par Claude Chendjou
PARIS, 12 mars (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse jeudi avec une avalanche de résultats de sociétés qui incite à la prudence et un contexte international toujours tendu au 13e jour de guerre en Iran.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien devrait perdre 0,70% à l'ouverture. Le Dax à Francfort pourrait reculer de 0,95%, tandis que le FTSE 100 à Londres devrait abandonner 0,19%. L'indice EuroStoxx 50 est attendu en repli de 0,19% et le Stoxx 600 en baisse de 0,68%.
Parmi les grandes publications du jour susceptibles d'animer les échanges en Europe figurent JCDecaux, Vivendi, Bolloré, Maurel & Prom, Zalando, RWE, Deutsche Bank, Swiss Life ou encore Generali alors que la saison des résultats trimestriels touche à sa fin.
La publication de ces comptes financiers pourrait toutefois être reléguée au second plan au regard des incertitudes sur la durée du conflit au Moyen-Orient.
Au 13e jour de guerre, l'Iran a incendié deux pétroliers dans les eaux irakiennes, intensifiant ainsi ses attaques contre les installations pétrolières et de transport à travers la région et avertissant qu'il fallait se préparer à un prix du pétrole à 200 dollars le baril, contredisant l'affirmation du président Donald Trump selon laquelle les Etats-Unis avaient déjà gagné la guerre.
Le transport maritime dans le Golfe et le long de l'étroit détroit d'Ormuz représente environ un cinquième du pétrole mondial et celui-ci est quasiment à l'arrêt depuis le 28 février.
Le conflit menace ainsi désormais de paralyser le commerce mondial de l'énergie et de provoquer un choc des prix si bien que les cours du pétrole sont de nouveau repassés jeudi au-dessus des 100 dollars le baril. La proposition de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de débloquer 400 millions de barils de pétrole pour contenir la flambée des prix de l'énergie peine manifestement à convaincre les investisseurs.
Parallèlement, les indices de la volatilité aux Etats-Unis et en Europe restent à des niveaux élevés, autour des 25 points.
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en ordre dispersé mercredi, seul le Nasdaq enregistrant une légère hausse, alors que les investisseurs s'inquiétaient de l'intensification des hostilités au Moyen-Orient, faisant fi d'un rapport plutôt rassurant sur l'inflation aux Etats-Unis.
L'indice Dow Jones a cédé 0,61%, ou 289,24 points, à 47.417,27 points.
Le S&P-500, plus large, a perdu 5,68 points, soit 0,08%, à 6.775,80 points.
Le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 19,03 points (0,08%) à 22.716,14 points.
EN ASIE
A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei reflué de 1,04% à 54.452,96 points, dans un contexte de remontée des cours du pétrole et d'inquiétudes croissantes sur la durée du conflit en Iran. Le Topix, plus large, a cédé 1,32% à 3.649,85 points.
L'indice MSCI regroupant les valeurs d'Asie et du Pacifique (hors Japon) perd 1,60%.
L'indice de référence de Hong Kong, le Hang Seng, est lui en baisse de 1,32%.
En Chine, le SSE Composite de Shanghai fléchit de 0,22% et le CSI 300 reflue de 0,59%, l'appétit des investisseurs pour le risque ayant diminué face à l'absence de signes d'une fin proche des hostilités au Moyen-Orient.
LES VALEURS A SUIVRE EN EUROPE:
CHANGES/TAUX
Le dollar s'apprécie encore, de 0,22%, face à un panier de devises de référence, au lendemain de la publication de l'indicateur des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis, qui ne prend pas en compte la forte hausse des prix de produits comme l'essence depuis le début du conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février.
"Les chiffres de l'inflation de février évoluaient dans la bonne direction, mais le conflit au Moyen-Orient a tout bouleversé. Au lieu d'une déflation liée à l'énergie, nous allons connaître une inflation", note Brian Jacobsen, chef économiste chez Annex Wealth Management.
L'euro recule de 0,22%, à 1,1541 dollar, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3366 dollar, en baisse de 0,34%.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans monte de 3,1 points de base (pb), à 4,2374%, tandis que le deux ans prend 3,4 pb, à 3,6697%. La maturité à deux ans, qui reflète généralement les anticipations de taux à court terme, a touché en début de séance un sommet de six mois et demi, à 3,69%.
Les investisseurs parient sur une hausse durable des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed) en raison des inquiétudes concernant une résurgence de l'inflation.
PÉTROLE
Les cours du pétrole bondissent jeudi alors que l'Iran a intensifié ses attaques contre les installations pétrolières et de transport à travers le Moyen-Orient, faisant craindre un conflit prolongé.
Le Brent grimpe de 7,39% à 98,86 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) flambe de 7,09% à 93,57 dollars, après avoir tous deux dépassé la barre des 100 dollars en séance.
Les analystes d'ING ont déclaré jeudi qu'aucun signe de désescalade n'était visible dans le Golfe et que, par conséquent, les perturbations sur les flux pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz ne semblaient pas près de se s'arrêter.
"Le seul moyen de voir les prix du pétrole baisser durablement est de rétablir le flux de pétrole via le détroit d'Ormuz", écrit ING. "Si nous n'y parvenons pas, les sommets du marché ne seront pas encore atteints", prévient l'intermédiaire.
PRINCIPAL INDICATEUR ÉCONOMIQUE À L'AGENDA DU 12 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions au chômage sem. au 7 215.000 213.000
mars
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)
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