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Travaillant sur un vaccin contre le coronavirus, Moderna veut lever 500 millions de dollars

mardi 11 février 2020 à 16h52
Moderna veut lever 500 millions de dollars supplémentaires

(BFM Bourse) - Après avoir signé en 2018 la plus grosse introduction en Bourse d'une entreprise de biotechnologies sur le Nasdaq, la société dirigée par Stéphane Bancel vise une nouvelle levée de fonds sur le marché américain. Moderna cherche à profiter de l'accélération de sa valorisation la semaine dernière à l'annonce des avancées de son projet de vaccin contre le 2019-nCoV en collaboration avec le National Institutes of Health américain.

La biotech américaine Moderna n'a pas pour habitude de perdre son temps, et le confirme au vu des progrès accomplis en quelques jours en vue de mettre au point un vaccin contre la pneumonie associée au nouveau coronavirus. Tandis que son cours de Bourse a bondi de 17% vendredi dernier grâce aux commentaires optimistes du National Institutes of Health (l'organisme qui regroupe les agences fédérales de recherche médicale aux Etats-Unis) sur le déroulement des tests in vivo d'un vaccin potentiel, l'entreprise a déposé auprès des autorités boursières américaines un prospectus en vue de lever 500 millions de dollars supplémentaires pour financer les différentes études en cours et développer de nouveaux programmes à partir de la plate-forme d'ARN messager.

Moderna (à l'origine "ModeRNA", RNA désignant en anglais l'acide ribonucléique, sorte de version de travail de l'ADN) a été fondée en 2009 par Derrick Rossi, professeur à l'école de médecine de Harvard spécialisé dans les cellules souches, avec la tutelle de l'inévitable Robert Langer - à la fois l'un des scientifiques et des entrepreneurs les plus respectés des Etats-Unis. En 2011 Stéphane Bancel, a quitté la direction de bioMérieux pour prendre les rênes de l'entreprise, qui accumule les records en termes de financement. Alors même qu'elle n'avait aucun programme en phase clinique avancée, la firme a levé plus de 2 milliards de dollars hors cote, avant de signer en 2018 la plus grosse introduction en Bourse d'une biotech au Nasdaq. L'opération avait rapporté 620 millions de dollars, sur la base d'une valorisation totale de 7,5 milliards de dollars.

Mise au point d'un vaccin contre le coronavirus

À ce stade, Moderna a attiré 3,2 milliards de dollars de capitaux (de la part d'investisseurs et de partenaires industriels, tels qu'AstraZeneca, Merck et Vertex Pharmaceuticals), grâce au potentiel de sa technologie. Le principe ? Rien moins que de faire fabriquer directement par les cellules du patient les protéines thérapeutiques nécessaires à le soigner, en programmant l'ARN messager. Une méthode qui permettrait de maximiser l'efficacité, tout en évitant les réactions immunitaires indésirables fréquentes lorsqu'on injecte une protéine étrangère.

De ce fait, la société n'est pas franchement à l'étroit avec 1,3 milliard en caisse au 30 septembre dernier (la position de trésorerie fin décembre devrait être connue le 4 mars avec l'annonce des comptes annuels)...

Parallèlement, Moderna a été retenue -aux côtés de seulement deux autres biotechs- par la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI) pour la mise au point d'un vaccin contre le nouveau coronavirus, sur la base d'un projet -mRNA-1273- mené avec le NIH américain.

Premiers essais sur les souris

Le Cepi a financé la production du premier lot de vaccins, livré en un temps record puisqu'il n'a fallu que 25 jours entre la fin du séquençage du vaccin, le 13 janvier, et l'obtention, le 7 février, des premières doses en conditionnement pharmaceutique. Selon un représentant du NIH qui s'exprimait vendredi en conférence de presse, les premiers essais sur le rongeur se déroulent "jusqu'ici sans accroc".

Jusqu'à présente, Moderna a obtenu des résultats positifs en première phase d'essais pour six vaccins prophylactiques, sur neuf en développement au total - sans parler des programmes en cours dans la cancérologie (avec Merck), l'immuno-oncologie (AstraZeneca), les maladies rares et cardiovasculaires.

Pour l'anecdote, le frère cadet de Stéphane Bancel, Christophe, est également à la tête d'une société de biotechnologies, Tissium, qui a récemment bouclé un tour de financement à près de 40 millions d'euros.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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