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Comment bien débuter sur les marchés, quel que soit le point d'entrée

dimanche 3 mai 2020 à 07h45
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise période pour investir sur les marchés

(BFM Bourse) - Se lancer sur les marchés, d'accord, mais comment ? Au contraire de ce que redoutaient les professionnels, les investisseurs individuels sont très nombreux malgré la chute des marchés à se tourner vers les courtiers en Bourse ou les plateformes d'épargne. Mais si la baisse des indices suscite des vocations, attention à ne pas investir dans la précipitation pour autant.

Ce n'est pas l'aspect le plus étonnant du récent krach boursier : loin d'avoir fait fuir les investisseurs, le mouvement de baisse semble au contraire les avoir incités à s'intéresser aux marchés financiers, rapportent les principaux courtiers. L'engouement récent des particuliers pour la Bourse n'est toutefois pas si étonnant, aux yeux de Sandy Campart, enseignant chercheur à l'IUP Banque Finance Assurance de l'IAE Caen.

Trois éléments alimentent le flux de nouveaux souscripteurs, observe-t-il. Le calendrier tout d'abord puisque la privatisation fin 2019 de la Française des Jeux a été pour bon nombre de français une piqûre de rappel qu'il existait un marché boursier… Ensuite, le confinement décidé pour faire face à la pandémie se traduit souvent par de moindres revenus (ou davantage d'économies avec le renoncement aux loisirs et aux voyages), ce qui pousse également à se constituer une épargne ou essayer d'amortir un choc économique pressenti tandis qu'on a potentiellement davantage de temps pour s'en occuper. Enfin, "si on se fie à l'adage qui conseille d'acheter au son du canon vendre au son du clairon, c'est davantage la canonnade que les cris de victoire qu'on entend actuellement", explique Sandy Campart à BFM Bourse.

Deux approches s'offrent à l'épargnant, détaille Thomas Perret, président et fondateur de Mon Petit Placement. Investir directement dans des valeurs que l'on choisit -boursicoter- offre "l'avantage de de la réactivité, de la rapidité, et un aspect intellectuellement stimulant, presque ludique", mais "pas forcément la façon la plus simple de se construire un patrimoine à long terme". L'autre approche consiste à passer par des produits d'épargne collective (OPCVM, unités de compte en assurance vie…) qui permettent très efficacement de suivre la performance d'un indice. "Un ETF sur indice est une solution de diversification à moindre frais", ajoute Sandy Campart.

"Investir en direct sur des actions, c'est aussi consentir un effort de formation et d'apprentissage -source d'enrichissement intellectuel- et qui aiguise votre curiosité pour le fonctionnement des entreprises, de l'économie…", souligne l'enseignant, également auteur l'an dernier du livre "Et si on osait investir en bourse ?". Cela nécessite de disposer de suffisamment de temps pour accompagner les mouvements haussiers et pour couper les pertes, et d'acquérir une discipline pour apprendre à couper ses pertes, diversifier ses investissements, se projeter dans une conjoncture future en abandonnant son ancrage à un historique connu, détaille-t-il.

Quoi qu'il en soit, "le moment n'est pas plus mal choisi qu'un autre pour commencer à investir", souligne Sandy Campart. De toute façon, le fameux "market timing" -l'aptitude attribuée à certains de pressentir les hauts et bas des marchés- "c'est quelque chose qui finit toujours par vous échapper, même aux gérants professionnels : personne ne peut durablement prévoir à coup sûr les points bas et hauts des marché". L'important est donc de s'efforcer d'intervenir à tous les niveaux, y compris quand la conjoncture ne semble pas s'y prêter.

"Je prône toujours de rentrer en plusieurs fois sur les marchés", développe Thomas Perret. "Si on a 10.000 euros à investir par exemple, placer tout de suite 4000 euros et prévoir de renforcer de 1000 euros sur les six prochains mois peut faire sens. La période actuelle peut se prêter à un rebond, par exemple en cas de découverte d'un vaccin efficace, auquel cas on appréciera d'avoir déjà engagé 4000 euros. Mais vu le degré d'incertitude sur l'épidémie et ses retombées économiques les marchés peuvent aussi atteindre de nouveaux plus bas, dans ce cas on n'aura qu'à se féliciter d'avoir garder des cartouches pour investir encore à plus bas prix !"

"Toute période est bonne pour essayer de se familiariser avec des produits financiers sur lesquels les Français en général n'ont pas reçu de formation. L'idée n'est pas de faire des coups mais d'être capable de dégager 6, 7 ou 8% de rendement annuel dans la durée, sans forcément être très investi ni attentif en permanence à la totalité de ce qui se passe sur le marché mais en ayant bien choisi et programmé ses investissements", renchérit Sandy Campart.

Si on a la capacité d'épargne nécessaire, "mettre en place un versement mensuel est encore la façon la plus sûre de lisser les points d'entrée… et aussi de dompter l'émotivité liée à l'atmosphère des marchés", conclut Thomas Perret. Mais à tout prendre, au sein d'une épargne financière déjà constituée la phase actuelle se prête plutôt à arbitrer au profit des actifs plus dynamiques que vers des actifs peu risqués…

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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