PÉKIN, 16 avril (Reuters) - Le produit intérieur brut (PIB) de la Chine a progressé de 5,0% en rythme annuel au premier trimestre, porté par une forte hausse des exportations, montrent des données officielles publiées jeudi, dépassant les attentes des analystes alors que les décideurs politiques se préparent à faire face aux répercussions de la guerre en Iran.
Les analystes attendaient une croissance du PIB de 4,8% en rythme annuel au premier trimestre. La croissance était ressortie à +4,5% au quatrième trimestre.
La croissance du premier trimestre se situe par ailleurs dans le haut de la fourchette cible de 4,5% à 5,0% fixée par Pékin pour l'ensemble de l'année, ce qui met en évidence la résilience distinguant la Chine d'une grande partie des pays asiatiques, grâce notamment à ses importantes réserves stratégiques de pétrole et à un mix énergétique diversifié.
"Le bon début d'année, soutenu par de solides performances à l'exportation, suggère que l'impact direct du conflit au Moyen-Orient reste pour l'instant limité", déclare Junyu Tan, économiste chez Coface.
"Mais les perspectives ne sont pas tout à fait roses malgré la relative résilience de la Chine", ajoute-t-il. "Le moteur des exportations pourrait encore être freiné par un affaiblissement de la demande mondiale si le conflit persiste".
Les risques qui pèsent sur la deuxième économie mondiale se sont accrus depuis le début de la guerre en Iran fin février.
La Chine, première importatrice d'énergie dont l'économie est fortement axée sur les exportations, est en effet particulièrement exposée à un choc pétrolier, qui fait déjà ralentir les échanges commerciaux, grimper les coûts de production et assombrit les perspectives pour l'année.
"L'ensemble de la chaîne industrielle est sous pression", dit Peng Xin, directeur général de Guangdong Rongsu New Materials, qui achète des matières premières pétrochimiques auprès de raffineries pour les transformer en granulés de plastique.
Cependant, le recours massif au charbon, l'expansion rapide des énergies renouvelables et l'augmentation du parc de véhicules électriques protègent davantage la Chine contre les chocs énergétiques.
Les fabricants chinois pourraient donc s'en sortir mieux que leurs concurrents européens et d'ailleurs, où les coûts de production augmentent encore plus rapidement.
"Les fabricants chinois bénéficient toujours de coûts de production inférieurs à ceux de leurs homologues d'autres pays. Cela les aidera à préserver, voire à accroître, leur part de marché mondiale", note Tianchen Xu, économiste à l'Economist Intelligence Unit (EIU).
En rythme trimestriel, le PIB chinois a progressé de 1,3% sur la période janvier-mars, selon les données du Bureau national des statistiques (BNS), comme attendu. La croissance était ressortie à 1,2% en lecture définitive au trimestre précédent.
(Kevin Yao, Joe Cash à Pékin, Claire Fu à Singapour;; version française Camille Raynaud et Diana Mandia)
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