(BFM Bourse) - Le président du gendarme boursier turc a démissionné lundi, selon les médias locaux, sur fond de scandale financier qui ébranle le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan et son parti au pouvoir.
Le chef du gendarme de la bourse en Turquie a démissionné lundi, selon des médias locaux, dernière victime en date d'un scandale boursier qui fragilise le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan et le parti au pouvoir.
Mahmut Sütçü, président de l'Autorité des marchés de capitaux de Turquie (SPK), a présenté sa démission "pour raisons de santé" cinq mois seulement après sa prise de fonction, ont indiqué plusieurs médias turcs.
Une enquête ouverte
Son départ intervient moins d'une semaine après le feu vert donné par le ministre des Finances pour l'ouverture d'une enquête contre son prédécesseur, Ibrahim Ömer Gönül.
La SPK a pour mission principale de protéger les investisseurs et de veiller à ce que les marchés financiers fonctionnent de manière équitable, transparente et efficace.
Et elle a, à tout le moins, échoué à prévenir un vaste scandale boursier dans lequel quelque 455.000 petits épargnants ont été lésés. Au total, 85 personnes ont été placées en détention provisoire dans ce dossier.
L'affaire a déjà éclaboussé une ex-ministre et personnalité de premier plan de l'AKP, le parti du président Erdogan. Celle-ci a depuis démissionné de toutes ses fonctions mais reste l'objet de moult attaques de l'opposition, n'ayant à ce jour pas été inquiétée par la justice.
"Diffusion d'informations trompeuses"
La crise a débuté quand la SPK a publié, le 28 août, des directives ordonnant aux fonds d'investissements de ne plus placer leurs actifs sur une seule action et de diversifier leurs placements.
Pour se conformer aux nouvelles règles, les fonds ont commencé à vendre des actions et les investisseurs à se retirer. Certains fonds ont alors déclaré n'être pas en mesure de liquider leurs actifs assez rapidement.
La SPK a alors placé en liquidation sept sociétés qui géraient 131 fonds, dont les actifs toxiques seraient évalués à environ 17 milliards de dollars (15 milliards d'euros). L'opposition et certains médias accusent des personnalités au pouvoir de s'être illégalement enrichies, dont deux ministres en fonction.
Le principal parti de l'opposition, Yeni (Nouveau), a plusieurs fois menacé de publier une liste de personnalités suspectes à ses yeux, sans mettre à ce jour ses menaces à exécution.
Cinq journalistes turcs ayant travaillé intensément sur l'affaire sont actuellement poursuivis par la justice pour "diffusion d'informations trompeuses".
(Avec AFP)
