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Un premier patient a reçu une dose du vaccin contre le coronavirus, Moderna s'envole en Bourse

mardi 17 mars 2020 à 15h21
Moderna débute son essai clinique sur l'homme et s'envole sur le Nasdaq

(BFM Bourse) - Après avoir réussi le tour de force d'envoyer un lot de vaccin expérimental contre le Covid-19 en seulement 42 jours, le laboratoire américain dirigé par le français Stéphane Bancel annonce que le premier essai clinique a débuté à Seattle. Les investisseurs saluent cette nouvelle avancée majeure et le titre bondit encore à Wall Street.

Moderna Therapeutics franchit les différents étapes du processus de développement d'un vaccin contre le coronavirus Covid-19 à une allure porteuse d'espoirs. Alors que l'épidémie de coronavirus continue de se répandre à travers le monde (plus de 173.000 personnes infectées et 7.000 morts selon l'OMS), la biotech basée dans le Massachusetts a en effet annoncé que le National Institutes of Health (peu ou prou un équivalent américain de l'Inserm) avait procédé mardi matin à la première administration du vaccin. Pour l'histoire peut-être, la première personne à avoir reçu l'injection se nomme Jennifer Haller.

Wall Street applaudit la nouvelle. Le titre Moderna, déjà en hausse de 45% depuis le début de l'année à clôture lundi, s'envole de 17,8% à 31,20 dollars après deux heures de cotations, dans un marché qui tente de se remettre de sa pire séance depuis octobre 1987. La valorisation boursière de la biotech américaine -dirigée depuis 2011 par le français Stéphane Bancel- dépasse désormais les 11 milliards de dollars.

Le directeur médical de Moderna, Tal Zaks, a remercié les organismes publics (NIH et CEPI) pour leur soutien à la production des premiers lots du mRNA-1273. "Nous sommes fiers de faire partie des nombreuses entreprises, agences sanitaires mondiales et organismes caritatifs qui travaillent sur une possible réponse à l'émergence du nouveau coronavirus", a-t-il ajouté. Six projets de vaccin sont actuellement en cours.

Procédure accélérée.

"C'est le premier vaccin qui est testé contre le coronavirus dans le monde. Cela s'est fait en 63 jours (à compter du 11 janvier, jour où les autorités chinoises ont partagé la séquence génétique du Covid-19), ce qui est un temps record dans l'histoire du vrai vaccin" s'est félicité le PDG de Moderna. "Il faut voir que dans les technologies traditionnelles, il faut en général entre 12 et 18 mois pour passer d'une séquence du virus à un vaccin qui peut être testé sur l'homme" précise-t-il.

Alors comment la biotech a-t-elle pu brûler les étapes? Après avoir réussi à procéder à l'envoi d'un premier lot de son vaccin expérimental mRNA-1273 -soit plus d'une centaine de doses destinées à la première phase d'essais chez l'homme- contre le coronavirus à un institut de recherche en seulement 42 jours, Moderna a reçu vendredi dernier l'autorisation de la Food & Drug Administration (FDA) pour contourner exceptionnellement les tests normaux sur les souris afin de passer directement aux essais cliniques sur l'homme.

L'étude de phase 1 est menée par les National Institutes of Health (NIH) dans le cadre de sa propre demande de nouveau médicament de recherche (IND) précise Moderna dans son communiqué. Au total, 45 patients (des adultes en bonne santé) seront inscrits à l'étude et les participants seront suivis pendant 12 mois après la deuxième vaccination, la deuxième dose étant injectée 28 jours après la première.

Le corps humain produit une protéine du virus

La plate-forme de Moderna repose sur l'ARN messager d'où le nom du vaccin, "RNA" étant l'équivalent anglais, schématiquement une sorte de version de travail de l'ADN. Le principe est de programmer l'ARN messager, au sein de l'organisme du patient, afin d'amener ses propres cellules à produire les protéines thérapeutiques nécessaires à le soigner. Une méthode qui permettrait de maximiser l'efficacité des traitements, tout en évitant les réactions immunitaires indésirables fréquentes lorsqu'on injecte une protéine étrangère.

"On fait faire une protéine du virus au corps humain. Notre système immunitaire voit cette protéine étrangère dans notre corps et fabrique des anticorps qui nous protégeront lors d'une infection naturelle plus tard" schématise Stéphane Bancel.

S'il s'agit bien du premier essai clinique du mRNA-1273, l'entreprise a déjà obtenu à six reprises des résultats positifs pour des vaccins prophylactiques (notamment contre le chikungunya et différents virus grippaux) issus de la même plate-forme.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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