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Ces entreprises cotées qui vont profiter de la politique écologique de Joe Biden

dimanche 29 novembre 2020 à 07h00
Joe Biden veut accélérer la transition écologique

(BFM Bourse) - Les propositions ambitieuses de Joe Biden en matière de réduction des émissions carbone sont à même d'insuffler à la transition énergétique une dynamique positive supplémentaire, soulignent les gérants spécialisés dans cette thématique. Son élection devrait en outre favoriser la coordination mondiale, alors que l'Union européenne mais désormais aussi la Chine s'engagent sur des objectifs similaires.

Alors que les Etats-Unis sont officiellement sortis de l'Accord de Paris sur le climat le 4 novembre, le président élu Joe Biden s'est déjà engagé à non seulement le réintégrer, mais à amener le pays encore au-delà des objectifs du texte.

Le "Green New Deal" énoncé par Joe Biden au cours de sa campagne vise à rendre "verte" l’ensemble de la génération d’électricité d’ici 2035, une étape clé en direction de l'objectif 2050 où c'est l'ensemble du pays qui devra être neutre en émissions carbone, rappelle l'équipe de gestion du fonds Mandarine Global Transition. Pour y arriver, le successeur annoncé de Donald Trump compte mobiliser 1.700 milliards de dollars au niveau fédéral sur les dix prochaines années, soit une force de frappe totalisant 5.000 milliards de dollars en incluant le support d’acteurs privés, des Etats et des investissements locaux.

Les ambitions de remettre les Etats-Unis sur la route de la transition écologique et énergétique pourraient se heurter à l'inertie parlementaire. Alors que la Chambre des Représentants est restée majoritairement démocrate, le Sénat pourrait demeurer Républicain, sous réserve de l'élection partielle en janvier prochain en Georgie (deux sièges en jeu). "L’absence de majorité au Sénat pourrait entraver certaines des politiques d'énergie verte les plus ambitieuses des Démocrates", reconnaît Mark Lacey, responsable en matières premières et transition énergétique chez Schroders, dans une note co-écrite avec les analystes Alexander Monk et Felix Odey. "Toutefois, il nous semble que le succès de la transition énergétique n’est pas lié à l'identité du président ou à la composition du Congrès".

Une révolution déjà en route

Ces dernières années en effet, nonobstant la couleur politique de l'administration ou du parlement, la transition vers les énergies propres et l’abandon des combustibles fossiles s'est considérablement accélérée aux États-Unis, principalement sous l'effet des efforts déployés par les États individuellement - la Californie est souvent citée en exemple, mais bien d'autres ont pris les devants, à l'image de l'Arizona confrontée très concrètement aux conséquences du réchauffement. "Les États ont agi non seulement en raison de leurs propres préoccupations concernant le changement climatique, mais aussi parce que les arguments économiques en faveur des énergies propres sont trop convaincants pour être ignorés, tout comme la demande des consommateurs d'énergie", souligne Schroders.

Concrètement, développent les gérants de Mandarine, Biden s’aligne sur les plans de relance "verts" annoncés en Europe, qui visent à conjuguer croissance économique, emploi local et transition énergétique. Son projet visera la production énergétique, l’efficience des bâtiments, les réseaux d’eau, les transports, les infrastructures et l’innovation.

Concernant la production énergétique, Joe Biden profitera de la chute des coûts de production solaire et éolien pour accélérer le changement, ce qui devrait profiter aux fabricants éoliens, dont Vestas et la branche des énergies renouvelables de General Electric, cite Mandarine, ainsi qu’aux installateurs de câbles tels que Prysmian. La production énergétique sera plus à même de se décarboner sans aide massive de l'Etat puisque les sources d'énergies renouvelables sont déjà arrivées à parité avec les sources d’énergie fossile.

500.000 bornes de recharges

L'ancien vice-président des Etats-Unis sous Barack Obama a aussi promis des investissements dans la recherche ainsi que des incitations fiscales pour développer les technologies de capture du carbone (pour les industries plus difficiles à décarboner). Enfin, il ambitionne que l’hydrogène "vert" (produit à partir de sources d'énergies renouvelabes) arrive au même coût de production que l’hydrogène "gris" (produit à partir d'énergies fossiles). Mandarine considère que des acteurs tels que Linde, ITM Power et NEL sont très bien positionnés à cet égard.

Au niveau des transports, l'objectif de Joe Biden revient à répliquer au niveau fédéral, les ambitions de la Californie de ne vendre que des véhicules "propres" dès 2035. Cela s’accompagnera d’un plan public d’investissement pour la pose de 500.000 bornes de recharges. Outre les véhicules personnels, il ambitionne aussi de rendre les transports publics entièrement "verts" dans les villes de plus de 100.000 habitants. Ce plan devrait favoriser des fabricants automobiles comme Tesla, mais aussi LG Chem en qualité de fabricant de batteries. Enfin, les piles à combustible de Ballard devraient voir une large adoption dans les transports en commun.

Isolation massive des bâtiments

Le Plan Climat devrait également astreindre tous les nouveaux bâtiments à être neutres en émissions à partir de 2030, ainsi que de diviser par deux l’intensité carbone des bâtiments existants à horizon 2035. Kingspan, leader dans l’isolation des bâtiments, devrait en bénéficier, estiment les spécialistes de Mandarine. La production d’énergie distribuée à travers les panneaux solaires posés sur les toits des résidences et des bâtiments commerciaux contribuera également à cette réduction d’intensité carbone, bénéficiant aux acteurs comme Enphase et Sunrun, cite encore la société de gestion parisienne.

Au-delà des efforts nationaux, Schroders souligne de son côté que la victoire de Joe Biden ouvre la voie à une approche plus coordonnée dans la transition vers un monde bas carbone. Tout comme l'ambitionne le futur président pour les USA, l'Union européenne vise elle aussi le zéro net carbone en 2050. Et la Chine a récemment dévoilé son premier engagement en faveur de la neutralité carbone, se fixant 2060 pour échéance. Autrement dit "pour la première fois, les trois plus grands blocs économiques du monde [l'UE, les États-Unis et la Chine représentant 55 % des émissions de carbone totales, NDLR] sont engagés en faveur d’un avenir avec un bilan carbone à zéro". Leurs ambitions impliquent que des mesures pour accélérer la transition énergétique soient prises dès maintenant.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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