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Rheinmetall, la superstar allemande de la défense en Bourse (+1.500% sur 4 ans) table sur une croissance d'au moins 40% en 2026, la Bourse la punit quand même

Aujourd'hui à 11:27
Rheinmetall chute en Bourse

(BFM Bourse) - Le groupe allemand de défense a livré des résultats en forte hausse traduisant la relance des budgets militaires que la société capte. Mais Rheinmetall a, en réalité, livré une rentabilité inférieure et une génération de trésorerie inférieure aux attentes. Le titre plonge à Francfort.

Si Nvidia a attiré la lumière avec ses performances boursières supersoniques ces dernières années, l'allemand Rheinmetall lui tient la dragée (bien) haute.

Le groupe allemand de défense a vu son cours de Bourse bondir de 1.500% en quatre ans. Sur la même période, Nvidia ne prend "que" 580% à Wall Street.

Rheinmetall dispose d'une large gamme de produits militaires, tels que des obus, des chars, des drones, des systèmes de surveilles aérien, de l'armement naval, des mines marines.

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La société basée à Düsseldorf a vu son cours décoller depuis l'éclatement du conflit en Ukraine auquel elle est d'ailleurs directement exposée via la fourniture de munitions ou de blindés. L'an dernier, le groupe d'outre-Rhin a encore bondi de 150% en Bourse, propulsé par les nombreuses annonces de hausses des budgets militaires en Europe.

Poussée par la multiplication des fronts militaires et l'ébranlement des relations avec les États-Unis, l'Union européenne a décidé de se réarmer à la vitesse grand V, l'Allemagne en tête. Le pays entend dépenser l'équivalent de 3,5% de son produit intérieur brut (PIB) contre à peine 1,2% en 2019.

Un valeur sensible à la nervosité du marché

Rheinmetall bénéficie ainsi "du super cycle actuel de la défense, capturant les budgets de défense en hausse dans le monde entier, ainsi que d'un processus de rattrapage des dépenses d'équipement pour les membres européens de l'Otan", explique le bureau d'études indépendant Alphavalue.

"Les piliers traditionnels — la production d’armes, de munitions et de véhicules blindés — sont en train d’être renforcés pour répondre à une demande en forte hausse. Par ailleurs, Rheinmetall développe de nouveaux relais de croissance", développe Jean-Paul van Oudheusden, analyste de marchés chez Etoro.

"L’entreprise a annoncé la création d’une division dédiée aux systèmes navals. Les divisions consacrées aux systèmes de défense aérienne et aux systèmes numériques de données sont également en cours d’expansion, notamment grâce à des acquisitions et à des partenariats technologiques", poursuit-il.

Alphavalue prévient toutefois que la société allemande, en raison de l'envolée de son cours, demeure tributaire de la "nervosité des investisseurs". A fortiori lorsque ses résultats déçoivent.

Le cas échéant ce mercredi 11 mars. Rheinmetall plonge de 5,5% après avoir pourtant livré des comptes en forte croissance.

Les résultats "montrent une exécution marquée par des difficultés" avec "des perspectives plus réalistes mais modérées", résume Jefferies.

Résultat opérationnel inférieur aux attentes

L'an passé, Rheinmetall a généré des revenus de 9,94 milliards d'euros, en croissance de 29% sur un an.

"La situation sécuritaire tendue renforce la position prometteuse du groupe, dont les produits jouent un rôle de plus en plus important dans le renforcement des capacités de défense de l'Allemagne et de ses pays partenaires", a déclaré la société.

"Nous avons un rôle à jouer dans le renforcement des capacités de défense de l'Allemagne et de l'Europe et dans la mise en place d'une dissuasion efficace. Grâce à nos produits, nous participerons de manière significative à l'augmentation des dépenses d'équipement des forces armées et fournirons ce dont les forces armées modernes ont besoin au XXIe siècle", a appuyé Armin Papperger, le directeur général de l'entreprise.

Le résultat opérationnel a grimpé de 33% pour atteindre 1,84 milliard d'euros, traduisant une marge de 18% contre 18,5% un an plus tôt.

Le flux de trésorerie opérationnel des activités poursuivies a augmenté d'environ 20% à 1,22 milliards d'euros.

Rheinmetall a manqué les attentes à tous les étages. Selon un consensus cité par Oddo BHF, les analystes tablaient sur des revenus de 10,25 milliards d'euros, un résultat opérationnel de 1,93 milliard d'euros et un flux de trésorerie de libre de 1,37 milliards d'euros.

Une cible de cash bien trop faible

Pour 2026, le groupe s'attend à ce que son carnet de commandes soit multiplié par plus de deux avec notamment 55 milliards de contrats pour l'Allemagne pour la fourniture de blinds de boxer, de missiles ou encore de camions. Le carnet de commande devrait passer de 63,8 milliards d'euros à environ 135 milliards d'euros.

Au niveau de ses revenus, Rheinmetall anticipe une croissance de 40% à 45%, dont 28% à 31% en excluant les effets de périmètre et de changes. La marge opérationnelle est attendue autour de 19% tandis que la conversion de résultat opérationnel en flux de trésorerie doit dépasser les 40% (après 76% en 2025).

Jefferies calcule que les perspectives de marge opérationnelle impliquent un résultat opérationnel compris entre 2,66 milliards et 2,76 milliards d'euros, soit 2% de moins que le consensus (la prévision moyenne des analystes).

"L'objectif de conversion de flux de trésorerie, de plus de 40%, risque d'être perçu négativement, compte tenu des inconvénients liés à un montant de 2,5 milliards d'euros ou à un taux de conversion de 90%", pointe encore la banque.

À l'issue de cette publication, Oddo BHF confirme son conseil à "neutre" sur l'action. L'action pourrait être portée à court terme par sa dynamique commerciale et la hausse de ses capacités de productio. Mais le bureau d'études préfère des actions qui s'échangent avec des multiples boursiers moins généreux, comme Thales ou l'allemand Renk.

Pour Jean-Paul van Oudheusden, "le défi (de Rheinmetall) réside dans l’exécution".

"Le soutien institutionnel au réarmement est fort, mais les processus bureaucratiques restent lents. Construire de nouvelles usines et augmenter les capacités de production exige des autorisations, des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement adaptées", ajoute-t-il.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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