INGOLSTADT, Allemagne, 17 mars (Reuters) - Le groupe Audi, marque haut de gamme du constructeur automobile allemand Volkswagen, prévoit un redressement de sa marge bénéficiaire en 2026 après avoir subi une perte de 1,2 milliard d'euros en 2025 en raison des droits de douane, a annoncé mardi la société.
La filiale, qui regroupe les marques Lamborghini, Bentley et Ducati ainsi qu'Audi, vise une marge opérationnelle comprise entre 6% et 8% en 2026, contre 5,1% en 2025 et 6,0% en 2024.
"Les incertitudes géopolitiques et la pression concurrentielle mondiale ont maintenu l’industrie automobile sur ses gardes l’an dernier", déclare Gernot Döllner, président du directoire d'Audi, dans un communiqué.
Audi a précisé que la rigueur budgétaire avait partiellement permis de compenser les dépenses en 2025. Néanmoins, le résultat opérationnel a chuté de 14% à 3,4 milliards d’euros.
Les coûts liés aux droits de douane, qui affectent principalement la marque Audi, devraient se maintenir à leur niveau actuel en 2026.
UNE POSSIBLE USINE AUX ÉTATS-UNIS
Audi ne dispose d’aucune usine aux États-Unis et a été fortement touchée par les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump sur ses véhicules importés du Mexique et d’Europe.
Gernot Döllner précise qu’une décision pourrait intervenir cette année sur l’éventuelle implantation de la première usine d’Audi aux États-Unis, en coordination avec le groupe Volkswagen, qui possède Porsche.
Le président du directoire de Volkswagen, Oliver Blume, a déclaré la semaine dernière qu'une telle initiative n'aurait de sens qu'en échange d'un allègement des droits de douane.
À l'instar de ses concurrents, Audi est confronté à des défis sur ses principaux marchés, notamment une forte concurrence en Chine.
"Nous devrons trouver des réponses différentes selon les régions", a souligné Gernot Döllner.
En Chine, où les livraisons d’Audi ont reculé de 5% en 2025, la marque tente de reconquérir ses clients avec une "marque sœur" – sans les célèbres quatre anneaux du constructeur allemand – en lançant l’E5 Sportback entièrement électrique, développée avec le constructeur chinois d’État SAIC.
Les ventes de ce véhicule réservé à la Chine ont été inférieures aux attentes au cours des deux premiers mois de l'année, Audi cherchant à renforcer la notoriété de la marque auprès d’une clientèle plus jeune et plus connectée, a indiqué le directeur financier Jürgen Rittersberger, ajoutant que des modifications des programmes d’incitation avaient globalement pesé sur la demande sur le marché chinois.
(Reportage Rachel More, version française Elena Smirnova, édité par)
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