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Marché : La Fed pourrait commencer à réduire la voilure sur les rachats d'actifs d'ici 3 mois

mardi 17 août 2021 à 11h34
La Fed serait prête à réduire son soutien monétaire prochainement

(BFM Bourse) - La séance de lundi a été marquée par la publication d'un article du Wall Street Journal signalant que les responsables de la Fed seraient sur le point de se mettre d'accord pour commencer à réduire leur soutien monétaire.

La bombe atomique tant redoutée depuis des mois par les marchés n'a clairement pas eu l'effet escompté, ce lundi. Le spectre du "taper tantrum", soit la fin progressive des rachats d'actifs de la part de la banque centrale américaine, effrayait de fait les investisseurs. Ceux-ci gardent en tête le précédent de 2013 avec une flambée des rendements des bons du Trésor à long terme à l'évocation après l'annonce par Ben Bernanke (président de la Fed de l'époque) d'une réduction à venir des achats d'actifs.

L'information du Wall Street Journal lundi, selon laquelle les responsables de la Fed s'apprêtent à se mettre d'accord pour commencer à réduire la voilure dans environ trois mois si la reprise économique se poursuit, certains d'entre eux poussant même à mettre fin à leur programme d'achat d'actifs d'ici le milieu de l'année prochaine, n'a causé aucun début de panique à Wall Street. Le Dow Jones et le S&P ont même fini dans le vert, signant chacun un 5e record historique consécutif en clôture.

Lors de leur réunion des 27 et 28 juillet dernier, les responsables de la Fed avaient délibéré sur deux questions majeures: quand commencer à réduire leurs achats mensuels de 80 milliards de dollars de bons du Trésor et de 40 milliards de dollars de titres hypothécaires, et à quelle vitesse le faire. La Fed doit publier mercredi le procès-verbal de la réunion (les fameuses "minutes"), qui devrait fournir de nouveaux indices sur l'avancement de ces discussions.

Une politique monétaire qui dépendra de l'emploi

Des réponses attendues de pied ferme par les marchés financiers, les responsables de la Fed ayant déclaré qu'ils préféraient conclure le programme d'achat d'obligations avant d'envisager un éventuel relèvement des taux d'intérêt, maintenus depuis plus d'un an dans une fourchette allant de 0 à 0,25%. 13 des 18 responsables de la Fed prévoyaient déjà de pouvoir relever ces taux directeurs à la fin de 2023 lors de la réunion de politique monétaire de fin juin dernier ; sept d'entre eux imaginaient alors même pouvoir le faire d'ici fin 2022.

Une série de bons indicateurs sur l'emploi a renforcé les arguments en faveur d'une éventuelle annonce par la Fed, lors de sa prochaine réunion des 21 et 22 septembre, de son intention de commencer à réduire ses achats, potentiellement dès sa prochaine réunion en novembre. Le président de la Fed de Boston Eric Rosengren a ainsi déclaré s'attendre à voir, d'ici cette réunion, une croissance de l'emploi suffisante pour répondre aux critères de réduction des achats d'obligations. Si la forte croissance se poursuit, "nous en aurions fini avec le programme de réduction progressive vers le milieu de l'année prochaine" avance-t-il même.

Pour rappel, les achats d'actifs visent à stimuler l'économie en maintenant les taux d'intérêt à long terme à un niveau bas afin de stimuler les emprunts et les dépenses. Un stimulus qui n'est plus nécessaire selon Eric Rosengren, qui pointe notamment la récente flambée des prix de l'immobilier. "Ces achats sont très bien conçus pour stimuler la demande, mais nous n'avons pas de problème de demande" renchérit le président de la Fed de Dallas Robert Kaplan. "Au lendemain de la grande récession (de 2007-2008, NDLR), nous en avions un. Je ne veux donc pas utiliser le "playbook" 2009 à 2013".

S'il dresse un parallèle avec le précédent "taper tantrum", c'est avant tout pour souligner à quel point la Fed (et l'économie américaine) se trouvent actuellement dans une position très différente, avec un taux chômage beaucoup plus faible, à 5,4 % en juillet, et une inflation bien plus robuste - bien que les chiffres publiés jeudi dernier montrent une décélération de la hausse des prix. Les rendements obligataires ont par ailleurs dégringolé cette année alors même que la banque centrale a évoqué des projets de réduction des achats d'obligations.

Des marchés au sommet mais nerveux

Plusieurs membres du conseil de politique monétaire de l'institution plaident ainsi désormais pour une réduction progressive des achats d'obligations. Robert Kaplan s'est notamment dit favorable à une réduction des achats des deux types d'obligations sur une période de huit mois, soit de 10 milliards de dollars par mois pour les obligations du Trésor et de 5 milliards de dollars pour les titres adossés à des créances hypothécaires. "Cela me semble être la voie la plus prudente: commencer bientôt et aller progressivement, et pour moi, progressivement signifie huit mois". Même état d'esprit mais calendrier prévisionnel différent pour le responsable de la Fed de Saint-Louis James Bullard, qui souhaite démarrer le programme en octobre et le conclure en mars, à raison d'une réduction de 20 milliards de dollars par mois pour les bons du Trésor et de 10 milliards par mois pour les autres types d'actifs. Le gouverneur de la Fed Christophe Waller a indiqué au WSJ une préférence similaire.

Même s'il s'agirait d'un "retrait assez rapide du programme d'achat d'actifs", James Bullard pense que cela donnerait à la Fed "plus de flexibilité pour déterminer si elle devait relever les taux plus tard l'année prochaine".

D'autres responsables plaident en revanche pour plus de patience, comme Lael Brainard (gouverneur) ou Mary Daly (présidente de la Fed de San Francisco) qui préfèrent attendre les prochaines données sur le front de l'emploi pour prendre une décision.

Si l'incertitude quant au calendrier exact demeure, l'institution monétaire américaine devrait donc prochainement opter pour une politique un peu plus restrictive, et la publication des "minutes", ce mercredi, devrait fournir des indications supplémentaires sur les intentions de la toute puissante banque centrale. Et malgré la nouvelle clôture dans le vert des principaux indices à Wall Street lundi, "la nervosité était aussi de mise (comme en atteste la volatilité "intraday", NDLR) à deux jours de la publication de ce compte-rendu, qui devrait enfin nous dire si l'évolution de l'emploi est vraiment le nouveau fer de lance de Jerome Powell" souligne le directeur des investissements de Mirabaud John Plassard.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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