​dans quelle mesure ses opinions ​diffèrent de ‌celles de ses collègues.

S'il adopte une voix marginale au sein du comité de politique monétaire (FOMC), ses points de vue seront susceptibles de semer davantage la confusion sur des marchés qui contribuent déjà à la hausse des taux d'intérêt américains à long terme.

(Rédigé par Howard Schneider, avec la contribution de Dan Burns; version française Camille Raynaud et ​Coralie Lamarque, édité par ‌Blandine Hénault ​et Sophie Louet)

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