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Marché : Les fusions-acquisitions redémarrent, un levier supplémentaire pour les marchés?

dimanche 22 novembre 2020 à 07h00
Les fusions-acquisitions repartent de l'avant

(BFM Bourse) - Après avoir chuté, au deuxième trimestre 2020, à leur plus bas niveau depuis 2012, les fusions-acquisitions sont reparties de l'avant et pourraient apporter un soutien aux marchés en fin d'année, selon Mandarine Gestion.

Si les thèmes à surveiller ne manquent pas sur les marchés en cette fin d'année 2020 déjà épique, les gérants actions de Mandarine Gestion conseillent de ne pas occulter la thématique des fusions-acquisitions. "Depuis la grande crise financière de 2008, les entreprises européennes ont assaini leur bilan, restauré leur capacité d’acquisition et bénéficient aujourd’hui d’un environnement de taux bas favorable" soulignent ainsi Frédérique Caron et Quentin Hoareau.

Après un deuxième trimestre déprimé sur fond de crise sanitaire à 346 milliards de dollars, au plus bas depuis le deuxième trimestre 2012, les fusions-acquisitions en Europe et en Amérique du Nord ont rebondi à 687 milliards de dollars, observent-ils, à un niveau plus atteint depuis début 2019. Loin toutefois du record absolu établi au deuxième trimestre 2017 à plus de 1.200 milliards de dollars.

Les gérants distinguent deux catégories de transactions. D’une part, les opérations de petite taille "qui permettent aux entreprises d’ajouter une "brique", par exemple technologique ou géographique, à leur portefeuille existant". "L’annonce récente de Teleperformance sur Health Advocate (solution américaine pour la gestion de la santé des consommateurs) s’inscrit dans cette logique" indiquent les gérants, qui développent : "Bien que cette acquisition n’ajouterait que 2% de chiffre d’affaires et 4% de bénéfices, elle participerait à la stratégie de long terme de renforcement dans les services spécialisés, à forte valeur ajoutée, aux Etats-Unis notamment, avec un fort potentiel de croissance (marché estimé en progression de 7-10% sur les 5 prochaines années)".

Et d'autre part, les opérations de grande envergure, par rapport à la taille de la société, dites transformantes "car elles modifient profondément la structure de la société". "De telles combinaisons, parce qu’elles incorporent un risque d’intégration, supposent une confiance dans l’avenir" expliquent les gérants - ce qui justifie au passage la chute observée au deuxième trimestre.

"À titre d’exemple nous pouvons citer l’annonce du rapprochement de Nexi et SIA, qui créerait un leader incontesté en Italie, marché en forte croissance dans les paiements électroniques. Ce rapprochement permettrait également à Nexi de faire un premier pas en dehors du pays (SIA est présent en Europe de l’Est) et le groupe vise 150 millions d’euros de synergies de résultats (EBITDA) d’ici 2025, à comparer avec un résultat proforma de 1 milliard d’euros en décembre 2019" observent Frédérique Caron et Quentin Hoareau.

Autre opération structurante observée au troisième trimestre, dans un secteur porteur, les groupes de santé numérique Livongo (plateforme qui propose une expérience personnalisée pour les personnes souffrant de maladies chroniques, notamment l'hypertension et le diabète) et Teladoc (télémédecine) ont annoncé leur intention de fusionner en août dernier, alors que la demande pour leurs services a bondi en flèche durant la pandémie. Dans les faits, le second a absorbé le premier pour un accord d'une valeur de 18,5 milliards de dollars, un record dans le domaine en pleine expansion de la e-santé.

"Ce regain d’intérêt des acteurs industriels, mais aussi des acteurs financiers, pour les fusions-acquisitions sera-t-il de nouveau mis à mal par la résurgence de l’épidémie ? La recherche de nouvelles opportunités de croissance reste au cœur des préoccupations des sociétés, et dans la crise, la préservation du bilan vise à pouvoir financer à terme l’innovation, et souvent des gains de part de marché à travers la consolidation" estiment les experts de Mandarine Gestion.

Selon eux, ce sont "les petites et moyennes entreprises qui offrent de telles perspectives : leur capacité à générer une croissance organique supérieure, souvent à deux chiffres, et à se renforcer par croissance externe, voire à être des cibles, en font une classe d’actifs particulièrement intéressante sur le long terme" concluent-ils.

Et si les experts soulignent que les groupes européens ont assaini leur bilan depuis la crise financière, que dire des géants technologiques américains assis sur une montagne de cash. De 113 milliards de dollars en 2010, la trésorerie combinée des GAFAM -Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft- s'est envolée pour atteindre 530 milliards de dollars à fin septembre 2020, et ce malgré les quelque 96 milliards de dollars dépensés par ces mêmes groupes (à l'exception d'Amazon) pour racheter leurs propres actions depuis le début de l'année. C'est dire leur puissance de frappe.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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