(BFM Bourse) - Le gouvernement turc promet de rembourser les victimes d'un vaste scandale boursier.
Le ministre turc de la Justice, Akin Gurlek, a promis mercredi de rembourser un demi-million de particuliers victimes d'un vaste scandale boursier, dont s'est saisi le parquet mais dont l'ampleur exacte fait débat.
Les procureurs enquêtent sur les activités frauduleuses de 131 fonds d'investissement détenus par sept sociétés, dont les actifs valent collectivement plus de 826 milliards de livres turques (environ 15 millions d'euros), selon des calculs de médias locaux.
Un petit nombre de titres obscurs ou difficiles à vendre
Elles ont toutes été placées en liquidation le 17 septembre par l'Autorité des marchés de capitaux de Turquie (SPK), qui a indiqué qu'elles géraient les biens de plus de 455.000 investisseurs particuliers.
"L'épargne de certains de nos concitoyens, accumulée au fil des années en toute bonne foi, a été exploitée et transférée ailleurs", a déclaré le ministre sur une chaine Youtube turque depuis New York.
"Notre objectif maintenant est de la rapatrier (...) et veiller à ce que nos concitoyens de bonne volonté puissent récupérer leur argent."
Les problèmes ont commencé à apparaître après que le SPK a publié, le 28 août, des directives ordonnant aux fonds de ne plus placer l'ensemble de leurs actifs sur une seule action et de diversifier leurs placements.
Cette mesure visait à répondre aux inquiétudes liées au fait que certains fonds investissaient massivement dans un petit nombre de titres obscurs ou difficiles à vendre.
Pour se conformer aux nouvelles règles, les fonds ont commencé à vendre des actions et les investisseurs à se retirer. Certains fonds ont alors déclaré qu'ils n'étaient pas en mesure de liquider leurs actifs assez rapidement.
Des poursuites contre 63 personnes
"À ce jour, nous avons engagé des poursuites contre 63 personnes. Quatre sont placés en détention, d'autres sont en garde à vue ou font l'objet de mesures de contrôle strictes, et certaines ont pris la fuite", a expliqué le ministre de la Justice.
L'enquête porte notamment sur les chefs de crime organisé, fraude contre l'Etat et violation de la loi sur les marchés financiers, ainsi que l'évasion fiscale.
Vendredi, le ministre des Finances, Mehmet Simsek, avait minimisé l'impact de la crise, déclarant à la chaîne de télévision privée NTV que le problème ne concernait qu'un faible pourcentage des 2.038 fonds d'investissement de la Turquie.
"Nous avons mis en quarantaine la zone problématique. L'épargne des investisseurs sera protégée", a-t-il assuré, ajoutant que la plupart des fonds concernés étaient l'équivalent turc des fonds spéculatifs.
Certains experts sont toutefois plus inquiets. Murat Sagman, économiste et conseiller financier, estime que les mesures prises sont pertinentes, mais que les conséquences seront importantes. "Les gens oublient assez vite. La crise financière de 2008 a en grande partie disparu de la mémoire collective", a-t-il expliqué à l'AFP.
"La confiance peut être rétablie par une action efficace. Cependant, ce processus demandera du temps. Beaucoup de temps."
(Avec AFP)
