(BFM Bourse) - La devise de la zone euro souffre face au billet vert depuis plusieurs jours et évolue actuellement autour de 1,13 dollar. La dernière réunion de politique monétaire de la Fed a pesé, les investisseurs anticipant davantage de hausses de taux, ce qui renforce le dollar.
Après avoir malmené le dollar l'an passé, l'euro déchante. La devise de la zone euro chute de 3,5% face au billet vert sur l'ensemble de 2026, une variation très importante sur le marché des changes.
L'éclatement du conflit au Moyen-Orient a conduit les investisseurs à se réfugier sur le dollar. Ce notamment parce que les États-Unis demeurent le premier pays producteur d'or noir au monde (22 millions de barils par jour) et sont davantage à même de résister aux répercussions de l'envolée des cours du baril.
Plus récemment, l'euro accuse un accès de faiblesse depuis plusieurs jours, perdant 1,4% face au billet vert sur une semaine.
Ce mardi 24 juin, la devise de l'union monétaire perd 0,3% face au dollar à 1,1347 dollar et a tapé un point bas à 1,1338 dollar, selon les données d'investing.com. L'euro n'était plus descendu aussi bas depuis le 29 mai.
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Une inflation "transitoire" en Europe
L'euro chute depuis plusieurs jours en raison de la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), la première présidée par Kevin Warsh.
À cette occasion, les projections des membres de la banque centrale et les commentaires de son président ont fait état d'un biais plus restrictif de la part de la Fed. Ce qui a conduit les investisseurs à davantage anticiper des hausses de taux directeurs de la part de la banque centrale.
"Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed nommé par Donald Trump dans l’espoir de baisser les taux, a lui-même adopté un ton restrictif lors de sa première conférence de presse post-comité de politique monétaire, en qualifiant l’inflation de 'choix' et en affirmant que la banque centrale 'livrera la stabilité des prix'", estime Valentin Aufrand, analyste indépendant, sur le site d'IG.com
"Le marché table actuellement sur un cycle de deux hausses des taux de la Fed, mais davantage semble le scénario le plus probable, y compris si les cours du pétrole poursuivent leur décrue", ajoute-t-il.
"Ce soutien au billet vert est d’autant plus important qu’en Europe, le regain d’inflation semble plus transitoire, puisque l’inflation sous-jacente reste proche de l’objectif de 2% de la Banque centrale européenne (BCE). Avec la désescalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran, la reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz et la décrue des cours du pétrole, la BCE pourrait donc remonter ses taux moins que prévu. Le différentiel de politique monétaire redevient ainsi plus favorable au dollar qu’à l’euro", développe-t-il encore.
"La solidité des données économiques américaines et l'attitude plus restrictive de la Fed ont largement compensé le récent recul des cours du pétrole, soutenant ainsi la fermeté du dollar américain", abonde UBS.
Toutefois, la banque suisse avance que les prochaines élections de mi-mandat aux États-Unis,en novembre, "pourraient peser sur le dollar en fin d'année".
La banque suisse table sur un eurodollar à 1,18 fin décembre et à 1,20 à fin juin.
