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Farzine Fazel : "il n'y a plus d'épée de damocles au dessus des banques"

jeudi 5 août 2010 à 15h35

(BFM Bourse) - La réussite des banques européennes aux stress tests et l'assouplissement des règles de la future réglementation du secteur ont coïncidé avec l'embellie des marchés actions de ces dernières semaines. Mais l'amélioration de la visibilité sur les banques n'est pas le seul élément à influencer les investisseurs, comme nous l'explique Farzine Fazel, Senior Partner au sein du cabinet Capco, spécialisé dans l'industrie des services financiers.

Tradingsat.com : Comment jugez-vous le récent assouplissement des futures règles de Bâle III ?

Farzine Fazel : C'est une nouvelle que beaucoup d'acteurs attendaient compte tenu des nombreux échanges intervenus entre les régulateurs et les banques depuis la présentation du premier texte du Comité de Bâle en décembre 2009. Il y avait plusieurs problématiques à intégrer, notamment l'échéancier de la mise en œuvre des réformes. Or sur ce point, la dernière communication du Comité de Bâle introduit une certaine souplesse. Il n'y a plus d'épée de Damocles au dessus des banques, qui peuvent aujourd'hui mieux anticiper les impacts de la future réglementation, alors que le calendrier initial paraissait très agressif.

Tradingsat.com : Le contexte réglementaire va néanmoins se durcir pour les banques.

Farzine Fazel : Le phénomène n'est pas nouveau. Les banques y sont habituées depuis la fin des années 90. Cette nouvelle vague de réglementation dite de « Bâle III » qui vise à éviter une nouvelle crise financière de l'ampleur de celle de 2008, intervient après l'établissement du ratio Cooke [institué en 1988] et des normes de Bâle II.

Tradingsat.com : Qu'avez-vous pensé des stress tests européens, sont-ils crédibles ?

Farzine Fazel : On peut toujours aller plus loin en élaborant des scénarios négatifs. Notamment, est ce qu'il fallait inclure ou pas le scénario d'un défaut souverain ? Je pense personnellement que cela n'aurait pas été une bonne chose. A mon sens, supposer une faillite de la Grèce ou d'un autre Etat en difficulté aurait ouvert une boîte de Pandore. Et le fait que les tests n'incluent que partiellement le risque souverain n'enlève rien à leur mérite. Le plus important, au-delà des résultats, c'est la transparence. Plus de 90 banques ont complètement exposé leurs bilans et leurs expositions sur toute une série de classes d'actifs. Sur la base des informations données par les uns et les autres, les analystes des banques et les régulateurs nationaux sont maintenant en mesure de faire leurs propres analyses. Un point essentiel alors que le bon fonctionnement du marché interbancaire dépend de la confiance que les banques se font entre elles.

Tradingsat.com : Comment jugez vous la performances des banques françaises à ces tests ?

Farzine Fazel : Les tests nous apprennent que face à un choc macroéconomique, les banques françaises voient en moyenne leur ratio de solvabilité Tier 1 ramené à 9,3% fin 2011. Ce qui montre que les établissements français sont plutôt bien capitalisés. C'est un message fort vis-à-vis des Etats et des autres banques. Seules les banques anglaises affichent des ratios supérieurs, mais elles ont, comme chacun sait, bénéficié de massives recapitalisations forcées. On se rend compte aussi qu'une large partie de l'exposition des banques françaises aux dettes souveraines est constituée par leur exposition à la dette publique française. Ce qui permet de relativiser les conséquences des scénarios extrêmes de restructuration de la dette d'un pays comme la Grèce par exemple.

Tradingsat.com : Les bonnes nouvelles sur le secteur bancaire sont-elles le catalyseur qui manquait aux marchés actions ?

Farzine Fazel : C'est l'un des catalyseurs nécessaires, mais il ne peut suffire à lui seul. Il y a certes des signaux encourageants sur ces stress tests, mais certains indicateurs macroéconomiques ont récemment déçu. Par exemple, le PIB américain a progressé de 2,4% au deuxième trimestre, sa plus faible croissance depuis le début de la reprise. Et on voit aussi qu'en Chine, les moteurs de la croissance ralentissent quelque peu. Les stress tests ne sont pas le seul élément à influencer le marché. D'autant que leurs résultats positifs étaient largement anticipés.

Tradingsat.com : Sur le plan macroéconomique, craignez-vous le fameux « double dip », une récession en double creux ?

Farzine Fazel : Le marché balance aujourd'hui entre deux scenarii, celui d'un simple essoufflement de la reprise, et celui d'une récession en double creux. Ces dernières semaines, tout le monde était focalisé sur les stress tests, il y a un mois et demi, la préoccupation centrale des marchés était la problématique sur les dettes souveraines. Je dirais que maintenant, ces sujets sont un peu derrière nous, et l'on commence à y voir un peu plus clair sur les scénarios macroéconomiques. Il y a bien sûr un risque de ralentissement, mais la probabilité me semble plutôt faible aujourd'hui d'un retour en récession.

Propos recueillis par François Berthon

Propos recueillis par - ©2020 BFM Bourse
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